20092010faurelettres1es3
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PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS DANS L’EXTRAIT DES LETTRES PERSANES

                

 

I.                     Les figures de style.

a)       L’antithèse.

–          « d’ôter aux femmes leur liberté que de la leur laisser » (ll. 2-3).

–          « Si les Européens disent qu’il n’y a pas de générosité à rendre malheureuses les personnes que l’on aime ; nos Asiatiques répondent qu’il y a de la bassesse à renoncer à l’empire que la nature leur a donné sur les femmes » (ll. 4 à 8).

–          « Si on leur dit que le grand nombre de femmes enfermées est embarrassant ; ils répondent que dix femmes, qui obéissent, embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas » (ll. 8 à 11).

–          «  dix femmes, qui obéissent, embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas »  (l. 10). [Double antithèse.]

–          «  Que s’ils objectent […] fidèles ; on leur répond […] prévient la corruption » (l. 11 à 18).

–          «si les Asiatiques font fort bien de chercher des moyens propres à calmer leurs  inquiétudes, les Européens font aussi bien de n’en point avoir » (ll. 19 à 22). [Double antithèse.]

–      « quand nous serions malheureux en tant que maris, nous trouverions toujours moyen de nous dédommager en tant qu’amants »

–          « elles ont plus de douceur que nous » (ll. 28-29).

–          « qui devaient sans doute leur donner la supériorité, si nous avions été raisonnables, la leur ont fait perdre, parce que nous ne le sommes point » (ll. 35 à 37). [Double antithèse.]

–          « s’il est vrai que nous n’avons sur les femmes qu’un pouvoir tyrannique, il ne l’est pas moins qu’elles ont sur nous un empire naturel » (ll. 38 à 40). [Double antithèse.]

–          « Le nôtre n’est pas de tous les pays ; mais celui de la beauté est universel » (ll. 40 à 42). [Double antithèse.]

–          « On disait des Romains, qu’ils commandaient à toutes les nations, mais qu’ils obéissaient à leurs femmes » (ll. 58 à 59).

 

b)       Le parallélisme.

–          « chez les Égyptiens en l’honneur d’Isis » (ll. 52-53) / « chez les Babyloniens en l’honneur de Sémiranis » (ll. 52-53).

 

c)       Le chiasme.

–          «  Les forces seraient égales si l’éducation l’était aussi. Éprouvons-les  dans les talents que l’éducation n’a point affaiblis : et nous verrons si nous sommes si forts » (ll. 45 à 48).

–          « les femmes, dit-il, doivent honorer leurs maris, leurs maris les doivent honorer » (ll.

 

d)       L’ironie.

Montesquieu utilise l’ironie en mettant en parallèle les mœurs supposées des Persans avec celles des Européens, et en montrant que celles de ces derniers sont non pas fondées sur la raison, comme ils le croient, mais relèvent seulement de la coutume, puisque les coutumes sont différentes ailleurs : il utilise pour cela essentiellement des antithèses (voir supra).

 

 

 

II.                    Les figures de son.

[Une des fonctions importantes des figures de son est de permettre de bien mémoriser un texte : on examinera donc avec attention les passages où elles sont employées.]

a) Les homéotéleutes.

-« chez les Égyptiens en l’honneur d’Isis » (ll. 52-53) / « chez les Babyloniens en l’honneur de Sémiranis » (ll. 52-53).

 

b)  Les allitérations.

On a un grand nombre d’allitérations en r (et, d’une façon plus générale en liquides [r et l]) et en s (et, d’une façon plus générale, en sifflantes [s et z]).

–          « Si les Européens disent qu’il n’y a pas de générosité à rendre malheureuses les personnes que l’on aime ; nos Asiatiques répondent qu’il y a de la bassesse à renoncer à l’empire que la nature leur a donné sur les femmes. Si on leur dit que le grand nombre de femmes enfermées est embarrassant ; ils répondent que dix femmes, qui obéissent, embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas » (ll. 4 à 11).  [Il faut faire les liaisons en lisant ce passage.]

