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PROCÉDÉS LITTÉRAIRES CHAPITRE 1 DE CANDIDE

 PRINCIPAUX  PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS   

            DANS  LE CHAPITRE  1  DE CANDIDE   

 

 

 

 

 

 

  1. I.                     Type de texte.

? Texte narratif.

–    Nous avons les deux premiers stades du schéma narratif : la situation initiale commence par une variante de l’incipit canonique du conte (« il y avait », l. 1) et a l’imparfait comme temps dominant + l’élément déclencheur commence par la formule canonique (« un jour », l.49).

–    Monologue de Pangloss (ll. 31 à 41).

 

 

  1. II.                    Genre littéraire.

? Grand genre : Récit.

? Genre : Conte philosophique [= récit non réaliste (contenant des éléments relevant du genre « merveilleux »), à visée argumentative, véhiculant un « message » (littérature engagée)].

 

 

  1. III.                  Situation d’énonciation.

? Un narrateur extradiégétique raconte au lecteur l’histoire.

 

 

  1. IV.                 Thème(s) du texte.

? Critique de la Prusse et des Prussiens (notamment les nobles).

? Critique des thèses de Leibniz.

 

 

  1. V.                   Intertextualité.

? Les œuvres de Leibniz, que Voltaire critique.

? Les contes (dont Voltaire reprend des procédés).

 

 

  1. VI.                 Structure du récit.

       a)            Ordre du récit.

? Récit linéaire.

 

       b)            Traitement du temps.

? Analepse.

–  « que cette demoiselle ne voulut jamais épouser, parce qu’il n’avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait té perdu par l’injure du temps » (ll.8 à 10).

? Ellipse.

–    « Le lendemain » (l. 62).

 

 

  1. VII.                Le narrateur.

             a)      Statut du narrateur.

? Narrateur extradiégétique [= qui n’appartient à l’univers de l’histoire].

 

             b)      Récit à la  première personne / récit à la troisième personne.

? Récit à la troisième personne.

 

              c)      Focalisation.

? Le narrateur raconte au début l’histoire d’un point de vue omniscient [Le narrateur apprend au lecteur des choses que les personnages ne savent pas (au premier paragraphe, par exemple »)].

 

? Certains passages sont raconté du point de vue d’un des personnages : par exemple, le septième paragraphe (ll.49 à 59) est raconté du point de vue de Cunégonde.

 

 

 

  1. VIII.              Les figures de style

a)       Figures d’insistance.

? Le chiasme.

– « elle lui prit innocemment la main, le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune demoiselle » (ll. 65-66).

? La répétition.

– « elle lui prit innocemment la main, le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune demoiselle » (ll. 65-66).

? L’anaphore.

–    « tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante » (ll. 55-56).

–    « très jolie et très docile » (ll. 52-53).

? L’accumulation.

– « haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante » (l. 21-22).

? L’hyperbole.

–    « les mœurs les plus douces » (l. 3) ;

–    « ce meilleur des mondes possibles » (l. 28).

–    « le plus beau des châteaux » (l. 29).

–    « la meilleure des baronnes possibles » (ll. 29-30).

–    « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie » (ll. 11-12).

–    « le plus grand philosophe de la province, et par conséquent de toute la terre » (ll.47-48).

–    « le plus beau et le plus agréable des châteaux possibles » (ll. 74-75).

 

b)       Figures d’opposition.

? L’antithèse.

– « ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise » (ll. 40-41) / « il fallait dire que tout est au mieux » (l. 41).

? L’oxymore.

– « le vicaire [= « adjoint du curé », personnage de peu d’importance] du village était son grand aumônier [« prêtre assez important, attaché à un grand seigneur » (ll. 15-16).

– « Tous les chiens de ses basses-cours [= « chiens de berger », inaptes à la chasse ]composaient une meute [« chiens de chasse », animaux beaucoup plus nobles que les chiens de berger] dans le besoin » (ll. 13-14). 

– « tout fut consterné dans le plus beau et le plus agréable des châteaux possibles » (ll. 74-75).

? Le paradoxe.

– « un bon et honnête gentilhomme du voisinage que cette demoiselle ne voulut jamais épouser parce qu’il n’avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait perdu par l’injure du temps » (l. 7 à 10). [Le paradoxe consiste d’une part en ce que la sœur du baron devrait être contente que le père de son fils l’épouse, alors qu’elle le refuse sous prétexte qu’il n’est pas assez noble, d’autre part de ce qu’elle lui reproche de n’être pas assez noble, alors qu’il a un plus grand nombre de quartiers de noblesse que la plupart des nobles.]

