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Interview avec le muséographe Achim Emilian sur la vie musicale et folklorique d’Alma?u-Mare
Propos recueillis le 27 novembre 2012 par Andreea-Angela Ple?a
Données personnelles de l’interviewé :
Nom et le prénom: Achim Emilian
Surnom : Râpaca
Date de naissance : 27 septembre 1940 (72 ans)
Lieu de naissance : Alma?u-Mare
Occupation principale : collecteur de folklore
Etudes : Ecole profesionnelle
État civile: marié
Données générales sur ses moyens préférés d’information :
Vous avez : a) un diffuseur b) un pick-up c) une radio d) une TV e) un magnétophone f) un lecteur de cassette g) ce n’est pas le cas
Quel genre de musique vous aimez écouter? a) populaire b) pop c) classique
Quels sont vos chanteurs préférés?
Ioan Boc?a , Eugen Pistol , Nicolae Furdui Iancu , Veta Biri?
Vous aimez les spectacles de folklore diffusés à la radio ou à la TV? a) oui b) non c) je ne sais pas
Participez-vous aux manifestations folkloriques de votre village? a) rarement b) fréquemment c) non
Participez-vous aux autres manifestations artistiques? a) rarement b) fréquemment c) non
Quelles sont vos préférences en matière de lecture : a) livres b) journaux, magazines c) autres
Informations supplémentaires sur l’activité musicale et folklorique de l’interviewé :
Dans votre village, avez-vous des activités artistiques? a) oui b) non
Êtes-vous membre d’un orchestre/d’un groupe folklorique? a) oui b) non
Si oui, lequel? a) un groupe musical b) un chœur c) la chorale de l’église d) un groupe de danse e) une troupe de théâtre f) autre
Avez-vous l’habitude de chanter pendant que vous travaillez ? a) oui b) non c) nédecidé
Avez-vous l’habitude de chanter aux fêtes? a) oui b) non
Participez-vous aux fêtes du village? a) oui b) non c) parfois
L’avis de l’interviewé sur les chansons folkloriques :
Chante-t-on encore des vieilles chansons ? a) Oui b) Non c) Parfois
Avez-vous l’habitude de chanter une chanson après l’avoir entendue à radio, à la TV, sur un disque ? a) oui b) non c) parfois
Si oui, quel genre de chanson aimez-vous fredonner : a) n’importe quelle chanson b) celles qui ressemblent à la musique de notre région c) celles que j’entends dans mon village
De nos jours, quelles sont les occasions où on chante le plus ? a) au baptême b) à la danse c) au mariage d) aux funérailles e) autre
À quelle occasion peut-on entendre de vieilles chansons ? a) au baptême b) à la danse c) au mariage d) aux funérailles e) autre
Respecte-t-on encore les traditions roumaines : a) pleinement b) partiellement c) non
Qui organise des spectacles folkloriques dans votre village ? a) les étudiants b) les jeunes célibataires c) les adultes d) autres
Quelle est l’attitude des gens d’aujourd’hui envers la musique populaire ? a) on l’écoute b) on la chante c) on la chante et on l’écoute d) on ne l’écoute plus
Interview avec Aurelia Florea, cuisinière de noces sur la gastronomie traditionnelle de notre région
Propos recueillis le 14 mars 2013 par Alexandra-Valentina Boito?
Comment avez-vous commencé votre carrière dans ce domaine ?
Mes grands-parents, ma mère, puis ma sœur cuisinaient très bien et ils le font toujours, c’est peut-être d’eux que j’ai emprunté ma passion pour la gastronomie. J’ai commencé à cuisiner à l’âge de 14 ans, pour plaisanter, puis j’ai pris mon rôle au sérieux car j’avais besoin d’argent. Le premier plat que j’ai cuisiné à l’aide de m mère, bien sûr, a été une polenta. Quand j’ai vu que les autres appréciaient ce que je faisais, j’ai été très émue et j’ai commencé à créer toutes sortes de plats et je pense avoir fait un bon travail.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées au début de votre carrière ?
Je dois reconnaître que j’ai eu du mal au début, j’étais très jeune, mais avec l’aide de ma mère j’ai dépassé tous les obstacles. Je me rappelle avec nostalgie mes bêtises dans la cuisine : une fois, ma mère m’avait demandé de mélanger dans une casserole pour dorer l’oignon et je l’ai brûlé ; une autre fois j’ai oublié le lait sur le feu et il m’est arrivé une fois de mettre du riz dans les boulettes de viande sans l’avoir bouilli.
Comment avez-vous choisi ce métier ? par hasard, par conviction, par passion ?
Comme je t’ai dit, toutes les femmes de ma famille ont été d’excellentes cuisinières et j’ai considéré que c’était de mon devoir de continuer la tradition de la famille et de valoriser ce talent naturel. Conviction, je ne pense pas, il s’agit plutôt du hasard et d’un peu de passion.
Quels sont les plats traditionnels que vous devez préparer le plus souvent pour vos clients ? Avez-vous un plat favori ?
A l’heure actuelle, je ne dois plus cuisiner traditionnellement, la gastronomie roumaine n’est plus forcément en vogue. Avant on me demandait la soupe de tripes, les sarmale, la polenta. Non, je n’ai pas de plat favori, j’aime tout ce que je prépare, mais j’aime bien le pain artisanal frais, à peine sorti du four et les soupes un peu aigres.