 

–          « qui suit toujours les passions satisfaites ; que nos femmes sont trop à nous, qu’uns possession si tranquille ne nous laisse rien à désirer, ni à craindre ; qu’un peu de coquetterie est un sel qui pique et prévient la corruption. Peut-être qu’un homme plus sage que moi serait embarrassé de décider, car, si les Asiatiques font fort bien de chercher des moyens propres à calmer leurs inquiétudes, les Européens font aussi bien de n’en point avoir  » (ll. 14 à 22).

 

 

 

III.                  Les procédés grammaticaux.

a)       Les questions oratoires (= questions rhétoriques).

–          « Pourquoi aurions-nous donc un privilège ? » (l. 42).

–          « Est-ce parce que nous sommes les plus forts ? » (ll. 42-43).

 

b)       Les phrases emphatiques.

– « C’est une grande question […], que de la leur laisser » (ll. 1 à 3).

– « C’est une autre question de savoir » (l. 29).

– « Non, me disait l’autre jour un philosophe très galant » (ll. 30-31). [L’ordre normal de la phrase déclarative (sujet + verbe + complément direct) est remplacé par l’ordre inversé complément d’objet direct + verbe + sujet, afin de mettre en valeur le complément d’objet direct « non ».]

– « elles ont plus de douceur que nous » (ll. 34-35).

 

c)       Les négations.

Dans  « s’il est vrai que nous n’avons sur les femmes qu’un pouvoir tyrannique, il ne l’est pas moins qu’elles ont sur nous un empire naturel » (ll. 38 à 40), la négation partielle renforce l’antithèse en renforçant la supériorité morale du pouvoir des femmes par rapport à celui des hommes.

 

d)       Les modalisateurs.

–          « il me semble » (l. 3).

–          « Peut-être q’un homme … » (l. 17).

–          « Il faudrait » (l. 25).

–          « Il faut l’avouer » (l. 49).

 

 

IV.                 Le lexique.

Tout ce texte est écrit dans un style soutenu, comme le montrent, entre autres :

–          l’emploi de l’imparfait du subjonctif (« pût », l. 25 ; « eût », l. 27), même si ce temps est encore vivant à l’époque ;

–          l’omission de la seconde partie de la négation (« les Européens ne sauraient être heureux », ll. 11-12 ;

 

 

V.                   Les registres littéraires [= les tonalités].

La tonalité est satirique : Montesquieu utilise la dérision et l’ironie.

 

 

VI.                 Les outils de l’argumentation.

a)       Les rapports logiques.

? La concession.

–          « quand nous serions malheureux en tant que maris, nous trouverions toujours moyen de nous dédommages en tant qu’amants ».

–          « quoique ce la choque nos mœurs » (l. 50).

? L’opposition.

Voir, dans la partie « antithèse » (supra), les exemples contenant des phrases complètes.

? La condition.

–          « qui obéissent » (l. 10).

–          « quand nous serions malheureux en tant que mari » (ll. 23-24).

–          « il faudrait qu’il n’y ait que trois personnes dans le monde » (ll26-27).

–          « quand il y en aura quatre » (l. 28).

 

a)       Les connecteurs.

? Entre les deux grandes parties du développement : « C’est une grande question » (l. 1) / « C’est une autre question » (l. 29).

? Dans les grandes parties (ll. 29 à 55).

–          « car » (l.19).

–          « par conséquent » (l. 34).

–          « or » (l. 38).

–          « mais » (l. 60).

 

                          c)   Les arguments.

? L’argument logique.

–          « elles ont plus de douceur que nous et, par conséquent, plus d’humanité et de raison » (ll. 33-34).

? L’argument d’expérience.

–          « chez les peuples les plus polis,  les femmes ont toujours eu de l’autorité sur leurs maris » (ll. 49 à 51).

? L’argument a fortiori (cas particulier de raisonnement logique).

–          « Peut-être qu’un homme plus sage que moi serait embarrassé de décider » (ll.  17-18).

? L’argument d’autorité.

–          « Le Prophète à décidé la question » (l. 58).

 

                           d) Les formes de raisonnement.

? Le raisonnement concessif (ll. 23 à 25).

? Le raisonnement par l’absurde (ll. 25 à 28)..

?Le raisonnement causal (ll. 33-34).


Publié par 20092010faurelettres1es3 le 5 mars 2010 dans Non classé
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