20092010faurelettres1es3
Un nouveau blog sur LeWebPédagogique

PRINCIPAUX PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS DANS ZONE

           PRINCIPAUX  PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS                  

           DANS ZONE, DE GUILLAUME APPOLLINAIRE.   

 

  1. I.                     Type de texte.

Texte poétique.

 

  1. II.                    Genre littéraire.

? Grand genre : Poésie.

? Genre : Poème en vers libres.

 

  1. III.                  Situation d’énonciation.

 

             a)      Les indices d’énonciation.

? Les pronoms.

Indice personnel « je » = poète (vers 15 et 23).

Indice personnel « tu » : le christianisme est personnifié et Apollinaire s’adresse directement à lui à la deuxième personne du singulier (vers 7).
Dialogue fictif entre le poète (« je ») et le christianisme, ainsi qu’avec le Pape.
[Enonciation personnelle complexe et propice aux ambiguïtés.]

? Indices temporels : « Ce matin » est employé à la fois avec des verbes au présent (énonciation immédiate), mais aussi avec un verbe au passé composé. On peut donc se demander où sont situées les paroles du poète.
Tous les repères sont brouillés, d’autant plus que la ponctuation est inexistante ? décalage constant, effort de représentation de la part du lecteur. Représentation de la réalité fragmentaire. A partir du vers 16, évocation du rythme hebdomadaire et quotidien de la rue industrielle.

Ce matin (v. 15) = moment unique / Le matin (v. 19) = moment qui se répète.
          

             b)      Le destinataire.

? L’énonciateur s’adresse le plus souvent à lui-même :

– au vers 1 : « À la fin tu es las de ce monde ancien » ;

– au vers 3 : « Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine » ;

– au vers 9 : « Et toi que les fenêtres observent » ;

– au vers 11 : « Tu lis les prospectus » ;

– au vers 25 : « Tu n’es encore qu’un petit enfant » ;

– au vers 26 : « Ta mère ne t’habille » ;

– au vers 27 : « Tu es très pieux », « le plus ancien de tes camarades » ;

– au vers 28 : « Vous n’aimez » ;

– au vers 29 : « Vous sortez » ;

– au vers 30 : « Vous priez ».

? Il s’adresse aussi :

– à la tour Eiffel : « Bergère ô tour Eiffel » (v. 2) ;

– au christianisme : « ô christianisme » (v. 7) ;

– au pape de l’époque : « vous Pape Pie X ». (v. 8).

 

  1. IV.                 Thème(s) du texte.

? Désir de modernité : « À la fin tu es las de ce monde ancien », (v. 1) ; « Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine » (v. 3) ;

? Nostalgie de la religion de l’enfance : « v. 27 à 41).

 

  1. V.                   Les figures de style

a)       Figures d’insistance.

? L’anaphore.

– « C’est le beau lys que tous nous cultivons /  C’est la torche aux cheveux roux que n’éteint pas le vent / C’est le fils pâle et  vermeil de la douloureuse mère / C’est l’arbre toujours touffu de toutes les prières / C’est la double potence de l’honneur et de l’éternité / C’est l’étoile à six branches / C’est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche / C’est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs » (vv. 33 à 40).

– « La religion seule est restée toute neuve la religion / Est restée simple » (vv. 5-6).

– « Les inscriptions des enseignes et des murailles / Les plaques les avis » (vv. 21-22).

– « les prospectus les catalogues, les affiches » (v. 11).

– « Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes » (v. 17)

 

b)       Figures d’opposition.

? Le paradoxe.

– « Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme » (v. 7).

– « L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X,  (v. 8).

? L’oxymore.

– «  la grâce de cette rue industrielle » (v. 23).

 

c)       Figures d’équivalence reposant sur l’analogie.

? La comparaison.

– « la religion / Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation » (vv. 5-6).

– « Les inscriptions des enseignes et des murailles / Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent » (vv. 21-22).

? La métaphore explicite (= métaphore in praesentia).

« Le troupeau des ponts bêle ce matin » (v. 2).

– « du soleil elle [= une jolie rue dont j’ai oublié le nom] était le clairon » (v. 16).

– « Une cloche rageuse y aboie » (v. 20).

? La personnification.

– « Bergère, ô tour Eiffel » (v. 2).

 – « Toi que les fenêtres observent » (v. 9).

– « les prospectus les catalogues, les affiches qui chantent tout haut » (v. 11).

– « la sirène y gémit ».

 

  1. VI.                 Les procédés métriques.

 a)       Les mètres.

? L’héxasyllabe : 38.

? Le décasyllabe : 33 [4 + 10].

? L’alexandrin : vv. 1 [6+6], 19 (6 + 6), 20 (6 + 6), 21 (4 + 4 + 4), 28 [5 + 7].

? Le vers de 13 syllabes : vv. 14 [6 + 7], 16 [7 +6], 23 [5 + 8], 26 [7 + 6], 32 [4 + 9], 34 [7 + 6], 36 [7 + 6], 40 [7 + 6], 41 [9 + 4].

? Le vers de 14 syllabes : v. 7 [10 + 4], 35 [7 + 7].

