Les constructions de la Dacie: Murus dacicus
Dans le cas des constructions de la Dacie, l'absence d'une tradition littéraire aussi détaillée que celle donnée par César pour les murailles gauloises, semblait en quelque sorte compensée par la richesse du dossier iconographique de la Colonne Trajane. Mais dès les années 20, les premières recherches scientifiques pratiquées sur plusieurs sites fortifiés des Monts d'Orastie ont provoqué bien de perplexités car on s'est rendu compte que la façon de présenter les murailles des Daces étaient assez loin des réalités du terrain et que ces murailles correspondaient mieux au Murus Gallicus, le type de rempart le plus connu, tel qu'il était connu archéologiquement à Murcens et au Mont-Beuvray (France).Reconstitution du Murus Gallicus de la porte du rebout de l'oppidum de Bibracte (aujourd’hui Mont-Beuvray, en France). Source de l’image: http://encyclopedie.arbre-celtique.com/rempart-type-murus-gallicus-2225.htm Voilà comment Jules César, décrit ce Murus Gallicus dans son ouvrage intitulé « La guerre des Gaules »: « Tous les murs gaulois sont faits, en général, de la manière suivante. On pose sur le sol, sans interruption sur toute la longueur du mur, des poutres perpendiculaires à sa direction et séparées par des intervalles égaux de deux pieds. On les relie les unes aux autres dans la fondation, et on les recouvre d'une grande quantité de terre ; le parement est formé de grosses pierres encastrées dans les intervalles dont nous venons de parler. Ce premier rang solidement établi, on élève par dessus un deuxième rang semblable, en conservant le même intervalle de deux pieds entre les poutres, sans que cependant pour cela elles touchent celles du rang inférieur ; mais elles en sont séparées par un espace de deux pieds aussi, et chaque poutre est ainsi isolée de ses voisines par une pierre, ce qui la fixe solidement. On continue toujours de même jusqu'à ce que le mur ait atteint la hauteur voulue. Ce genre d'ouvrage offre un aspect varié qui n'est pas désagréable à l'oeil, avec son alternance de poutres et de pierres, celles-ci n'en formant pas moins des lignes continues qui se coupent à angle droit ; il est, de plus, très pratique et parfaitement adapté à la défense des villes, car la pierre le défend du feu et le bois des ravages du bélier, celui-ci ne pouvant ni briser, ni disjoindre une charpente où les pièces qui forment liaison à l'intérieur ont en général quarante pieds d'un seul tenant. ». (Lidia Boboia et Loredana Hane?)
21 janvier 2015 dans
2. Les Daces: « les plus courageux et les plus justes des Traces », 2.1. Murus Dacicus par boboia2014

