Les rites funéraires dans quelques villages du département d’Alba (I)
9 12 2012Ces rites aident la famille, mais peuvent aussi permettre aux vivants de maîtriser leur attitude face à la mort, de saisir la perception de la mort, les croyances et rituels qui s’y attachent.
Après le décès, la famille commence les préparatifs pour la veillée mortuaire (« priveghi ») Tous les miroirs de la maison sont couverts, tous les tableaux, excepté ceux religieux, sont décrochés des murs, les fenêtres et les portes sont fermées, les hommes ne couvrent plus leur tête et aucun chat ou chien ne doit rester dans la maison.
A Trâmpoiele-Izvorul Ampoiului, la famille annonce tout de suite la mort à trois personnes : le prêtre, le sonneur et le v?taf (une sorte de chef) des jeunes hommes.
A Cenade il y a la coutume de mesurer le mort avec un fil pour faire « lumânarea de stat », un cierge qui est modelé autour d’un fil qui a la même longueur que la personne décédée.
Dans le rite orthodoxe une toilette mortuaire est généralement pratiquée par les amis et proches du défunt.
L’eau utilisée pour laver le décédé était jetée dans un endroit peu circulé et la serviette (« ?tergarul») était offerte à celui qui avait fait la toilette du mort. Si les yeux du décédé ne restent pas fermés on met une monnaie sur ses paupières. Le décédé est habillé de ses meilleurs vêtements. Il existe la croyance que les lacets des chaussures ne doivent jamais être liés, sinon l’âme du défunt ne peut pas traverser les douanes célestes. Le mort est d’abord assis sur une planche couverte d’un tapis, la tête vers l’ouest avec un cierge et une monnaie entre les mains (pour payer les douanes), puis dans le cercueil construit, d’habitude, par un maître du village. Au fond du cercueil on met des sciures de bois « r?suri/tala? », puis un morceau de tissu blanc de chanvre, « juljul », un linceul (lepedeu) et « fachelul ». Ensuite, le cercueil est mis sur la table et une croix est posée sur la poitrine du défunt. Si c’est une jeune fille celle qui est morte, on lui met sur la tête une couronne de mariée.
Les cloches de l’église sonnent trois fois par jour. Dans la région de Sebe?, la mort étaient annoncée même aux animaux, au jardin des légumes et aux outils domestiques.
Le mort est veillé deux nuits par la famille, « nu-i slobod s? la?i mortul singur în cas?, c? ghin duhuri necurate », il est interdit de le laisser seul parce qu’il existe le risque de que les mauvais esprits envahissent la maison. Un cierge doit être allumé en permanence. Ceux qui viennent au « priveghi » disent « Dumnezeu s?-l ierte »/ « Que Dieu lui pardonne », et un membre de la famille doit répondre « S?-l ierte Dumnezeu » ou « Dumnezeu s?-l odihneasc? »/ « Que son âme soit pardonnée et qu’il se repose en paix ». (Lorena Barb et Andreea-Angela Ple?a)
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Catégories : 5. Le village contemporain, un trésor de croyances et rites toujours vivants?, Contributions au projet, Rites et traditions funéraires

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