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PRINCIPAUX PROCÉDÉS LITTÉRAIRES DANS LE QUATRIÈME EXTRAIT DE GERMINAL (pp.456-457).

     

 

 

I.                     La thématique.

a)       Les forces de la mort.

? Moloch.

Dans La Bible, Moloch est le dieu des Ammonites, qui lui sacrifient leurs premiers-nés, en les jetant dans un brasier.  Ce rite était aussi pratiqué à Carthage, où, dans certaines occasions, grâce aux bras articulés d’une statue de Moloch, on transportait des enfants dans la bouche de l’idole, où un grand feu était allumé. Dans son roman Salammbô, qui se passe à Carthage et est paru en 1862, Gustave Flaubert, que les naturalistes considèrent comme leur maître, met en scène un tel sacrifice.

Dans Le Capital, de Karl Marx, on trouve aussi une comparaison entre le capitalisme  et Moloch : « un autel où des milliers d’hommes sont immolés chaque année au Moloch de la cupidité » (Le Capital, livre 1). Zola, qui a lu, pour préparer son roman, la littérature marxiste, a  trouvé là cette métaphore. 

Évocations dans le texte : « le dieu repu et accroupi » (l. 255), « l’idole monstrueuse » (ll. 355-356), « son tabernacle » (l.356), « le trou maudit » (l. 261).

 

? Le Minotaure.

Le Minotaure, tapi au fond de son labyrinthe, se nourrissait de chair humaine. Comme le dieu carthaginois, il avait une tête de taureau.

Évocations dans le texte : « cet inconnu lointain où les misérables la nourrissaient de leur chair » (ll. 256-257), « le Voreux » (l. 361).

 

? L’Enfer.

L’Enfer est un lieu situé sous terre et ou souffrent les damnés. Pour les démonologues chrétiens, Moloch est un des princes de l’Enfer.

Évocation dans le texte : « au fond de la terre » (l. 338), «  tout l’obscur travail du bagne souterrain » (ll. 341-342), « le grand soupir douloureux » (l. 343).

 

? Le bagne.

À l’époque de Zola, on condamne les criminels à aller au bagne, où une de leurs activités consiste à casser des cailloux. Le bagne, comme l’Enfer, est un lieu de douleur pour ceux qui sont condamnés à y aller. Dans ce texte, les deux sont liés puisque ce « bagne » (l. 341) est « souterrain » (l. 342).      

Évocations dans le texte : « « tout l’obscur travail du bagne souterrain » (ll. 341-342)

 

b)       Les forces de la vie.

? Gaia.

Dans la mythologie grecque, Gaia (appelée aussi Gé), est la Terre-Mère, une déesse très ancienne et extrêmement prolifique.

Évocations dans le texte : «  la terre qui enfantait » (l. 375) et toute la métaphore filée qui suit (voir infra).

 

? Le soleil.

                Le soleil apporte la joie par sa lumière et féconde la terre par sa chaleur.

Évocations dans le texte : « dans le soleil clair » (l. 335-336), « qui riaient à la lumière » (l. 341), « l’air transparent du matin » (l. 365), « le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait » (l. 374-375), « travaillées d’un besoin de chaleur et de lumière » (l. 379), Aux rayons enflammés de l’astre » (l. 383).

 

II.                    Le cadre spatio-temporel.

? Le cadre temporel.

Nous sommes le matin (« l’air transparent du matin » (l. 365)  d’un jour du mois d’avril (« le soleil d’avril », l. 374-375).

? Le cadre spatial.

Comme au début du roman, nous sommes dans la plaine, non loin de Montsou et du Voreux.

Ce texte joue essentiellement sur une opposition verticale entre :

? la surface de la terre, (espace du dessus), qui s’étend horizontalement dans toutes les directions  : « à gauche » (l. 334), « À droite » (l. 360), « en face »  (l. ll. 360-361), « vers le nord » (l. 364) ;

? le sous-sol (espace du dessous)  ), qui s’étend :

–          non seulement horizontalement : « sous les champs, les routes, les villages » (ll. 341-342), « à gauche, à droite, plus loin », (ll. 372-373) ;

–          mais aussi verticalement, dans un mouvement ascensionnel : « comme s’ils se fussent rapprochés du sol » (l. 382),

« dont la germination allait faire bientôt éclater la terre » (l. 387).

 

  

III.                  La perception sensorielle.

Deux des cinq sens d’Étienne  sont sollicités :

–          la vue pour ce qui concerne le monde de la surface : « il voyait » (l. 336), « la lumière » (l. 341), « l’air transparent du matin » (l.365), ) ;

–          l’ouïe pour ce qui concerne le monde souterrain : « le travail grondait » (l. 337), « tapaient » (l. 339), « un coup, et un coup encore, et des coups toujours » (ll.339-340), « le grand soupir douloureux » (l. 343), « les coups profonds, les coups obstinés » (ll. 368) ; « il les entendait » (l. 369-370), « dont le souffle montait si rauque » (ll. 371-372), « le ronflement du ventilateur » (l. 372), « les camarades tapaient » (ll. 382-383), « rumeur » (l. 384.

