Le roman et ses personnages" />

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CORRIGÉ DES QUESTIONS DE LA SÉANCE 3 SUR GERMINAL

a)      Rappelez les positions idéologiques qu’incarnent, dans les pages précédentes, Étienne, Rasseneur et Bonnemort.

Dans les passages précédents :

–          Étienne [représentant de l’Internationale, dirigée par les partisans de Karl Marx], est partisan de la suppression de la propriété privée (« le sous-sol, comme le sol, était à la nation », l. 125-126, p. 256) et pense que les usines doivent appartenir aux ouvriers qui y travaillent  (« la mine doit être au mineur », l. 120, p. 256) : c’est un révolutionnaire (« il fallait agir révolutionnairement, en sauvages, puisqu’on les traquait comme des loups », l. 38-39) ;

–          Rasseneur [« ancien mineur congédié » (l. 83-84, p. 166), devenu cabaretier], est opposé à  un changement révolutionnaire (« le discours d’apaisement qu’il promettait, l’impossibilité de changer le monde à coup de lois, la nécessité de laisser à l’évolution sociale le temps de s’accomplir », l. 212 à 214) : c’est un réformiste, partisan d’une collaboration entre le Capital et le Travail (« il disait préférer la participation aux bénéfices, l’ouvrier intéressé, devenu l’enfant de la maison », p. 220 à 221, p. 259) ;

–          Bonnemort [vieil ouvrier, qui a connu de nombreuses grèves qui se sont terminées par un échec] est le type de l’ouvrier résigné, qui pense que les choses ont toujours été comme elles sont et que l’on ne pourra jamais rien changer (« « ça n’avait jamais bien marché et ça ne marcherait jamais bien », l. 247-248).

 

Ces personnages sont allégoriques : le but de Zola est donc, à travers eux, de nous montrer les tendances qui traversent, à son époque, le monde ouvrier.

 

[Dans le roman, une quatrième tendance est représentée par Souvarine, qui est un anarchiste, discipline de Bakhounine. C’est un nihiliste, qui pense que ni le réformisme ni l’action révolutionnaire, qui ont en commun de vouloir améliorer la société, ne conviennent : il veut la détruire, et est donc partisan des actions terroristes (il a participé en Russie à un attentat contre le tsar et va en organiser un autre à la mine, dans la suite du roman). Ce n’est d’ailleurs pas un véritable ouvrier : c’est un noble russe, qui a dû s’exiler en France.]

 

b)      Détailler la différence entre ce discours d’Étienne et le précédent (dans le même chapitre).

Dans le discours précédent (l.40 à 165, p. 254 à 257), Étienne fait plutôt appel à des arguments rationnels [il cherche à persuader], en analysant la situation économique des mineurs (« la situation s’aggravait de jour en jour », l. 73-74) et en exposant les positions défendues par l’Internationale (« cela entraînait une refonte totale de  la vieille société pourrie », l. 152-153) ;

 

Dans ce nouveau discours, il fait plutôt appel à la passion [il cherche à convaincre]. Cela se voit :

–          à sa violence (« il fut terrible, jamais il n’avait parlé si violemment », l. 266) ;

–          à l’appel à la pitié et aux sentiments d’indignation devant la misère d’un vieillard (« le vieux Bonnemort, il l’étalait comme un drapeau de misère et de deuil, criant vengeance », 267-268)), de sa famille (« toute cette famille usée à la mine », l. 269) et de tous les mineurs (« un peuple d’hommes crevant  de père en fils », 275-276) ;

–          à l’emploi d’arguments ad hominem   (« la bande des actionnaires entretenus comme des filles », l. 272-273 ; « des pots-de-vin » à des ministres », l. 275 ; « s’engraissent au coin du feu », l. 277) ;

–          à l’emploi de comparaisons dévalorisantes (« on les parquait ainsi que du bétail », l. 281) et de métaphores militaires (« enrégimenter », l. 283 ; « une armée », l. 286 ) et agricoles (« une moisson de citoyens dont la semence germait », l. 287-288) ;

–          à l’emploi d’antithèses (« toute cette famille usée à la mine, mangée par la compagnie », l. 269-270 /  « les ventres de la Régie », l. 271 ; « un peuple d’hommes crevant au fond de père en fils », l. 274-275 / « pour que des générations de grands seigneurs et de bourgeois donnent des fêtes ou s’engraissent », l. 276-277 ; « des millions de bras », l. 284 / « un millier de paresseux », l. 284) ;

–          à l’emploi d’insultes (« voleurs », l. 265 ; « bourreaux », l. 265 ; « ce pourceau immonde », l.295-296) ;

–          à la personnalisation du travail et du capital (« le travail demanderait des comptes au capital », l.291) et à la diabolisation de ce dernier (« cette idole monstrueuse, gorgée de chair humaine », l. 296 [c’est l’image de Moloch, ou celle du Minotaure, qui apparaît ici].

