Modes de préparation des plantes pour la phytothérapie
26 03 2013En phytothérapie (médecine fondée sur les extraits de plantes et les principes actifs naturels), il y a plusieurs modes de préparation des plantes, selon l’usage que l’on veut en faire. Je vais présenter ci-dessous les modes de préparation les plus courants.
L’infusion. On obtient une infusion, en plongeant une plante pendant une durée de 5 à 15 minutes (selon la plante) dans de l’eau bouillante dans un récipient couvert. Pour les fleurs, il faut les mettre dans le fond d’un pot et verser l’eau bouillante dessus.
La décoction. On obtient une décoction, en faisant bouillir de façon prolongée et à feu doux une plante (avec un couvercle sur la casserole). Il faut mettre la plante dans l’eau encore froide, puis la faire bouillir entre 2 à 15 minutes (sachant que les écorces et les racines doivent bouillir plus longtemps que les feuilles et les tiges).
La macération. On obtient une macération, en laissant une plante dans un solvant (eau, vin, alcool ou huile) à froid pendant un temps assez long (de quelques heures à plusieurs jours, voire plusieurs semaines). La macération doit se faire dans un récipient à l’abri de l’air et de la lumière. Une fois le temps écoulé, il suffit de filtrer le mélange à travers un filtre papier, ou du coton hydrophile non tissé, et de stocker la macération obtenue dans un récipient bien bouché.
Les extraits. Il existe différents types d’extraits. L’extrait fluide s’obtient en plongeant une plante dans une masse d’eau ou d’alcool égale à plusieurs fois la masse de plantes, puis en laissant s’évaporer jusqu’à ce que le poids du liquide soit égal à celui de la masse de plante initiale. L’extrait mou, est basé sur le même principe, sauf que l’on pousse l’évaporation jusqu’à ce que le produit ait la consistance du miel. Les autres intermédiaires entre ces deux niveaux d’évaporation sont appelés simplement extraits.
L’alcoolat et l’alcoolature. On obtient une alcoolature en plongeant une plante fraîche, pendant un temps assez long (généralement 8 jours), dans une masse d’alcool à 90 ou 95 ° égale à celle de la plante. Pour des plantes très absorbantes, qui ne s’humectent pas bien avec l’alcool, il faudra augmenter la proportion d’alcool à 3 part d’alcool pour 2 de plantes, voire même pour certaines plantes 4 parts d’alcool pour 2 de plantes (soit deux fois plus d’alcool que de plantes). Le mélange doit être remué de temps en temps, puis filtré. L’alcoolature doit ensuite être stockée dans un flacon hermétique. L’alcoolature se conserve peu de temps et 50 gouttes d’alcoolature correspondent à peu près à 1 g.
La teinture alcoolique ou alcoolé. On obtient une teinture alcoolique en faisant macérer dans l’alcool à 60° une plante, à raison de 5 parts d’alcool pour une part de plante.
La teinture. On obtient la teinture en laissant macérer des plantes dans de l’eau, de l’alcool à 60° ou de l’éther.
L’huile et l’huile essentielle. On obtient l’huile en laissant macérer à température douce (voire tiède) pendant 3 semaines, la moitié d’un bocal rempli de plantes fraîches ou sèches ou de racines broyées, dans de l’huile remplissant le reste du bocal. Remuez de temps en temps le mélange, puis décantez le tout, et mettez l’huile dans un flacon. L’huile rancit vite, il faut donc en faire peu à la fois, et en refaire souvent. On obtient l’huile essentielle par distillation à la vapeur. Pour cela il faut un ballon, un alambic et un récipient pour recueillir le distillat. Les plantes doivent être fraîches et propres, et coupées en petits morceaux, ou grossièrement broyées et il faut les placer dans le ballon avec une bonne quantité d’eau de source filtrée (généralement deux à trois fois le poids de plante). Le mélange dans le ballon doit être porté à ébullition, la vapeur entraine avec elle le principe actif volatile de la plante, elle se condense dans le serpentin de l’alambic, et s’écoule dans le récipient à la sortie.
Le sirop. On obtient du sirop simple en dissolvant à froid ou à chaud 180 g de sucre dans 100 g d’eau.
Le cataplasme. Le cataplasme s’obtient en broyant la plante fraîche et en l’appliquant ensuite sur la zone à traiter. Afin d’éviter que le cataplasme n’adhère (entre autres sur une plaie), il vaut mieux appliquer celui-ci à travers un morceau de gaze. Les plantes doivent être parfaitement propres avant d’être broyées, et doivent même être trempées dans une solution antiseptique neutre si elles doivent être appliquées sur une plaie, et qu’elles ne sont pas elles-mêmes antiseptiques. On peut aussi faire des cataplasmes chauds, en utilisant des plantes cuites. Dans ce cas faire attention de ne poser le cataplasme qu’une fois qu’il a atteint une température acceptable (afin d’éviter de brûler la personne). Une fois posé, le cataplasme doit être recouvert d’un linge, ou d’une bande si nécessaire.
La poudre. La poudre s’obtient en pulvérisant une plante, soit au moulin à café, soit au mortier et au pilon. La pulvérisation peut être facilitée en passant la plante au four à feu très doux pendant quelques instants.
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