La nouvelle « Fefeleaga»

5 03 2013

La nouvelle « Fefeleaga » a été publiée dans le volume « Deux amours-Dou? iubiri » (V?lenii de Munte, 1908). C’est l’histoire s’une femme simple qui habite dans un village de montagne. Elle perd tour à tour son mari et ses cinq enfants. Pour mener sa vie, cette femme pauvre transporte chaque jour de la pierre à l’aide de son cheval aveugle, Bator, qu’elle sera obligé de vendre pour pouvoir enterrer sa dernière fille, pour pouvoir lui acheter « sicriu v?psit, cunun? ca de de mireas? ?i giulgiuri albe/ cercueil peint, couronne de mariée et   linceuls blancs ».

En 1972, le metteur en scène roumain Mircea Veroiu a  transposé sur le grand écran l’histoire de la vie de Fefeleaga dans le film « Noce de pierre/Nunta de piatr? ». Le film a été récompensé avec  un « Diplôme d’honneur » au festival international de Cannes (1972) et avec un prix  ex aequo au Festival du film pour l’art cinématographique de Ciudad de Panama (« Prix pour la meilleur image – Iosif Demian et « Prix pour le meilleur rôle secondaire féminin – leopoldina B?l?nu??). Trois ans plus tard, en 1975, un autre film réalisé par le metteur en scène Dan Pi?a « L’esprit de l’Or/Duhul aurulu »,  inspiré  de deux autres  nouvelles du prosateur de Cenade, « La sorcière des mines/Vâlva b?ilor » » et « Le coffre de dot/ Lada de zestre » a reçu le Prix pour la mise en scène  au Festival de Bergamo (Italie).

Il faut savoir que le personnage littéraire a eu un modèle dans la vie réelle. Il s’agit  d’une femme qui s’appelait Sofia Danciu et qui a vécu dans le village  de Bucium-?asa entre  1869-1951. N’oublions pas que l’écrivain Ion Agârbiceanu a été prêtre dans ce village entre 1906 et 1910, avant de déménager à Orlat (Sibiu), puis à Cluj où il est mort le 28 mai 1963.  A l’occasion du centenaire de la publication de la nouvelle d’Agârbiceanu, en 2008,  Le Service de Tourisme du Conseil du Département d’Alba a inauguré le complexe muséal « Fefeleaga » qui reconstitue en détail l’univers de la vie de l’héroïne d’Agârbiceanu.




La cérémonie de mariage : étapes, symboles, acteurs (III)

9 02 2013

Les plats de noce

Une semaine avant la noce, il y a toute une série de préparatifs : achat des boissons (du vin, de l’eau de vie) et des aliments, embauche des cuisinières appelées « colceri?e » ou « soc?ci?e ».

A P?nade et à Biia, les parents des futurs époux et les invités vont aider à la préparation des plats. Les femmes  apportent des poules, des oies et des œufs. Le samedi on sacrifie les porcs, les veaux et les poules dont la viande sera utilisée pour le festin.

Aux noces traditionnelles d’autrefois, les plats étaient très simples : soupe au poulet et nouilles, rôti de poulet, et du veau à la sauce tomates, les « mur?turi » (légumes – choux,  concombres – macérés  dans le sel, avec ou sans adjonction d’aromates). Vers le matin, on mangeait  les « sarmalé » (boules de viande  hachée avec du riz, assaisonnées et enroulées dans une feuille de choux aigre ou doux) et des brioches aux noix. L’eau de vie et le vin étaient les boissons fabriquées de façon artisanale et conservés le long des années pour un tel  événement.




Le village transylvain dans les proses d’Agârbiceanu

15 01 2013

Dans la plupart de ses proses, Agârbiceanu présente le village transylvain comme l’endroit d’une vie tourmentée, très difficile à supporter, dans laquelle la souffrance atroce est présentée dans de diverses hypostases : l’amour d’une femme qui perd, à tour de rôle, son mari et ses enfants (« Fefeleaga »),  le destin tragique d’un homme, Vasile Mârza, qui meurt en tombant dans un abîme,  dans  une tentative  de trouver  de l’or, puni par un être magique, la sorcière des mines (« Vâlva b?ilor »),  la détresse  d’une autre femme pauvre qui voit son bétail mourir, pendant un hiver très dur, parce que la banque ne lui prête pas l’argent nécessaire  pour acheter du fourrage (« Hiver difficile/Iarn?  grea »).  Les histoires ne sont  pas  inhabituelles,  mais,  par  sa  façon  de  les  présenter,  Agârbiceanu  a  réussi  à cristalliser un tableau authentique du village transylvain.

Mais cette image sombre disparaît dans certaines proses où l’auteur décrit le charme de la nature et les petits animaux. Les merveilles de la nature sont vues à travers les yeux et la sensibilité des enfants, où l’on découvre la douceur et la chaleur de l’âme de l’auteur. Par l’intermédiaire des contes du volume « Pages du livre de la nature/File din cartea naturii » (1959), Ion Agârbiceanu s’adresse, tout d’abord, aux enfants en leur offrant l’occasion de connaître une diversité de tableaux du monde émouvant des enfants du village transylvain d’après la Première Guerre Mondiale. Cependant, les contes au thème de l’enfance illustrent parfois un univers peint en couleurs tristes, sombres, mornes, tels que « Fefeleaga » et « Le premier chemin/Întâiul drum ».

Ce qui m’a beaucoup plus chez cet écrivain de Cenade a été son admiration  incommensurable pour  la  nature. L’espace infini de la nature devient dans son œuvre un personnage autonome, avec une existence et un développement indépendants de ceux des individus. Le critique littéraire Mircea Popa affirme que les  volumes « Les heures de la soirée/Ceasuri  de sear? »  (1921), « Souvenirs/Amintirile » (1940), « Des montagnes et  des plaines/Din mun?i  ?i din câmpii » (1957), « Au seuil du grand passage/ Din pragul marei treceri » (1979), « Le livres des légendes/Cartea  legendelor (1996), « Pages du livre de la nature/File din cartea  naturii » (1959) composent, ensemble,  «un grand  Livre de la Nature , dédié à l’évocation et à la célébration  de la terre  roumaine».