 

Les deux discours s’opposent donc par leur stratégie argumentative.

 

 

c)       Définir l’effet du passage au discours direct à la fin de l’extrait.

Le passage au discours direct à la fin de l’extrait a pour effet de nous montrer, grâce au jeu des pronoms personnels la communion entre Étienne et les mineurs :

–          les mineurs apparaissent comme une entité unique (désignée par le pronom personnel « vous », l. 304) dotée d’une volonté propre (« votre décision », l. 304) ;

–          puis Étienne et eux sont présentés comme formant une entité unique (désignée par le pronom personnel « nous », l. 312) dotée d’une volonté unique ((«  nous sommes tous d’accord », l. 313-314).

En outre, l’utilisation du discours direct permet de faire ressortir la spontanéité de l’adhésion de la foule des ouvriers à la thèse de l’orateur, qui s’exprime sous la forme d’exclamations (« Oui ! oui ! », l. 306 ; « Mort aux lâches ! », l. 310).

 

 

d)      Recherchez les éléments du discours d’Étienne que la voix narrative reprend à son compte dans le roman.  

Le discours d’Étienne est rapporté de trois façons différentes :

–          deux passages sont au discours direct (de la ligne 263 à la ligne 265 et de la ligne 304 à la ligne 314.) ;

–          un passage utilise le discours narrativisé (de la ligne 266 à la ligne 280.

–          un passage est au discours indirect libre, de la ligne 280 à la ligne 296.

 

 Le discours indirect libre implique une polyphonie : la voix du narrateur se mêle à celle du personnage. C’est donc dans ce passage que la voix narrative reprend à son compte ce que dit Étienne.

 

         

 

 

PRÉPARATION À LA LECTURE ANALYTIQUE

 

Question possible le jour de l’oral du bac : « Le discours d’Étienne est-il un discours démagogique ? »

 

Proposition de plan :

 

  1. I.                    La description d’une misère réelle.

a)      Les signes de la misère.

b)      Les causes de la misère.

 

  1. II.                  Une diabolisation de l’adversaire.

a)      Une caste d’exploiteurs inutiles.

b)      Des êtres qui n’appartiennent pas à l’humanité.


Publié le 13 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Questions sur un texte
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CORRIGÉ DES QUESTIONS DE LA SÉANCE 2 SUR GERMINAL

1.       Définir l’effet créé par le chapitre premier de la deuxième partie.

Alors que la première partie nous présente l’univers des mineurs, le chapitre premier de la deuxième partie nous montre l’autre face de la réalité, en nous menant chez une famille de petits capitalistes, qui détiennent une fraction du capital de la mine : les Grégoire.

Dans la première partie du chapitre (l. 1 à 98), ceux-ci (le père, la mère, présentés, ainsi que leur fille) nous sont présentés à l’heure du petit déjeuner. L’auteur nous offre un certain nombre de détails destinés à insister sur le confort et l’oisiveté de leur vie :

–          ils se lèvent tard (« dormant beaucoup, avec passion », l. 13-14) ;

–          ils sont bien nourris (« cela sentait bon la bonne nourriture », l. 38-39) ;

–          ils ont des serviteurs (« outre ces deux femmes, il n’y avait que le cocher », l.30).

Dans la seconde partie, est racontée l’origine de la fortune des Grégoire  et l’histoire de leur couple (l.99 à191).

Dans une troisième partie a lieu la visite d’un cousin de M. Grégoire, Deneulin : alors que les Grégoire sont des rentiers, lui est un entrepreneur et tente de faire marcher sa propre mine, mais, comme il est mauvais gestionnaire, ses affaires ne vont pas bien.

