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LECTURE LINÉAIRE DES 41 PREMIERS VERS DE ZONE

      LECTURE LINÉAIRE DES 41 PREMIERS VERS DE ZONE, DE GUILLAUME APOLLINAIRE

 

 

I. INTRODUCTION.

Zone” fut composé dans l’été de 1912 à la suite de la rupture de Guillaume Apollinaire avec Marie Laurencin. Il figure en tête du recueil “Alcools”, mais il fut en fait le dernier en date des poèmes du recueil et il présente des différences profondes avec les autres car y fut mise en œuvre une nouvelle esthétique.

Les documents et les témoignages le concernant  permettent de situer sa composition après que Blaise Cendrars eut lu à Apollinaire son propre poème qu’il venait de terminer : “Les Pâques à New York”, un poème de distiques irréguliers mais rimés, où se déroulait un long itinéraire, peuplé de souvenirs, un long courant de poésie ininterrompue, dynamique, qui épousait le mouvement de la marche du poète-Christ, poème qui faisait de lui le premier poète de l’esprit nouveau. Et, dans “La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France” (1913), Blaise Cendrars allait complètement libérer le vers et quasiment supprimer la ponctuation. M. Décaudin, spécialiste d’Apollinaire, a publié un brouillon de “Zone” qui présente plus de ressemblances avec “Les Pâques à New York” que son état définitif. Comparant ces deux versions, il a noté avec raison que «tout se passe comme si, dans ses corrections, Apollinaire avait voulu différencier son poème des “Pâques“». Mais il avait adopté le vers libre et la suppression de la ponctuation.

Le poème parut d’abord en décembre 1912, dans “Les soirées de Paris” avec comme titre “Cri” (le tableau d’Edward Munch étant de 1893) et étant ponctué. Cependant, sur les épreuves du recueil, Apollinaire adopta le titre “Zone”, comme il décida de supprimer toute ponctuation.

 

La répartition des vers se fait avec une grande liberté, le début présentant des séquences d’une certaine longueur tandis qu’ensuite elle deviennent plus brèves, de nombreux vers étant même isolés. L’analyse doit donc se faire pas au pas au long du texte.

 

 

II. ÉTUDE DU TEXTE.

 

Vers 1 : « À la fin tu es las de ce monde ancien » 

Le poète s’adresse à un «tu» dont bien vite on comprendra qu’il est nul autre que lui-même. Cette auto-interpellation ressemble à un brusque sursaut, à une soudaine prise de conscience, ce que souligne « À la fin… ». « Ce monde ancien » est un monde qui se prétend moderne, mais est en fait dépassé. Le premier vers ancre d’emblée le poème dans la modernité. Cependant, il est plaisant de constater que ce rejet d’un « monde ancien » est proclamé, peut-être par ironie, dans un vers ancien, un alexandrin.

 

Vers 2 : «Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin» 

Sans autre rapport avec le précédent qu’un écho qui n’est qu’une assonance, il montre un mètre plus long et ne manque pas d’étonner par l’image insolite de la tour Eiffel, bergère entourée du « troupeau des ponts ». On peut assez aisément comprendre que la tour Eiffel, avec sa robe évasée et ses atours de dentelles métalliques, ressemble à une bergère, une jeune bergère, comme le donne à penser l’indication chronologique contenue dans le vers 8. Un troupeau bêlant ne parle guère à l’esprit et semble plutôt incongru, mais, en lui accordant plus d’attention, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas d’un troupeau formé par les ponts (?) et qui bêlerait pour on ne sait trop quelle raison (les bateaux peut-être?). Ce troupeau ne fait que passer sur les ponts : ce sont des voitures automobiles en train de s’engouffrer toutes à la fois, comme un troupeau de moutons, par les ponts de la Seine ; leurs conducteurs se servent de leurs klaxons : les moutons bêlent. Cette interprétation est confirmée par le vers 72 du même poème où apparaissent des «troupeaux d’autobus mugissants». Au vers 2 comme au vers 72, le poète, las et désespéré, croit n’entendre partout que des plaintes et il les note non sans un certain humour. Dans “La chanson du mal-aimé” également, à la strophe 18, les saules qui pleurent et les chats qui miaulent, les choses et les bêtes comprennent et partagent la douleur de l’amant ou, du moins, lui paraissent à l’unisson de son cœur. Il faut rappeler que la tour Eiffel, bâtie en 1889, était honnie des symbolistes pour son modernisme agressif, tandis qu’Apollinaire était un chantre de la modernité et qu’elle fut le thème d’inspiration des peintres de la modernité comme Robert Delaunay.