– « Mme la baronne, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s’attirait par là une très grande considération » (l. 18-19). [Faire dépendre la considération que l’on doit a une personne de son poids est paradoxal : il y a là une attaque ironique contre les Prussiens, réputés gros mangeurs de charcuterie et grands buveurs de bière.]

 

c)       Figures d’équivalence reposant sur l’analogie.

? La métaphore explicite (= métaphore in praesentia).

« Le précepteur Pangloss [comparé] était l’oracle [comparant] de la maison » (ll. 23-24).

? La personnification.

– « l’injure du temps » (l.10).

 

d)       Figures d’équivalence ne reposant pas sur l’analogie.

? La périphrase.

– « le fils du baron » (l. 22).

 

 

  1. IX.                 Les figures de son.

? Assonance.

– « métaphysico-théologo-cosmolonigologie » (l. 26).

? Allitération.

Thunder-ten-tronckh.

? Harmonie vocalique.

? Homéotéleutes (= mots qui se terminent par le même son).

– « Candide écoutait attentivement, et croyait innocemment » (l. 42).

 

 

 

 

 

  1. X.                   Le lexique.

 

       a)            Termes employés par forfanterie (polyphonie : la voix des membres de la famille du baron, qui sont les véritables utilisateurs de ces termes, se mêlent à celle du narrateur).

– « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie » (ll. 11-12).

– « car son château avait une porte et des fenêtres » (l. 12).

– Sa grande salle même était ornée d’une tapisserie » (ll. 12-13).

– «  Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le besoin » (ll. 13-14).

– «  ses palefreniers étaient ses piqueurs » (ll. 14-15).

– «  le vicaire du village était son grand aumônier » (ll. 15-16).

– « le petit bois qu’on appelait parc » (l. 50).

 

       b)            Néologismes.

– « métaphysico-théologo-cosmolonigologie » (l. 26).[Néologisme comique : nigologie = « science pour les nigauds.]

 

        c)            Utilisation ironique du vocabulaire philosophique.

–    « métaphysico-théologo-cosmolonigologie » (l. 26).

–    « meilleur des mondes possible » (l. 28).

–    « tout étant fait pour une fin » (l. 32).

–    « qui donnait une leçon de phisique expérimentale » (l. 51).

–    « Melle Cunégonde avait beaucoup de disposition pour les sciences » (ll. 53-54).

–    « les expériences réitérées » (ll. 54-55).

–    « la raison suffisante du docteur, les effets et les causes » (ll.54-55).

–    « la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait être la sienne » (ll. 58-59).

–    « voyant cette cause et cet effet » (ll. 70-71).

–           

       d)            Noms des personnages :

–    Thunder-ten-tronckh : Ce nom est vraisemblablement formé à partir de mots appartenant à un dialecte allemand proche de l’anglais. Il faut rapprocher Thunder de l’anglais thunder (= « le tonnerre ») et  tronckh  de l’anglais drink, drank, drunk (= « boire »).

–    Candide : L’adjectif candide (du latin candidus = blanc) signifie « innocent, sans tache »

–    Cunégonde : Ce prénom semblait déjà vieillot et ridicule à l’époque de Voltaire.

–                      Pangloss : Ce  nom peut vouloir dire « celui qui parle de tout » ou « celui qui parle toutes les langues ». Dans tous les cas, ce nom connote un savoir universel.

 

 

 

  1. XI.                 Les procédés grammaticaux.

? La parataxe (utilisation de la juxtaposition). [La parataxe donne une impression de rapidité dans l’action.]

– « Le lendemain après le dîner, comme on sortait de table, Cunégonde et Candide se trouvèrent derrière un paravent ; Cunégonde laissa tomber son mouchoir, Candide le ramassa, elle lui prit innocemment la main, le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune demoiselle avec une vivacité, une sensibilité, une grâce toute particulière ; leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s’enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s’égarèrent » (ll. 62 à 69).

 

  1. XII.                Les outils de l’argumentation.

? Paralogismes (= faux raisonnements).

Conséquence : «  M. le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie »  / Cause : « car son château avait une porte et des fenêtres. Sa grande salle même était ornée d’une tapisserie. Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le besoin ; ses palefreniers étaient ses piqueurs ; le vicaire du village était son grand aumônier » (ll. 11 à 16). [L’aspect minable de son « château » ne permet pas, en réalité, de dire que le baron est « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie ».]

-« les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes » (ll. 33-34).

– « les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses » (ll.34-36).

– « les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux » (ll.36-37).

– « le plus grand philosophe de la province, et par conséquent de toute la terre » (ll. 47-48).


Publié par 20092010faurelettres1es3 le 22 juin 2010 dans Non classé
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