Feb 3 2014

Les récits de vie en BD

Publié par elliotchato dans Exposés sur la BD      

 Le récit de vie dans la bande dessinée est un genre à part entière qui se développe rapidement depuis les années 1960, c’est pour quoi nous nous sommes intéressés à ce sujet. Notre travail sera donc de répondre à la problématique suivante, en quoi la BD peut-elle traduire le récit de vie d’un personnage réel ou fictif ? Pour se faire nous allons développer trois parties. La première traitera des récits de vie biographiques puis dans la seconde il s’agira de parler des récits de vie fictifs et enfin la troisième expliquera comment le genre du récit de vie fait passer le particulier à l’universel

 1- Les récits de vie biographiques

 Les récits de vie biographiques comportent à la fois des autobiographies mais aussi des biographies d’autres personnes que l’auteur lui même.

 Une bande dessinée autobiographique est une bande dessinée dans laquelle l’auteur utilise sa vie comme sujet de l’histoire, que ce soit par exemplarité, de manière réflexive ou par pure volonté de monstration.

 Elle apparaît dans les années 1960 au Japon mais n’est pas très repandue (avec Yoshiharu Tsuge).

 Elle arrive aux Etats-Unis dans les années 1970 (avec Harvey Pekar et Eddie Campbell) puis en Europe en 1980 où elle est initiée par Christian Binet et Carlos Giménez .

 De très rare, l’autobiographie devient alors très fréquente, phénomène qui s’amplifie à l’échelle mondiale au milieu des années 2000 avec l’apparition des blogs BD .

 On peut citer pour exemple Farid Boudjellal avec son ouvrage Petit Polio, fils d’immigrés algériens, qui naît et grandit à Toulon. On pourrait aussi citer Persepolis de Marjane Satrapi avec Persépolis.

Farid Boudjellal. Petit Polio. Première de couverture

 La Bande dessinée biographique est une bande dessinée dans laquelle l’auteur utilise la vie d’une personne réelle comme sujet de son histoire . On peut citer un nombre incalculable de BD racontant la vie d’une autre personne mais on s’intéressera seulement à Maus.

 Art Spiegelman. Maus. Première de couverture

Maus est une BD écrite par ArtSpielgman, qui raconte l’histoire de son père et notamment comment il a survécu à la Shoah. Cependant plutôt que de représenter les personnages figurativement, il les dessine comme des animaux, pour à la fois montrer la déshumanisation qui s’opère par le traitement infligé par les nazis et les collaborateurs aux Juifs. Mais aussi pour ne pas choquer le lecteur avec des images trop dures. En effet, les personnages sont radicalement changés et l’histoire est dessinée en noir et blanc ce qui éloigne du réel ; cependant l’histoire est à peine romancée c’est donc une biographie car le récit est extrêmement fidèle à ce qui s’est passé.

 2- Les récits de vie fictifs

 D’autres récits dits fictifs proposent des vies fictives.

 Les personnages n’ont jamais existé et les événements racontés ne se sont jamais produits. La plupart des BD d’aventure sont concernées telles que XIII de W.Vance ou Largo Winch de P.Franq pour ne citer qu’elles.

Dans ce cas, l’auteur se soucie beaucoup de la vraisemblance, il crée l’apparence de la réalité, notamment grâce à un cadrage le plus réel possible. Alors que dans les Comics avec Superman par exemple le cadre n’est pas réel ( ville imaginaire, planète imaginaire et pouvoirs imaginaires), mais il donne l’illusion du réel.
Cet aspect fictif peut être incomplet,
– soit l’auteur compose la biographie d’un personnage réel et lui attribue des actions au moins en partie fictives par exemple L’Épervier de Pellerin romançant largement l’histoire d’un corsaire brestois du XVIIème ayant vraiment vécu
– soit dans le cadre d’événements réels, il invente des personnages fictifs, dans le cadre de la traite négrière par exemple avec Les Passagers du Vent de F.Bourgeon

 

3) Récits de vie qui passent du particulier à l’universel
Les bandes dessinées auxquelles on attribue le statut de récit de vie raconte une histoire particulière bien souvent vécue par le dessinateur.
Mais il se sert de cette particularité afin que lhistoire s’adresse à un public le plus large possible par le biais du phénomène d’identification aux personnages.
En effet, la particularité et le vécu amène la vraisemblance. Ce procédé littéraire est tiré du théâtre de l absurde notamment avec Ionesco, qui a même dit « le particulier devient universel ». Ce qui explique sans doute l’engouement que l’on voue aux récits de vie. Par exemple, Largo Winch de P.Franq et XIII de W.Vance font partie des 5 BD les plus vendues en 2012.
Ainsi, l’auteur fait rêver ses lecteurs avec les récits de vie semi-fictifs (exemple : Superman)
 
En conclusion, on peut remarquer que les BD abordant des récits de vie peuvent être soit totalement fictives, soit purement tirées de la réalité mais ces deux aspects totalement opposés peuvent aussi se recouper afin de créer une sorte de BD beaucoup plus attractive pour les lecteurs actuels comme nous venons de l’évoquer précédemment.
Antoine, Elliot, Johann, Thomas