Ce n’est que dans les trois dernières lignes que la Maheude apparaît, et les termes qui les qualifient, elle et les siens montre bien l’opposition des deux univers :

–          « ses petits » (l. 328) [alors que sa mère utilise le terme de « mademoiselle » (l. 21) pour parler de sa fille à la cuisinière] ;

–          « glacés » (l. 328) [alors que la maison est surchauffée (« malgré le calorifère qui chauffait la maison, un feu de houille égayait cette salle », l. 43 et 44)] ;

–          « affamés » (l. 328) [alors que Cécile n’est « jamais assez bien nourrie », l. 86] ;

–          « saisis d’un effarement peureux » (l. 329) [alors que Cécile dort en toute confiance (« elle dormait toujours, sans les sentir près d’elle, leur visage contre le sien », l. 86-87)].

 

 2.       Retrouver dans cet extrait les éléments du contraste ainsi ménagé ; chercher des passages où la voix narrative appuie explicitement ce contraste.

Après une analepse, qui va du début du deuxième chapitre à la ligne 228, dans l’extrait qui va de la ligne229 à 301, nous avons les mêmes éléments de contraste que dans le chapitre précédent :

–          les enfant de l’ouvrière sont qualifiés par des termes dépréciatifs : (« ces enfants pitoyables, avec leurs cheveux de cire, leurs cheveux décolorés, la dégénérescence qui les rapetissait », l.23-24) ;

–          ceux qui ont froid sont opposés à ceux qui ont chaud : la Maheude et les siens, habitués à avoir froid sont « étourdis par la brusque chaleur » (l. 231) ;

–          ceux qui ont faim sont opposés à ceux qui sont rassasiés : chez les Grégoire, même les serviteurs sont bien nourris (« qui n’étaient pas en peine de leur dîner », l. 248-249) alors que les petits Maheu ont « une laideur triste de meurt-de-faim » (l. 289-290) ;

–          ceux qui sont à leur aise sont opposés à ceux qui sont gênés : les Grégoire sont assis et confortablement installés (« qui s’allongeaient dans leurs fauteuils », l. 232-233) alors que les Maheu (à qui on n’a pas proposé de s’asseoir) sont  « très  gênés » (l. 231).

 

Le passage qui va de la ligne 235 à la ligne 246 est au style indirect libre : il mêle la voix du narrateur extra-diégétique (= qui n’appartient à l’univers du roman) à celle des Grégoire : ce passage est polyphonique.

Il en va de même du passage qui va de la ligne 269 à la ligne 275, mais là, c’est la Maheude qui mêle sa voix à celle du narrateur extra-diégétique (comme le prouve l’utilisation du niveau de langue familier (« Fallait quand même », l.274, au lieu de « Il fallait quand même »).

 

 3.       Montrez que ce passage nous fait accéder aux pensées des ouvriers comme à celles des bourgeois.

Ce passage nous fait accéder aux pensées des ouvriers comme à celles des bourgeois grâce :

–          à l’emploi du style indirect libre, qui mêle la voix des personnages à celle du narrateur ;

–          aux termes explicites employés par le narrateur extra-diégétique omniscient pour qualifier :

? la Maheude et ses enfants sont « gênés » (l. 232) : ils ont donc une sorte de honte d’étaler leur misères devant ces gens riches ;

? M. Grégoire est « rêveur » (l. 287) : il ressent une sorte de compassion devant l’air pitoyable des Maheu ;

–          à la spontanéité de certains de leurs propos, qui révèlent leurs préjugés :

? « sept enfants, mais pourquoi, bon Dieu ! » : M. Grégoire pense que les ouvriers sont des êtres irrationnels, incapables de surmonter leurs instincts sexuels et de se reproduire rationnellement, en tenant compte de leurs revenus (l’utilisation du terme « petits » à la ligne 338, au chapitre précédent, à la place de « enfants », allait déjà dans ce sens) ;

? « les mineurs boivent, font des dettes » (l. 300-301) : de nouveau, M. Grégoire montre qu’il considère que les ouvriers sont incapables de réfréner leurs instinct et d’avoir un comportement rationnel.

En fait, il s’agit là de pensées sans originalité : nous avons affaire à des lieux communs, des préjugés.

 

 4.       Montrer en quoi la famille ouvrière et la famille bourgeoise dépeintes ici prennent chacune un caractère universel.

