Feb 20 2014

La bande dessinée autobiographique

Publié par romanechato dans Exposés sur la BD      

  Parmi les genres de la bande dessinée qui se sont développés nous retrouvons l’autobiographie. En 1972 paraît le premier comics autobiographique, de Justin Green, appelé Binky Brown Meets the Holy Virgin Mary où il traite ses difficultés psychologiques. L’autobiographie devient alors très fréquente, C’est un phénomène qui s’amplifie à l’échelle mondiale au milieu des années 2000 avec l’apparition des blogs BD. Les bandes dessinées autobiographiques sont (de plus en plus) nombreuses sur le marché et peuvent susciter l’intérêt des lecteurs, adolescents et adultes.

Comment les auteurs transmettent leur vécu à travers leurs œuvres ? En premier lieu, nous verrons l’autobiographie et en second temps nous évoquerons l’autofiction. difficulté psyco et adolescente d’un


I/ la bande dessinée autobiographique

L’autobiographie est un genre littéraire dans lequel l’auteur utilise sa vie comme sujet de l’histoire.

Dans l’autobiographie, l’auteur peut s’inspirer de souvenirs d’enfance, de son adolescence, de récits d’événements personnels mêlés ou liés à des événements historiques, nostalgiques, humoristiques. Les souvenirs peuvent également être mêlés d’imaginaire (autofiction).

Le mot est assez récent car il n’est fabriqué qu’au début du XIXesiècle (1815 en anglais, 1832 pour l’adjectif et 1842 pour le substantif en français).

Tout d’abord, nous parlerons de la bande dessinée Persépolis de Marjane Satrapi.

Marjane Satrapi est une auteure de bande dessinée dont elle est la scénariste et dessinatrice, mais elle est aussi peintre et réalisatrice française. Elle est née en 1969 en Iran. Durant son enfance, elle a subit la restriction des libertés individuelles liées à la révolution islamique de 1979 en Iran, son pays natal, et à la guerre Iran-Irak (1980-1988).

 

Persépolis est une série de bande dessinée autobiographique écrite en français puis traduite dans de nombreuses langues qui rencontre un grand succès dès le premier tome paru en 2000. L’auteure y retrace les étapes marquantes de sa vie, de son enfance à Téhéran pendant la révolution islamique, de son entrée difficile dans la vie adulte en Europe. C’est un témoignage historique et une réflexion sur l’identité et l’exil.

Les dessins sont en noir et blanc. Les fonds des vignettes sont généralement noirs ou blancs et l’on trouve parfois des décors détaillés en partie, ce qui laisse plus d’importance au texte. La langue est utilisée dans de multiples registres : familier et courant, laissant parfois même la place à la vulgarité, ce qui montre une vie quotidienne hors du commun riche et authentique.

Les quatre tomes de Persépolis évoquent la vie de Marjane en Iran, ce qu’elle a vu et vécu de la guerre Iran-Irak (de septembre 1980 à août 1988), les risques et les contraintes de cette période, son expérience en Autriche ainsi que son départ pour la France.

La bande dessinée a donné lieu à la production d’un long métrage d’animation, Persépolis, réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud et sorti en France en 2007. Ce film obtint le prix du jury du Festival de Cannes 2007. Aux Césars 2008, il obtient celui du meilleur premier film ainsi que celui de la meilleure adaptation.

persepolis

Marjane Satrapi. Persepolis. Première de couverture

Abordons Maus d’Art Spielgelman.

     Art Spiegelman est un auteur de bande dessinée et illustrateur américain, né le 15 février 1948 à Stockholm. Ses parents émigrent aux États-Unis alors qu’il est encore enfant. En 1986, il publie le premier volume de Maus : «Mon père saigne l’histoire» qui retrace la vie de sa famille (racontée par son père). La suite et fin de cette histoire est «Et c’est là que mes ennuis ont commencé», sorti en 1991.

      Maus est une bande dessinée autobiographique car Spiegelman retranscrit directement le vécu de son père ainsi que le sien. C’est donc un récit autobiographique du père de l’auteur, Vladek Spiegelman qui est un survivant de l’Holocauste (=Shoah), dans un univers animalier où les Nazis sont représentés par des chats et les Juifs par des souris (Maus = souris en allemand). Maus comporte deux tomes qui traitent des persécutions des Juifs lors de la seconde guerre mondiale. Cette BD mêle l’histoire du père de Spiegelman, racontant sa déportation, et le récit des relations entre Spiegelman et son père.