 

Vers 3 : «Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine»

Ce vers fait écho au premier vers. Le «tu», du fait de la suppression de la ponctuation, pourrait être associé à la tour Eiffel. Le reproche fait au monde actuel par le poète qui le considère comme «ancien» est exagéré par la référence à «l’antiquité» : s’agit-il du seul rejet des références culturelles traditionnelles?

 

Vers 4 : « Ici même les automobiles ont l’air d’être anciennes » 

On peut s’étonner de que le chantre de la modernité critique ce qui est censé en être pourtant le signe par excellence : l’automobile (avec l’avion, voir ci-dessous). Mais il est vrai que les premières automobiles perpétuaient les formes des voitures hippomobiles, avaient l’allure de carrosses.

 

Vers 5 et 6 : « La religion seule est restée toute neuve la religion

                               Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation »

Apollinaire en ajoute encore dans le paradoxe dans ces vers qui offrent une triple surprise au lecteur. Que vient faire ici la religion ? Comment accepter cette affirmation du modernisme de la religion catholique qui serait « neuve » et « simple » (le vers 5 étant marqué par une discontinuité syntaxique créée par l’absence de ponctuation et l’enjambement avec le suivant). Comment ne pas s’étonner de sa prétendue ressemblance avec les «hangars de Port-Aviation», c’est-à-dire un aéroport moderne, sans qu’il ait songé à un lieu précis.

 

Vers 7 et 8 :          « Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme

                               L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X »

Ne faut-il pas croire à une totale plaisanterie, à un parti pris d’ébahir gentiment le lecteur, quand on sait que Pie X, pape de 1903 à 1914, fut l’auteur de l’encyclique “Pascendi” contre le modernisme, qu’il interdit, entre autres pratiques, de danser le tango (des positions louches, selon lui !) ? Apollinaire n’a-t-il pas été influencé par “Le monoplan du pape” du « futuriste » Marinetti ?         

 

Vers 9 et 10 : « Et toi que les fenêtres observent la honte te retient

                               D’entrer dans une église et de t’y confesser ce matin ».

Exploitant l’effet de surprise de l’enjambement, Apollinaire, parce qu’il vit en un temps de modernisme sceptique, avoue le désir d’un retour à une naïve religiosité.

 

Vers 11 à 14 : « Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut

                               Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux

                               Il y a les livraisons à vingt-cinq centimes pleines d’aventures policières

                               Portraits des grands hommes et mille titres divers ».

Dans une discontinuité délibérée, Apollinaire passe à l’éloge d’autres signes de la modernité. Désormais, la poésie n’est plus sélective, ni dans son vocabulaire, ni dans ses thèmes ; elle n’est plus seulement dans les livres mais éclate au regard, a ce caractère visuel (qui avait déjà été célébré par Cendrars et ouvrira chez Apollinaire la voie aux «calligrammes», et, au-delà, au collage de «titres et de fragments de titres découpés dans les journaux» à quoi procéda André Breton dès le premier “Manifeste du surréalisme”). L’allusion aux « aventures policières » s’explique par son admiration pour Fantômas dont les aventures furent publiées de 1911 à 1913 et allaient même être portées au cinéma.

 

Vers 15 à 24 : « J’ai vu ce matin une jolie rue dont j’ai oublié le nom

                               Neuve et propre du soleil elle était le clairon

                               Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes

                               Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent

                               Le matin par trois fois la sirène y gémit

                               Une cloche rageuse y aboie vers midi

                               Les inscriptions des enseignes et des murailles

                               Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent

                               J’aime la grâce de cette rue industrielle

                               Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes »

Sur le ton désinvolte d’une conversation amicale, Apollinaire rapporte une simple expérience  récente de promenade dans Paris pourtant déjà amorcée dès le début du poème. Mais elle est destinée encore à étonner puisque le parti-pris de trouver de la beauté à ce qu’il y a de plus criant en fait de modernisme lui fait célébrer la grâce… d’une rue ! Et, qui plus est, d’une rue industrielle ! Mais où le soleil éclatait en fanfare. On a pu déterminer que cette rue est sans doute la rue Guersant dans le XVIIe arrondissement. Avec « les inscriptions des enseignes et des murailles / Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent », on trouve d’autres exemples de cette poésie visuelle déjà célébrée auparavant, les perroquets étant mentionnés autant pour l’effet sonore de leurs cris que pour l’effet visuel des couleurs de leur plumage. On croit déjà sentir que le poète veut se trouver heureux dans son époque, plus qu’il ne l’est réellement.

 

Vers 25 : «Voilà la jeune rue et tu n’es encore qu’un petit enfant »

Par un glissement d’une image à l’autre qui est véritablement cinématographique, de la rue actuelle on passe à une autre, qu’il a vue dans son enfance ; et, de là, au collégien qu’il était.