 

IV.                 Les figures de style.

a)       Les figures d’insistance.

? La répétition.

–          « encore, encore » (l. 381).

–          « un coup, et un coup encore, et des coups toujours » (ll.339-340).

? L’accumulation.

–          « sous les champs, les routes, les villages » (ll. 340-341).

–          « des câbles coupés, des rails arrachés, des lampes cassées (l. 345).

–          « la Victoire, Saint-Thomas, Feutry-Cantel » (l.263).

–          « à gauche, à droite, plus loin » (ll. 372-373).

–          « les blés, les haies vives, les jeunes arbres » (ll. 373-374).

–          « Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes » (ll. 376-377).

? La gradation croissante.

–           « se gonflaient, s’allongeaient, gerçaient la plaine » (l. 378).

–          « encore, encore, de plus en plus distinctement » (ll.381-382).

? L’anaphore.

– « les coups profonds, les coups obstinés » (l. 368).

? Le chiasme.

–          « les champs, les routes, les villages, qui riaient à la lumière : tout l’obscur  travail du bagne souterrain » (l. 341-342).

? L’hyperbole.

–          « monstrueuse » (l. 356).

 

 

b)       Les figures d’équivalence reposant sur l’analogie..

? La comparaison.

–          « comme s’ils se fussent rapprochés du sol » (l. 382).

? La métaphore.

–          « sa raison mûrissait » (l. 348) ;

–          « il avait jeté la gourme de ses rancunes » (ll. 348-349). [La gourme est une inflammation des fosses nasales du jeune cheval : quand le poulain a grandi et que celle-ci a disparu, on dit qu’il a « jeté sa gourme ».]

–          « s’enrégimentait » (l. 350).

–          « une armée noire (l.  385).

? La métaphore filée.

De la ligne 374, nous avons une métaphore filée qui nous représente l’explosion printanière de la vie, avec la  terre qui est comme une mère universelle en train d’enfanter : « Maintenant, en plein ciel, le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait » (ll. 374-375), du flanc nourricier (l. 376) jaillissait la vie (l. 376), les bourgeons crevaient en feuilles vertes (l. 376-377),  les champs tressaillaient de la poussée des herbes  (l.376). De toutes parts, des graines se gonflaient, s’allongeaient, gerçaient la plaine (377-378), travaillées d’un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève  (l.379-380) coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes  (l. 380) s’épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus distinctement,  comme s’ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l’astre, par cette matinée de jeunesse  (l. 384), c’était de dette rumeur que la campagne était grosse (l. 384). Des hommes poussaient (l. 385), une armée noire, vengeresse, qui germait (l. 385) lentement dans les sillons  (l. 386), grandissant (l. 386) pour les récoltes (l. 386) des siècles futurs, et dont la germination (l. 387) allait faire bientôt éclater la terre.

? La personnification.

–          « la terre qui enfantait » (l. 375) ;

–          «  Un débordement de sève  coulait avec des voix chuchotantes » (ll.379-380).

–          « le bruit des germes s’épandait en un grand baiser » (l. 381).

–          « la campagne était grosse »  (l.384). [ « grosse » = « enceinte »].  

? l’animalisation.

– « Le dieu repu et accroupi en crèverait sur l’heure » (l. 355).

 

c)       Les figures d’opposition.

? L’antithèse.

–          « des millions de travailleurs en face de quelques milliers de fainéants » (l. 353). [Double antithèse.]

–          « les champs, les routes, les villages, qui riaient à la lumière : tout l’obscur  travail du bagne souterrain » (l. 341-342).

 

 

  1. V.                   Structure du récit.

a)       Les analepses (= flash-back).

–          « Il se rappela, il y avait empêché la bande de se ruer sur Gaston-Marie » (ll. 334-335).

 

 

b)       Les prolepses.

Les prolepses donnent à ce passage un ton prophétique.

–          « Vaguement, il devinait que la légalité, un jour, pouvait être plus terrible » [Cette prolepse est modalisée par le verbe « pouvait », qui indique la possibilité : il ne s’agit donc que d’un futur possible.]

–          « ce serait le grand coup : s’enrégimenter tranquillement, se connaître, se réunir en syndicats, lorsque les lois le permettraient ; puis, le matin où l’on se trouverait des millions de travailleurs en face de quelques milliers de fainéants, prendre le pouvoir et être les maîtres. Ah ! quel réveil de vérité et de justice ! Le dieu repu et accroupi en crèverait sur l’heure, l’idole monstrueuse, cachée au fond de son tabernacle, dans cet inconnu lointain où les misérables le nourrissaient de leur chair, sans l’avoir jamais vue » (ll.  350 à 358). 