? Le vers de 15 syllabes : v. 6 [5 + 10], 8 [9 + 6], 10 [6 + 9], 30 [7 + 8].

? Le vers de 16 syllabes : vv. 2 [6 + 10], 4 [10 + 6], 5 [12 + 4], 9 [10 + 6], 22 [6 +10], 31 [5 + 11], 37 [7 + 9], 39 [8 + 8].

? Le vers de 17 syllabes : vv. 3 [8 +  9], 15 [10 + 7], 18 [10 + 7], 25 [6 + 11].

? Le vers de 18 syllabes : vv. 12 [9 + 9], 17 [8 + 10].

? Le vers de 19 syllabes : vv. 24 [5 + 14 ou 13 + 6].

? Le vers de 20 syllabes : vv. 11 [15 + 5 ou 10 + 10].

? Le vers de 21 syllabes : vv. 13 [12 + 9], 27 [4 + 13 + 4], 29 [5 + 7 + 9].

 

 b)       Rimes et assonances.

? Utilisation de rimes pauvres (qui, la plupart du temps ne riment pas pour l’oeil [c’est-à-dire ne s’écrivent pas de la même façon]) : « ancien » (v. 1) / « matin » (v. 2) ; « romaine » (v. 3) / « anciennes » (v. 4) ; « religion » (v. 5) / « Port-Aviation » (v. 6) ; « retient » (v. 9) / « matin » (v. 10) ; « haut » (v. 11) /  « journaux » (v. 12) ; « nom » (v. 15) / « clairon » (v. 16) ; « gémit » (v. 19) / « midi » (v .20) ; « murailles » (v. 21) / criaillent » (v. 22) ; « enfant » (v. 25) / « blanc » (v. 26) ; « Dalize » (v. 27) ; « Église » (v. 28) ; « mère » (v. 35) / « prières » (v. 36) ; « branches » (v. 38) / « dimanche » (v. 39) ; « aviateurs » (v. 40) / « hauteur » (v. 41).

? Mélanges de rimes masculines et de rimes féminines : « policières » (v. 13) / « divers » (v. 14) ; « Christ » (v. 32) / « améthyste » (v. 31).

? Utilisation d’assonances : « Christianisme » (v. 7) / « Pie X » (v. 8) ;  « sténo-dactylographes » (v. 17) ; « passent » (v. 18) ; « industrielle » (v. 23) / « Ternes » (v. 24) ; « cachette » (v. 29) / « collège » (v. 30).

? Deux vers sont reliés par une allitération : « cultivons » (v. 33) / « vent » (v. 34).

? Un vers est isolé, sans rime ni assonance : le vers 37.

 

  1. VII.                Les procédés grammaticaux.

 

       a)            Types et formes de phrases.

? Phrase exclamative.

? Phrases emphatiques.

– « L’Européen le plus moderne  c’est vous » (v. 8).

– « Et toi […] tu lis » (v. 9).

 

       b)            Apostrophes.

? Apostrophes simples :

– « Bergère » (v. 2) ;

– « Pape Pie X » (v. 8) ;

– « toi que les fenêtres observent » (v. 9) ;

? Apostrophes précédées de « ô » :

– « ô tour Eiffel » (v. 2) ;

– « ô Christianisme » (v. 7).

 

  1. VIII.              Le lexique.

? Vocabulaire remarquable : nombreuses expressions familières, banales : « il y a » (v. 12), « prospectus » (v. 11), …
? risque de mettre en péril la qualité poétique du texte.
Ce vocabulaire est introduit dans la poésie, car elle fait l’éloge du quotidien, de la vie moderne.

? Modernité du langage : intègre dans le poème des termes n’appartenant pas à des registres soutenus, peu usuels en poésie, prosaïques : automobiles, hangars etc utilisation aussi d’expressions neutres comme « il y a », « voilà ». « J’ai vu »  « j’aime »

Ú Donc poème sous le signe de la nouveauté

 

  1. IX.                  Les registres littéraires [= les tonalités].

Le lyrisme est présent dans le texte mais détourné :

  • Par l’énonciation à la seconde personne, « tu », qui met à distance le « moi » du poète », d’autant que le « tu » est ambigu : le poète s’adresse à lui mais aussi au « christianisme ».
  • L’expression des sentiments

–          est discrètement présente dans le besoin de confession, c’est-à-dire d’un discours d’épanchement intime détourné sur le mode ironique, et aussi par l’expression du sentiment de honte ; les fenêtres sont alors comme un regard posé sur le poète.

–          Lle poète laisse entendre son désarroi au sein d’un monde pourtant célébré. De même la douleur du poète se donne à entendre dans les termes gémir ou criailler : projection de son état d’âme sur les éléments extérieurs. Peut-être aussi lassitude de la répétition (« quatre fois par jour », v. 18 ; «  par trois fois », v. 19).


Publié par 20092010faurelettres1es3 le 13 juin 2010 dans Non classé
Les commentaires sont fermés pour le moment mais vous pouvez faire un trackback.

Les commentaires sont fermés.