L’or, le premier métal exploité par l’homme, a la propriété de ne pas se combiner dans la nature avec d’autres éléments. Cette qualité détermine son existence dans la nature en forme libre, l’or natif.
L’exploitation minière a été pratiquée dans la région d’Abrud – Ro?ia Montan? – Zlatna, surtout à Ro?ia Montan?, l’une de plus anciennes localités avec tradition dans l’exploitation des métaux précieux d’Europe, fondée par les Romans avec des colons d’Illiria.
Grâce à sa couleur et à son éclat, la première forme de son exploitation a été réalisée des sédiments alluvionnaires d’or natif, où l’or apparaît sous la forme de minuscules paillette ou de petits cailloux éclatants.
L’exploitation minière a commencé à Ro?ia Montan? il y a plus de 2000 ans. Les techniques utilisées pour l’exploitation minière ont changé à travers le temps. Dans l’époque romane, ont été identifiées deux techniques majeures :
La première méthode utilisée par les mineurs iliro-dalmats était l’ouverture de galeries, creusées par le marteau et le ciseau. L’évacuation de l’eau des galeries était faite soit par des roues hydrauliques à coupes, soit comme la plupart des cas, par des techniques plus modestes, avec des baquets ou par des seaux portés de main à main. Pour l’illumination des mines on utilisait des petites lampes paysannes («opai?e»). Une fois le minerai apporté à la surface, il était broyé dans des récipients en pierre appelés «pive». Les morceaux broyés de minerai étaient transportés aux moulins pour être encore cassés. La farine à l’or moulue aux moulins était lavée sur une planche peu inclinée. La partie la plus légère du mélange, qui représentait le stérile, était lavée, en temps que l’or, plus lourd, restait sur une plache couverte à laine. Comme méthode de fonte, on utilisait à la fois l’amalgame au mercure et une solution au plomb.
La deuxième méthode était celle de creuser des trous dans le rocher au contenu aurifère. La roche était chauffée fortement, ensuite elle était arrosée avec un mélange d’eau et de vinaigre pour craquer. Les fragments de roche étaient broyés, moulus et lavés et puis on séparait l’or à l’aide des caniveaux revêtus en laine.
Les méthodes et les techniques romanes ont été utilisées à l’exploitation minière jusqu’au Moyen Âge. Jusqu’au XVI- ème – XVII-ème siècle, quand la poussière de fusil a commencé d’être utilisée, le piochage des galeries était fait à la main, avec des outils en fer, suivant les filons d’or apparus dans les roches magmatiques. Le transport du minerai de la mine était réalisé avec des wagonnets en bois et pour l’évacuation de l’eau de galeries étaient utilisées des pompes manuelles, prévues avec des soupapes. La poussière de fusil a changé radicalement l’exploitation minière aurifère et a augmenté considérablement les surfaces d’exploitation des gisements d’or. Pour pouvoir permettre le déroulement de l’activité minière pendant la sécheresse et pendant l’hiver, ont été aménagés des lacs d’accumulation, entre 1752 et 1779, en réalisant d’amples travaux hydrotechniques aux lacs d’Orlea, Corna, ?arina et G?uri. Nommés par les habitants «t?uri», ces accumulations d’eau préservées jusqu’à présent, donne beaucoup de charme au paysage montagneux de Ro?ia Montan?.
Parallèlement aux anciennes machines en bois utilisées en passé pour le brisement du minerai (appelées «?teampuri»), au XIX-ème siècle apparaissent celles aux flèches en fer, connues sous le nom de «?teampuri» californiennes, selon le lieu de provenance. Pour éviter la réduction de la production dans les saisons sèches, ont été introduites les premières machines actionnées électriquement, une usine électrique étant emplacée au début du XX-ème siècle à Gura Ro?iei. La capacité des installations de Ro?ia Montan? a ainsi beaucoup augmenté. Selon certaines sources, la quantité d’or extraite en Transylvanie au XIX-ème siècle et au début du XX-ème siècles s’élevait à approximativement 140 tonnes à laquelle on ajoute environ 1300 tonnes d’argent.
Dans la deuxième partie du XX-ème siècle, à cause du passage à l’exploitation minière industrielle, une grande partie des composantes physiques spécifiques à l’exploitation minière traditionnelle a été perdue et les «?teampuri» (canaux de direction de l’eau) et des groupes entiers d’habitations ont disparu. L’exploitation minière, l’occupation de base des habitants de Ro?ia Montan?, a déterminé l’essor des métiers traditionnels nécessaires au soutien des activités spécifiques à l’exploitation. Les ferronniers, les tailleurs en pierre, les charpentiers et les charroyers peuvent être considérés le personnel auxiliaire des mines de Ro?ia Montan?. Toute la famille travaillait dans ce domaine – les hommes dans les galeries, les femmes desservaient les «?teampuri», souvent les enfants pratiquaient des travaux difficiles. L’essor de la localité a contribué à l’apparition des métiers spécifiques seulement aux villes, tels que: la couture, la botterie, la boucherie, la pâtisserie.
Pendant les dernières décennies, l’exploitation minière a été pratiquée de moins en moins, jusqu’en 2006, quand l’activité minière a cessé. Les habitants pratiquent à présent l’agriculture pour l’usage de la famille (la culture des pommes de terre et des fruits) et l’élevage des animaux. La boiserie, l’industrie textile et la pelleterie, le tissage des tapis ou la confection des produits d’artisanat contribuent à la diversité des activités de la zone, mais avec un impact réduit sur le soutien économique des habitants de Ro?ia Montan?. (Andreea-Elena Avram et Sebastian-George Barbu)
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