–          « dont la germination allait faire bientôt éclater la terre » (l.387).

 

 

 

VI.                 Les procédés grammaticaux.

 

a)       Progression thématique.

?  Du début à la ligne 374, la progression thématique dominante dans ce texte est une progression à thème constant : « Étienne » (ll. 334 et 379), repris par le pronom personnel « il » (ll. 334 [deux fois], 336, 338, 344, 347, 348, 360, 361, 365, 366[deux fois],  369 et 373).

?  De la ligne 375 à la fin, nous avons une progression à thème éclaté, dont l’hyperthème est le jaillissement universel de la vie ( « la terre qui enfantait », l. 375), dont on reprend  des aspects : « flan nourricier » (ll. 375-376), « les bourgeons » (l. 376), « les champs » (l. 376), « des graines » (l. 378), « un débordement de sève » (ll. 379-380), « le bruit des germes » (l. 380), « la campagne » (l. 384), « la germination ».

b)       Le discours rapporté.

Aucune parole n’est rapportée dans ce passage, mais on y rapporte les pensées d’Étienne.

?   Le discours direct.

.Aucun propos n’est rapporté au discours direct.

?  Le discours indirect.

–          « il songeait à présent que la violence peut-être ne hâtait pas les choses » (l. 344).

–          « Vaguement, il devinait que la légalité, un jour, pourrait être plus terrible » (ll. 347-348).

?  Le discours indirect libre.

–          « Il se rappela, il y avait empêché la bande de se ruer sur Gaston-Marie » (ll334-335).

–          « Des câbles coupés, des rails arrachés, des lampes cassées, quelle inutile besogne ! Cela valait bien la peine de galoper à trois mille en une bande dévastatrice ! » (ll. 345-347)

–          « Oui, la Maheude le disait bien,  ce serait le grand coup : s’enrégimenter tranquillement, se connaître, se réunir en syndicats, lorsque les lois le permettraient ; puis, le matin où l’on se trouverait des millions de travailleurs en face de quelques milliers de fainéants, prendre le pouvoir et être les maîtres. Ah ! quel réveil de vérité et de justice ! Le dieu repu et accroupi en crèverait sur l’heure, l’idole monstrueuse, cachée au fond de son tabernacle, dans cet inconnu lointain où les misérables le nourrissaient de leur chair, sans l’avoir jamais vue » (ll.  350 à 358). 

?  Le discours narrativisé.

Ile discours narrativisé n’est pas employé dans ce passage.

 

c)       La phrase emphatique.

–          « C’était de cette rumeur que la campagne était grosse » (l. 384).

 

d)       La phrase exclamative.

[Rappel : La phrase exclamative, dans un texte narratif, est un signe de polyphonie : la voix du personnage se mêle à celle du narrateur.]

–          « Des câbles coupés, des rails arrachés, des lampes cassées, quelle inutile besogne ! » (ll. 345-346).

–          « Cela valait bien la peine de galoper à trois mille en une bande dévastatrice ! » (ll. 346-347).

–          « Ah ! quel réveil de vérité et de justice ! » (ll. 354-355).

 

 

 

VII.                Le lexique.

a)       Les principaux champs lexicaux.

? Champ lexicaux de l’Enfer, de la lumière et de la chaleur, et de la naissance (voir, supra, la thématique et la métaphore filée).

 

b)       Les noms propres.

Zola choisit souvent des noms propres évocateurs :  les bourgeois habitent à « Montsou »  (l. 360) [= « mon sou »], alors que les ouvriers travaillent au « Voreux »  (=[« le dévoreur »]

 

c)       La valeur des mots.

? Les termes connotés péjorativement : « bagne » (l. 340), «crèverait » (l. 355), « idole monstrueuse » (l. 355-356), « décombres » (l. 361), « maudit » (l. 361).

 

d)       Les niveaux de langue (= registres de langue).

? Niveau familier : «  crèverait » (l. 355).


Publié le 5 mars 2010 par 20092010faurelettres1es3 dans Non classé

Lecture analytique de l’Ode à Cassandre

          

 

 

Question : Dans quel dessein Ronsard a-t-il écrit ce texte ?

[La question a été choisie la plus générale possible, de façon à ce que vous puissiez éventuellement réutiliser des éléments de réponse. Mais attention ! il ne faudra pas apprendre le plan par cœur et le réutiliser tel quel le jour de l’oral : il faudra, ce jour-là, tenir compte de la spécificité de la question qui vous sera posée par l’examinateur.[

 

 

INTRODUCTION

a) Présentation de l’auteur, de l’œuvre d’où est tiré le texte étudié, et du contexte littéraire, culturel et politique.

b) Situation de l’extrait dans l’œuvre.

c) Problématique (définie en fonction de la question posée).

d) Annonce du plan du développement.

