Le sacrifice humain, un rituel spécifique au culte de Zalmoxis

Comme le démontre nombre de sources écrites d’Hérodote et Platon à Jordanès, c’est-à-dire sur une période de douze siècles, le culte de Zalmoxis repose sur la croyance en l’immortalité. Contrairement à d’autres croyances similaires, ce culte s’exprime par « des pratiques d’immortalisation » correspondant à ce qu’on appelle purification simultanée de l’âme et du corps. Ses adeptes sont aisément reconnaissables, étant déjà initiés au monde du divin en raison de leur appartenance à une société aristocratique masculine.

Les Gètes, « les plus vaillants et justes des Thraces » comme les qualifie Hérodote, fusionnent leurs conceptions cosmogoniques, mythologiques et religieuses dans la vision aniconique de leur dieu principal Zalmoxis. Ils divisent le pouvoir entre un roi/chef militaire et administratif et un prêtre suprême, qui organise et supervise le rituel principal, à savoir le sacrifice humain.

sacrificiu-tracSource de l’image: http://www.vatra-daciei.ro/ritualuri-de-inmormantare-la-geto-daci/

Hérodote décrit dans ses « Histoires » (IV, 94) le rituel : « Tous les cinq ans ils tirent au sort quelqu’un de leur nation et l’envoient porter de leurs nouvelles à Zalmoxis, avec ordre de lui représenter leurs besoins. Voici comment se fait la députation. Trois d’entre eux sont chargés de tenir chacun une javeline la pointe en haut, tandis que d’autres prennent, par les pieds et par les mains, celui qu’on envoie à Zalmoxis. Ils le mettent en branle et le lancent en l’air, de façon qu’il retombe sur la pointe des javelines. S’il meurt de ses blessures, ils croient que le dieu leur est propice ; s’il n’en meurt pas, ils l’accusent d’être un méchant. Quand ils ont cessé de l’accuser, ils en députent un autre et lui donnent aussi leurs ordres, tandis qu’il est encore en vie. Ces mêmes Thraces tirent aussi des flèches contre le ciel, quand il tonne et qu’il éclaire, pour menacer le dieu qui lance la foudre, persuadés qu’il n’y a point d’autre dieu que celui qu’ils adorent. » La mort du messager assurait donc la purification des adeptes.

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