Le premier samedi du Carême : Le grand saint Théodore, samedi des défunts (Sântoader)
L’origine de cette fête chrétienne remonte loin dans le passé. En 361, Julien l’Apostat, qui essayait par tous les moyens de restaurer les usages païens, avait remarqué que les Chrétiens avaient coutume de sanctifier la première semaine du Carême avant Pâques par le jeûne et la prière. L’empereur a donné l’ordre au préfet de Constantinople de faire asperger toutes les denrées exposées au marché avec du sang des victimes immolées aux idoles, de sorte qu’il ne soit possible à aucun habitant d’échapper à la souillure de l’idolâtrie. Mais le Seigneur a envoyé son serviteur Théodore, qui a apparu en vision au Patriarche Eudoxe (360-364) pour déjouer la machination du tyran et commander qu’aucun Chrétien n’achète les aliments présentés au marché, mais qu’ils confectionnent des colyves, c’est-à-dire des grains de blé bouillis, pour se nourrir . C’est ainsi que, grâce à l’intervention du Saint Martyr Théodore, le peuple chrétien a pu se garder pur de la souillure de l’idolâtrie. Depuis l’Église commémore chaque année ce miracle, le premier samedi du Grand Carême, afin d’enseigner aux fidèles que le jeûne et la tempérance ont le pouvoir de purifier toutes les souillures du péché.
Le coliv? roumain se cuisine exclusivement pour les enterrements ou les rituels mortuaires. C’est un dessert à base de blé concassé et bouilli, mélangé avec des noix, du miel, des zestes d’orange et de la cannelle. Il est partagé pendant les repas au cours des funérailles après avoir été béni par un prêtre orthodoxe ou à l’occasion des fêtes de commémorations des morts. Sa préparation s’étale sur plusieurs jours, au moins deux, selon un cérémonial précis : laver le blé neuf fois à l’eau froide et deux à l’eau chaude, décorer de sucre en poudre et faire une croix avec du cacao, ou placer une bougie. On y rajoute souvent des bonbons colorés pour rendre l’aspect encore plus joli.
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