 La famille ouvrière et la famille bourgeoise :

–          ont un comportement stéréotypé : les bourgeois sont protecteurs, condescendants et ont bonne conscience (« leur maison était celle du bon Dieu », l. 237) et les ouvriers sont pleins d’humilité (« très gêné des regards », l. 231) et imprévoyants (« sept enfants », l. 267).

–          ne pensent pas de façon originale, mais reprennent à leur compte les préjugés de leur milieu social (voir réponse à la question précédente).

–           

La famille ouvrière et la famille bourgeoise dépeintes ici prennent donc chacune un caractère universel.

 


Publié le 13 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Questions sur un texte
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Questions sur l’incipit de Germinal (l. 1 à 60, p. 21 et 22).

1.       Montrez comment le récit retarde la présentation du personnage.

Trois aspects du personnage sont présentés dans ce passage : son état-civil, son portrait physique et son statut social.

a)       L’état-civil.

Dans les quatre premiers paragraphes, le personnage est désigné par l’expression « un homme » (l. 2), reprise par « l’homme » (l. 10, 23, et 39) [l’article défini « l’ » remplaçant normalement l’article indéfini « un », du fait de sa valeur anaphorique] : Zola a choisi le terme le plus général possible.

Ce n’est qu’à l’avant-dernière ligne du passage que nous apprenons son nom (« Je me nomme Étienne Lantier », l. 59).

b)       Le portrait physique.

Le corps du personnage n’est nullement décrit. Seuls sont présentés une partie de ses habits (« le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours », l. 11 et 13) et son maigre bagage (un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux) : ces éléments sont très banals, mais ont l’intérêt de montrer la situation précaire du personnage  (il n’a pas de vêtements assez chauds pour la saison et son bagage est bien mince).

c)       Le statut social.

Le statut social du personnage n’est abordé qu’au deuxième paragraphe (« ouvrier sans travail et sans gîte », l. 16 et 17), mais dans des termes vagues et contradictoires : un ouvrier, normalement a un travail et loge quelque part. Ce personnage est donc quelqu’un qui a perdu son statut social, un déclassé.

Ce n’est qu’à la dernière ligne du passage que nous apprenons quel est son métier précis (« Je suis machineur », l. 59) : le fait qu’il s’agisse d’un « machineur », c’est-à-dire, à l’époque, de quelqu’un qui a une forte qualification rend encore plus intrigante sa situation précaire.

 

En conclusion, tout a été fait pour que le personnage soit présenté le plus tard possible. [Il faudra, bien sûr, dans la lecture, linéaire ou analytique, se demander pourquoi.]

 

 2.       Remarquer toutefois qu’on peut parler de narrateur omniscient.

Le point de vue n’est pas externe, puisque nous connaissons certaines pensées d’Étienne Lantier (« une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte », l. 16 et 17).

Il n’est pas non plus interne puisque le narrateur nous apprend des éléments ignorés du personnage (« sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou », l. 19 [il ne peut pas situer la distance des feux à Montsou, puisqu’il est totalement désorienté]).

Nous sommes donc en présence d’un narrateur omniscient.

 

 3.       Relever les éléments qui concourent à montrer que le personnage est désorienté.

Le personnage est désorienté, dans un premier temps parce qu’il est plongé dans l’obscurité (« il ne voyait même pas le sol noir », l. 4 et 5) et n’a aucun repère (« aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel », l. 8).

Ensuite, lorsque des repères s’offrent à lui (« il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant en plein air », l. 19 et 20), il est incapable de les utiliser (« sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort », l. 28 et 29).

 

 4.       Montrer comment la fosse se révèle progressivement à l’observateur.

La fosse apparaît progressivement en se révélant, peu à peu :

–          sous forme d’éléments isolés et dont il est difficile de dire s’ils appartiennent à une même structure (« des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus », l. 19 et 20 ; « un chemin creux », l. 23 ; « une palissade », l. 24 ; « quelque mur de grosses planches », l. 24 ; « un talus d’herbe », l. 25 ; des « pignons confus », l. 26 ; des « toitures basses et uniformes », l. 26 et 27 ; à nouveau « les feux », l. 28) ;

–          puis dans son intégralité, mais sous forme d’une masse amorphe (« une masse lourde, un tas écrasé de constructions », l. 31), d’où émergent des éléments malaisément identifiables (« la silhouette d’une cheminée d’usine », l. 32 ; « cinq ou six lanternes », l. 33 ; « alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques », l. 35).