 

Vers 26 : « Ta mère ne t’habille que de bleu et de blanc»

Le jeune garçon était donc voué à la Vierge Marie.

 

Vers 27 à 30 : « Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize

                 Vous n’aimez rien tant que les pompes de l’Église

                Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette

                Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège »

René Dalize fut vraiment son ami au collège Saint-Charles, puis son collaborateur aux ‘’Soirées de Paris’’. Bons petits collégiens, ils se plaisaient à un certain mysticisme d’’adolescents qui est plus goût du pittoresque que véritable foi.

 

Vers 31 à 32 : « Tandis qu’éternelle et adorable profondeur améthyste

                               Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ »

Apollinaire évoque une flamme si nocturne qu’elle semble l’obscurité faite flamme en même temps qu’elle est la lumière du Christ dans les ténèbres. «Gloire» a le sens concret d’«auréole de bois ou de métal doré» qui entoure le Crucifié ; lequel se détache sur un fond violet et pourpre (qui pourrait être dû, par exemple, à la lumière du Saint-Sacrement) sans doute la rosace de la chapelle du collège ;

 

Vers 33  : « C’est le beau lys que tous nous cultivons »

Ici commence, marquée par l’anaphore de « C’est », une litanie qui célèbre le Christ. Il est identifié au «lys» (mot qu’il faudrait orthographier « lis », pour ne pas confondre cette fleur avec la fleur de Lys qui est un iris), ce qui s’explique par la blancheur de la fleur, symbole de pureté.

 

Vers 34 : « C’est la torche aux cheveux roux que n’éteint pas le vent »

Apollinaire reprend une tradition voulant que le Christ, persécuté, ait été roux, mais sa métaphore d’une chevelure torsadée de la couleur du feu suggère une passion qui ne s’éteint pas plus que la lumière du Saint-Sacrement.

 

Vers 35 : « C’est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère »

Le corps du crucifié est pâle et ensanglanté et le poète se souvient du texte biblique : «Stabat mater dolorosa dum pendet Filius.» [La mère emplie de douleur se tenait debout pendant que son fils était suspendu (à la croix)].

 

Vers 36 : « C’est l’arbre toujours touffu de toutes les prières »

La Croix est souvent désignée dans la liturgie comme un «arbre» qui est nourri des prières qui lui sont adressées et fleurIt :

                «Crux fidelis, inter omnes                      « Ô croix, objet de notre foi,

                Arbor una nobilis                                   Arbre divin, source de grâces et de bénédictions

                Nulla silva talem profert                         Vous surpassez en vertu tous les arbres

                Fronde, flore, germine»                         Et tous les fruits de la terre »

                                                                                                                                             (antienne du Vendredi Saint).

 

Vers 37 : « C’est la double potence de l’honneur et de l’éternité »

La potence, qui est normalement le signe du déshonneur et de la mort, se trouve transfigurée, dans le cas de la croix qu’on peut voir comme formée deux potences accolées.

 

Vers 38 : « C’est l’étoile à six branches »

Il s’agit de l’étoile de David, ancêtre du Christ.

 

Vers 39 à 41 : « C’est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche

                                   C’est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs

                                   Il détient le record du monde pour la hauteur »

Dans sa volonté de surprise, Apollinaire, en enfant naïvement enthousiaste ou en adulte gentiment bouffon, fait succéder à l’évocation la plus évidente de la résurrection du Christ celle de son ascension qui participe de son goût de la modernité et d’un humour piquant, la formulation volontairement journalistique, donc quelque peu choquante.

 

 

III. CONCLUSION.

 

‘’Zone’’, poème liminaire du recueil ’’Alcools’’ mais écrit le dernier en 1912, lui servit moins de préface, bien qu’Apollinaire y applique la suppression systématique de la ponctuation, qu’aux formes poétiques ultérieures, telles qu’elles se firent notamment jour en 1918 dans ‘’Calligrammes’’ où l’on trouvera des « poèmes-conversation », où l’on retrouvera le jeu  entre « tu » et « je ». La conception de la poésie qui apparut dans ‘’Zone’’, qui se situe assez naturellement à mi-chemin entre Rimbaud et le surréalisme, Apollinaire la radicalisa dans d’autres œuvres, et en fit la théorie, en 1917, dans sa conférence sur « l’esprit nouveau » : on peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l’on soit aventureux et que l’on aille à la découverte ; le poète est celui qui découvre de nouvelles joies, fussent-elles pénibles à supporter. Cela permit un renouvellement de la poésie française.

