Le roman et ses personnages" />

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CORRIGÉ DES QUESTIONS DE LA SÉANCE 2 SUR GERMINAL

1.       Définir l’effet créé par le chapitre premier de la deuxième partie.

Alors que la première partie nous présente l’univers des mineurs, le chapitre premier de la deuxième partie nous montre l’autre face de la réalité, en nous menant chez une famille de petits capitalistes, qui détiennent une fraction du capital de la mine : les Grégoire.

Dans la première partie du chapitre (l. 1 à 98), ceux-ci (le père, la mère, présentés, ainsi que leur fille) nous sont présentés à l’heure du petit déjeuner. L’auteur nous offre un certain nombre de détails destinés à insister sur le confort et l’oisiveté de leur vie :

–          ils se lèvent tard (« dormant beaucoup, avec passion », l. 13-14) ;

–          ils sont bien nourris (« cela sentait bon la bonne nourriture », l. 38-39) ;

–          ils ont des serviteurs (« outre ces deux femmes, il n’y avait que le cocher », l.30).

Dans la seconde partie, est racontée l’origine de la fortune des Grégoire  et l’histoire de leur couple (l.99 à191).

Dans une troisième partie a lieu la visite d’un cousin de M. Grégoire, Deneulin : alors que les Grégoire sont des rentiers, lui est un entrepreneur et tente de faire marcher sa propre mine, mais, comme il est mauvais gestionnaire, ses affaires ne vont pas bien.

Ce n’est que dans les trois dernières lignes que la Maheude apparaît, et les termes qui les qualifient, elle et les siens montre bien l’opposition des deux univers :

–          « ses petits » (l. 328) [alors que sa mère utilise le terme de « mademoiselle » (l. 21) pour parler de sa fille à la cuisinière] ;

–          « glacés » (l. 328) [alors que la maison est surchauffée (« malgré le calorifère qui chauffait la maison, un feu de houille égayait cette salle », l. 43 et 44)] ;

–          « affamés » (l. 328) [alors que Cécile n’est « jamais assez bien nourrie », l. 86] ;

–          « saisis d’un effarement peureux » (l. 329) [alors que Cécile dort en toute confiance (« elle dormait toujours, sans les sentir près d’elle, leur visage contre le sien », l. 86-87)].

 

 2.       Retrouver dans cet extrait les éléments du contraste ainsi ménagé ; chercher des passages où la voix narrative appuie explicitement ce contraste.

Après une analepse, qui va du début du deuxième chapitre à la ligne 228, dans l’extrait qui va de la ligne229 à 301, nous avons les mêmes éléments de contraste que dans le chapitre précédent :

–          les enfant de l’ouvrière sont qualifiés par des termes dépréciatifs : (« ces enfants pitoyables, avec leurs cheveux de cire, leurs cheveux décolorés, la dégénérescence qui les rapetissait », l.23-24) ;

–          ceux qui ont froid sont opposés à ceux qui ont chaud : la Maheude et les siens, habitués à avoir froid sont « étourdis par la brusque chaleur » (l. 231) ;

–          ceux qui ont faim sont opposés à ceux qui sont rassasiés : chez les Grégoire, même les serviteurs sont bien nourris (« qui n’étaient pas en peine de leur dîner », l. 248-249) alors que les petits Maheu ont « une laideur triste de meurt-de-faim » (l. 289-290) ;

–          ceux qui sont à leur aise sont opposés à ceux qui sont gênés : les Grégoire sont assis et confortablement installés (« qui s’allongeaient dans leurs fauteuils », l. 232-233) alors que les Maheu (à qui on n’a pas proposé de s’asseoir) sont  « très  gênés » (l. 231).

 

Le passage qui va de la ligne 235 à la ligne 246 est au style indirect libre : il mêle la voix du narrateur extra-diégétique (= qui n’appartient à l’univers du roman) à celle des Grégoire : ce passage est polyphonique.

Il en va de même du passage qui va de la ligne 269 à la ligne 275, mais là, c’est la Maheude qui mêle sa voix à celle du narrateur extra-diégétique (comme le prouve l’utilisation du niveau de langue familier (« Fallait quand même », l.274, au lieu de « Il fallait quand même »).

 

 3.       Montrez que ce passage nous fait accéder aux pensées des ouvriers comme à celles des bourgeois.

Ce passage nous fait accéder aux pensées des ouvriers comme à celles des bourgeois grâce :

–          à l’emploi du style indirect libre, qui mêle la voix des personnages à celle du narrateur ;

–          aux termes explicites employés par le narrateur extra-diégétique omniscient pour qualifier :

? la Maheude et ses enfants sont « gênés » (l. 232) : ils ont donc une sorte de honte d’étaler leur misères devant ces gens riches ;

? M. Grégoire est « rêveur » (l. 287) : il ressent une sorte de compassion devant l’air pitoyable des Maheu ;

–          à la spontanéité de certains de leurs propos, qui révèlent leurs préjugés :

? « sept enfants, mais pourquoi, bon Dieu ! » : M. Grégoire pense que les ouvriers sont des êtres irrationnels, incapables de surmonter leurs instincts sexuels et de se reproduire rationnellement, en tenant compte de leurs revenus (l’utilisation du terme « petits » à la ligne 338, au chapitre précédent, à la place de « enfants », allait déjà dans ce sens) ;

? « les mineurs boivent, font des dettes » (l. 300-301) : de nouveau, M. Grégoire montre qu’il considère que les ouvriers sont incapables de réfréner leurs instinct et d’avoir un comportement rationnel.

En fait, il s’agit là de pensées sans originalité : nous avons affaire à des lieux communs, des préjugés.

 

 4.       Montrer en quoi la famille ouvrière et la famille bourgeoise dépeintes ici prennent chacune un caractère universel.

 La famille ouvrière et la famille bourgeoise :

–          ont un comportement stéréotypé : les bourgeois sont protecteurs, condescendants et ont bonne conscience (« leur maison était celle du bon Dieu », l. 237) et les ouvriers sont pleins d’humilité (« très gêné des regards », l. 231) et imprévoyants (« sept enfants », l. 267).

–          ne pensent pas de façon originale, mais reprennent à leur compte les préjugés de leur milieu social (voir réponse à la question précédente).

–           

La famille ouvrière et la famille bourgeoise dépeintes ici prennent donc chacune un caractère universel.

 


Publié par 20092010faurelettres1es3 le 13 décembre 2009 dans Questions sur un texte
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