Je sais que vous cuisinez très souvent pour les noces. Les préférences de vos clients visent plutôt la cuisine européenne ou celle roumaine ?
C’est vrai, je suis très sollicitée pour les noces. Mes clients veulent, en général, quelque chose de simple et rarement un repas de noce traditionnel. Il y a plus de 10 ans qu’on m’a demandé de préparer des plats traditionnels. Maintenant, je dois cuisiner une soupe de légume, les gâteaux s’achètent de chez le pâtissier et voilà que le goût pour nos plats traditionnel se perd et je le regrette.
Quels étaient autrefois les plats de noces et qu’est-ce qu’on cuisine de nos jours ?
Autrefois, il y avait beaucoup de nourriture et de boisson : soupe de tripes, sarmale avec de la polenta et de la crème, salade de bœuf et, plus rarement, soupe de nouilles, rôti. De nos jours, on préfère les plats rapides, les cuisinières sont sollicitées plutôt en milieu rural car les jeunes préfèrent les restaurants avec des menus sophistiqués et la tradition roumaine risque de se perdre. C’est dommage…
Quels sont les aliments qui composent le repas traditionnel roumain d’un jour habituel?
Ça dépend de la saison…voilà un exemple : au petit déjeuner – oignon rouge, lard, « jum?ri », saucisse, tomates, fromage, œufs à la coque ; au déjeuner – soupe de « potroace » et au dîner – du pain à crème, une tasse de lait ou autre chose peu lourd pour l’estomac.
Selon vous, il y a de grandes différences entre la cuisine transylvaine et celle de notre département ?
Les différences ne sont pas grandes, le paysan est le même et les habitudes culinaires se ressemblent.
Quelles techniques de conservations des aliments sont encore pratiquées à l’heure actuelle ?
Voyons, par exemple, on met les haricots verts sur un fil pour les sécher et en préparer de la soupe en hiver. De la même façon on obtient les raisins secs. Il y a ensuite la macération en saumure des légumes (« mur?turi »). Autrefois, on faisait bouillir les légumes, puis on les mettait au soleil, ensuite on les déposer dans la cave. Aujourd’hui, on met trop d’agents de conservation, à mon avis.
Pourquoi, à votre avis, les gens ont perdu l goût pour la cuisine traditionnelle ?
Les gens deviennent de plus en plus modernes et s’intéressent aux plats traditionnels des autres pays. On copie trop les fêtes et les traditions étrangères, il y a de moins en moins d’endroits où les traditions roumaines authentiques sont encore gardées. C’est dommage car nous avons de si belles traditions dont nous pouvons être fiers. Il ne faudrait pas les ignorer et s’en moquer. Pour pouvoir apprécier de nouveau nos traditions, y compris celles gastronomique, il faut recommencer à aimer ce pays au lieu de le critiquer et nous devons commencer à promouvoir notre culture et notre civilisation au lieu d’emprunter celles d’ailleurs.
Interview avec une chanteuse de musique traditionnelle d’Ighiu sur le rôle de la musique traditionnelle dans la vie de la communauté rurale
Propos recueillis le 28 mars 2013 par Andreea Anghel
Comment sont-elles conservées les traditions folkloriques dans votre région?
Tout ce qui tient du folklore est très bien conservé. Les traditions sont respectées et transmises à la jeune génération par les danses, les chansons, les costumes.
Quelles seraient les principales caractéristiques de la chanson de votre région?
La principale caractéristique des chansons de notre région est que certaines d’entre elles, par exemple « doinele » expriment le désir, la souffrance, la douleur, l’amour ‘tandis que les autres, par exemple les chansons de jeu expriment l’amour partagé, le bonheur, la plénitude.
Comment le public de votre région reçoit-il la musique traditionnelle ?
Dans tous les festivals et les concours auxquels j’ai participé pour représenter la zone d’Ighiu j’ai reçu des applaudissements, des félicitations et même des encouragements pour continuer, pour faire avancer tout ce qui signifie le folklore de ce village.
Comment est-elle entrée la musique populaire dans votre âme? Avez-vous eu un modèle, un guide ?
La musique populaire est entrée dans mon âme depuis l’âge de deux ans quand j’ai entendu chanter ma mère. Mon modèle c’est elle.
Combien de temps faut-il mettre pour apprendre une nouvelle chanson?
On n’a pas besoin de temps pour apprendre une nouvelle chanson. Je crois que si l’on aime on l’apprend tout de suite. Donc, il faut avoir la passion de la musique et les choses avancent vite.
Pourriez-vous nous parler un peu de votre activité artistique ?
Mon activité artistique est vaste. J’ai chanté dans plusieurs endroits, à Bucure?ti, à Bistri?a N?s?ud, à Târgu C?rbune?ti et j’ai enregistré à Cluj pour le professeur Dumitru Buzoianu, pour la chaîne TVR2, pour la chaîne TV Favorite etc.
Avez-vous jamais composé de la musique?
J’ai composé seulement des paroles pour les chansons.
Que pensez-vous du rôle du folklore?
Je pense que le rôle du folklore c’est de rendre meilleur le public, de lui apporter le bonheur dans l’âme, de lui ranimer les souvenirs les plus chers et de l’aider à mieux comprendre la communauté rurale.
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