 

Ce n’est qu’au début du quatrième paragraphe que le personnage se rend compte qu’il s’agit d’une fosse de mine (« alors, l’homme reconnut une fosse », l. 39).

[Cette imprécision à montrer clairement le lieu où arrive Étienne est à mettre en relation avec le retardement de la présentation du personnage et la désorientation de celui-ci. Tous ces éléments renforcent l’opposition entre la fragilité du personnage (qui a froid, qui ne sait où coucher, qui n’a pas de travail et qui ne sait pas ou il est) et la monstruosité de la mine : nous avons là une proie qui se dirige vers un prédateur inhumain.] 

 

5.       Repérer les éléments fantastiques présents dans la description.

Si l’on s’en tient aux seules dénotations, nous avons là uniquement des éléments réalistes : un personnage, égaré et à la recherche d’un travail, arrive à l’entrée d’une mine de charbon, où il espère se faire embaucher.

 

Mais les connotations de plusieurs termes suggèrent un univers démoniaque :

–          l’obscurité totale (« nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre », l. 1 ; « il ne voyait même pas le sol noir », l. 4 et 5) ;

–          l’immensité du paysage (« dix kilomètres de pavés », l. 3 ; « l’immense horizon », l. 5 ; « des lieues de marais », l. 7).

–          le caractère géométrique du paysage (« la plaine rase », l. 1) ; « dix kilomètres de pavé coupant tout droit », l. 3 ; « l’immense horizon plat », l. 5 ; « le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée », l. 8 et 9) ;

–          le froid (« glacées », l. 7 ; « grelottant », l.  11 ; « mains gourdes », l. 15 ; « le froid », l. 17 ; désir douloureux de se chauffer un instant les mains », l. 21 et 22) ;

–          le mélange des quatre éléments primordiaux, qui ramène au chaos d’avant la création du monde, (terre, eau, air, feu [ou absence de feu ? obscurité]) : «  le sol noir », l. 5 [= terre + obscurité] ; « des rafales larges comme sur une mer », l. 6 et 7 [air + eau] ; « des lieues de marais », l. 7 [marais = mélange de terre et d’eau] ; « au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres », l. 9 [eau + terre] ; « trois brasiers brûlant en plein air », l. 19 et 20 [feu + air]) ;

–          l’absence de toute végétation dans la plaine (« terres nues », l. 7 ; « aucune ombre d’arbre », l. 8) ;

–           la gêne et la douleur que subit le personnage (« grelottant », l. 11 ; « le gênait, l. 13 ; « des mains gourdes », l. 15 ; « faisaient saigner », l. 16 ; « besoin douloureux », l. 21) ;

–          la présence insistance d’un feu intense (« trois brasiers », l. 20 ; « les feux reparurent », l. 23 ; « ils brûlaient si haut », l. 29).

 

En outre, la fosse de la mine ressemble à un monstre infernal :

–          du fait de son gigantisme (« tréteaux gigantesques », l. 35 ;

–          de son caractère amorphe (« c’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions », l. 31) ;

–          de la personnification qui en est faite (« de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur », l. 36 et 37).

 

En outre, le narrateur emploie explicitement le terme « apparition fantastique » (l. 35 et 36) pour désigner la fosse.

 

 

6.       Montrer en quoi l’approche de la fosse par Étienne offre un symbole des forces économiques en présence (capital et travail).

Le roman Germinal est aussi une œuvre de propagande, où Zola veut dénoncer la condition misérable des ouvriers, soumis aux conditions imposées par les détenteurs du capital. Nous sommes à l’époque où se développent les idées socialistes (nécessité de l’action organisée dans des structures hiérarchisées) et anarchistes (nécessité de la révolte individuelle, avec possibilité de lutte commune dans des structures non hiérarchisées).

Étienne Lantier, ouvrier sans travail sans argent et sans propriété, symbolise la classe ouvrière (le travail) exploitée, selon l’auteur, par la classe capitaliste (le capital), représentée par la mine.

Les sympathies de l’auteur se devine à la façon dont il représente Étienne, être fragile, faible et souffrant, face à un être monstrueux et diabolique : la lutte qui se développera dans le roman entre les ouvriers et les patrons de la mine est celle du bien contre le mal, des êtres humains contre des êtres sortis de l’enfer.


Publié le 13 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Questions sur un texte
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