C’est vers la fin des années 70 qu’Art Spiegelman demande à son père de se remémorer les événements douloureux qu’il a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était alors installé en Pologne, son pays natal.

Le premier tome raconte donc la vie de Vladeck Spiegelman qui est un rescapé juif des camps nazis et de son fils, Art, qui cherche un terrain de réconciliation avec son père. Ce tome regroupe ainsi la propre histoire de l’auteur et de son père ainsi que l’Histoire avec les nazis et les Juifs…

Le deuxième tome de Maus évoque les camps de concentration et d’extermination : Auschwitz pour Vladek, le père d’Art, et Birkenau pour Anja, sa mère.

Ces tomes se déroulent dans un double cadre temporel : 1975-1980 pour les conversations d’Art avec son père et les années 1940 pour les souvenirs de son père.


Art Spiegelman. Maus. Première de couverture

II/ la bande dessinée d’autofiction

 

     L’autofiction est un genre littéraire qui combine de façon contradictoire deux types de narrations opposés : l’autobiographie et la fiction. On l’appelle aussi « roman personnel ». Il s’agit d’un croisement entre un récit réel de la vie de l’auteur et d’un récit fictif explorant une expérience vécue par celui-ci.

Le fondateur de ce genre est Serge Doubrovsky. C’est un critique littéraire et romancier français.

 

      Tout d’abord, nous parlerons de Dropsie Avenue. L’auteur Will Eisner est né le 6 mars 1917 à New-York dans le quartier de Brooklyn et mort en Floride le 3 janvier 2005. C’est un auteur de bande dessinée qui a écrit de nombreuses œuvres connues, dont la trilogie du Bronx composée de Un Pacte avec Dieu, Jacob le cafard et Dropsie Avenue, écrit en 1995 et sur lequel nous allons nous pencher. L’aventure se déroule dans une rue imaginaire inspirée des rues du Bronx qui est un des quartiers fondateurs de la ville de New-York. Ce quartier s’est construit suite à plusieurs vagues d’immigration durant quatre siècles avec les fermiers hollandais de 1870, puis les communautés hispaniques et noires des années 60, en passant par les Anglais puis les Irlandais, et les Italiens de la prohibition, sans oublier les Juifs, dont la famille de Will Eisner. Ce sont toutes ces communautés qui ont construit l’identité américaine. Dropsie Avenue raconte donc l’évolution de la vie dans une rue de New-York de génération en génération, au fil des populations immigrantes qui ont laissé leurs traces à travers l’architecture et la vie quotidienne.

 

 

 Will Eisner. Dropsie Avenue. Première de couverture

      Parlons des 4 tomes de Petit Polio. Farid Boudjellal est né le 12 mars 1953 à Toulon. C’est un auteur français. Il est l’un des premiers à raconter la vie des émigrés et de leurs enfants nés en France. Il s’est souvenu de sa propre enfance toulonnaise pour écrire les récits de Petit Polio. Dans son œuvre, on y retrouve les joies et les peines d’un enfant, la solidarité familiale, la douleur du deuil et le handicap, qui occupe une place importante mais non centrale du récit. Dans cette BD, les personnages reprennent des traits caractéristiques de la famille de Farid Boudjellal, comme par exemple dans le tome intitulé Mémé d’Arménie, dans lequel l’auteurs’inspire de sa véritable grand mère paternelle arménienne. Pourtant, d’après Farid Boudjellal, le personnage principal de Petit Polio a pour seul point commun avec lui son humour.

Petit Polio. Farid Boudjellal. Première de couverture

     Les auteurs ont différentes manières de faire passer leur vécu à travers leurs œuvres. Qu’elles soient sous formes autobiographiques ou auto-fictives, les œuvres nous permettent d’apprendre à connaître différentes cultures grâce aux vies que les auteurs nous laissent à découvrir. A travers ces bandes dessinées, toutes les vagues d’immigration sont représentées, ce qui permet aux immigrés de toujours garder une trace de leur passage dans l’histoire ainsi que les sociétés dans lesquelles ils sont varrivés et eu des descendants.

Pour en savoir plus sur Farid Boudjellal, voici une interview de lui que l’on peut trouver sur le site du Musée de l’histoire de l’immigration à Paris :

http://www.histoire-immigration.fr/musee/>collections/entretien-avec-farid-boudjellal

Léa, Lucile, Marie, Romane.