 

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Le poème Zone

 

Le poème avait d’abord été intitulé “Cri” puis Apollinaire choisit ‘’Zone’’. Il ne voulait donc plus qu’il soit considéré comme un cri de désespoir personnel. Mais le nouveau titre est énigmatique, car le mot «zone», venant du grec «zônè» qui signifie «ceinture», a plusieurs acceptions : il désigne une partie de la sphère terrestre ou de la sphère céleste ; une partie allongée d’une surface ; une surface quelconque ; une région ; à Paris, les faubourgs misérables qui s’étaient constitués sur les terrains des anciennes fortifications de Paris et, de là, la banlieue d’une grande agglomération.

À l’époque, du fait de la zone qui entourait Paris, on disait couramment : «triste comme la zone», «sinistre comme la zone». Il semble donc bien que le poète ait pensé à cette zone-là : on le voit errer dans et autour de Paris, sans direction, la tristesse au cœur (même si parfois il cherche à se raidir contre la tentation de la mélancolie), se perdre dans son passé, s’y cogner la tête, se chercher en vain dans ce terrain vague, lieu de dépôt hétéroclite.

On a pu avancer que cette pérégrination, cette descente dans la ville qui est aussi une descente en soi, un bilan sentimental et spirituel, une confession, Apollinaire l’a conçue à l’exemple de celles de Virgile et de Dante, se sentant lui aussi en enfer, mais sans avoir de guide.

Mais il a surtout été impressionné par ‘’Pâques à New York’’ de Blaise Cendrars, et, en effet, l’analogie est frappante entre les deux poèmes : même itinéraire peuplé de souvenirs. Cependant, l’originalité de ‘’Zone’’est profonde, aussi bien dans l’écriture, dans le choix des images que dans les thèmes.

Le poème donne une vive impression de la réalité, de la vie naturelle et de la présence sensible d’Apollinaire qui nous raconte une journée de sa vie et nous donne sur son passé des indications nombreuses et claires. Le lecteur est informé des sensations mêmes du héros à la recherche de lui-même.

Apollinaire avait trouvé aussi chez Cendrars le thème de la religion. Mais, chez lui, il n’est pas au centre du poème : il est intermittent, à l’image de son sentiment religieux. On trouve les souvenirs d’une foi qui était restée très vive jusqu’à l’adolescence, donnant lieu à des effusions mystiques. Ensuite, le sentiment religieux ou la nostalgie d’une foi perdue persista de façon chronique, mais sincère. Comme, en 1912, il était à la veille de ses trente-trois ans, son destin ne lui paraissait pas sans rapport avec celui du Christ.

Comme il voulut croire à la religion de son enfance, Apollinaire voulut croire au modernisme. Il fit l’apologie de la ville et de la vie modernes, se plaisant à multiplier les références, chantant l’esthétique d’une rue industrielle, la beauté dans le quotidien. De ce fait, il se permit aussi une grande liberté du ton, osa recourir à la langue familière de la conversation courante, le vocabulaire étant très prosaïque à maints endroits.

Surtout, sa vision du monde moderne est traduite par une construction et des vers eux aussi nouveaux et modernes.

Si on peut lui trouver au poème une construction étagée, le diviser en deux parties : la première marquée par l’envol, la deuxième, par les ténèbres, le malheur, cette déambulation aventureuse, qui constitue le fil du poème, forme un ensemble disparate comme un habit d’arlequin. Et le poème est, d’ailleurs, une arlequinade, avec tout ce que ce mot peut évoquer à la fois de bouffonnerie et de mélancolie. Il est composé d’îlots (monostiches, distiques, tercets, quatrains, séquences de longueurs diverses allant jusqu’à vingt-neuf vers), entre lesquels le lecteur court le risque d’un naufrage.

S’il se déroule sur vingt-quatre heures, si le locuteur marche toute la journée et toute la nuit qui suit pour se retrouver à l’aube, si le voyage en est un aussi à travers la vie elle-même du poète, où il se modifie, où, entre le début, claironnant, et la fin, tragique, les changements intervenus sont importants, où se poursuit la confrontation avec l’autre que l’il fut, il reste qu’entre ces deux pôles, Apollinaire a brouillé l’ordre chronologique par une volonté de raconter mais aussi de perdre le lecteur dans ce récit en désordre. Des sauts se font dans le temps par des sortes de fondus enchaînés, selon les caprices d’une mémoire qui procède par associations d’idées ou d’images, provoque des retours en arrière de façon très anarchique. Les souvenirs en désordre envahissent l’esprit dans des juxtapositions en mosaïque où se manifestent le refus de la logique, le règne de l’aléatoire.

Ainsi, la richesse de ‘’Zone’’ est une richesse thématique, une richesse des images, souvent insolites, une richesse de la prosodie innovatrice.


Publié par 20092010faurelettres1es3 le 13 juin 2010 dans Non classé
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