 

 

 

DÉVELOPPEMENT

I.                    Un poème lyrique.

                         A.      Un poème …

                                 1.       Les éléments métriques.

                                                       a)      Les vers. [Octosyllabes. Vers isométriques.]

                                                       b)      Les strophes.  [Sizains, structure des vers, même nombre de vers, ode].

                                    2.       Les figures de son. [Rimes, allitérations, assonances.]

                                     3.       Le lexique. [Utilisation de termes fortement connotés, graphies particulières.]

                                     4.       Les constructions grammaticales. [Antéposition du complément d’objet ; antéposition du complément de l’adjectif.]

                         B.      … lyrique.

                                       1.       Présence de l’énonciateur. [Phrase impérative à la première personne, émotion de l’énonciateur].

                                       2.       Invocation du destinataire. [Apostrophes, phrases impératives à la deuxième personne.]

                                      3.       Thèmes lyriques. [Amour, tristesse, beauté de la nature.]

 

II.                  Une méditation sur la vie et sur la mort.

                         A.      La vie. [Champs lexicaux, valeur des mots.]

                         B.      La mort. [Champs lexicaux, valeur des mots.]

 

 

III.                Un texte argumentatif.

                          A.      Une incitation au dévergondage. [Il s’agit de persuader une jeune personne d’accorder ses faveurs.]

                          B.      Un raisonnement par analogie. [Comparaisons, métaphores, connecteurs.]

 

 

 

 

CONCLUSION

a)      Rappel de la démarche.

b)      Conclusion proprement dite (= réponse à la problématique).

c)       Élargissement des perspectives.


Publié le 5 mars 2010 par 20092010faurelettres1es3 dans Non classé

LECTURE LINÉAIRE DE L’ODE À CASSANDRE

 

 

INTRODUCTION  [à compléter]

 

 

a)       Présentation de l’auteur et du texte d’où est tiré l’extrait.

 

 

b)       Situation  et présentation de l’extrait.

 

 

c)       Idée directrice du texte.

 

 

d)       Plan du poème.

 

 

 

 

 

 

ÉTUDE DU TEXTE

 

 

I.                     Strophe 1.

 

a)       La situation d’énonciation (v. 1).

La première commence par une invocation : la destinataire est interpellée à l’aide d’une apostrophe (« Mignonne, v. 1, qui est un nom commun à valeur méliorative.

Nous apprenons, par ce mot que la destinataire est :

– un être humain (l’adjectif « mignon » possède le trait lexical humain, et ne s’applique pratiquement jamais à une chose, et rarement à un animal) ;

– de sexe féminin, puisque cet adjectif substantivé (= employé comme nom) est du genre grammatical féminin ;

– très vraisemblablement jeune et jolie, du fait des connotations habituelles de « mignonne ».

 

La présence de l’énonciateur est marquée par l’utilisation de la première personne du pluriel (« allons », v. 1), qui unit le « je » de l’énonciateur au « tu » de la destinataire.

 

Le sens sollicité est celui de la vue (« voir », v. 1).

 

L’action envisagée (« allons voir », v. 1) porte sur une vérification destinée à donner une réponse à une question formulée au discours indirect (la proposition interrogative indirecte « si la rose, / Qui ce matin avait déclose / Sa robe de pourpre de pourpre au soleil / A point perdu cette vêprée, / Les plis de sa robe pourprée, / Et son teint au vôtre pareil » vv. 1 à 6.

 

Dans les vers 3 à 5, la brièveté de la vie de la rose est marquée par  l’emploi des déterminants possessifs « ce » (v. 2)  et « cette » (v. 3), qui indiquent la proximité des moments du jours envisagés avec le moment de l’énonciation : tout se passe dans le même jour.

 

b)       Brièveté de la vie (vv.  2 à 4).

L’hypothèse envisagée par la proposition interrogative indirecte (la brièveté de la vie de la rose) semble tellement devoir être vérifiée (car le mot « rose » connote la fragilité) que nous pouvons considérer que nous avons une question oratoire.

 

L’idée du caractère éphémère [étymologiquement, éphémère veut dire « qui ne dure qu’un jour »] de la rose, est renforcée par l’antithèse « matin » (v. 2) / « vêprée » (v. 4).

 

c)       La métaphore vestimentaire (vv. 3 et 5).

Au vers 3 commence la métaphore qui humanise la rose, dont la vie brève représenté la brièveté de la vie humaine : les pétales ouverts (« Qui, ce matin, avait déclose », v. 2)  de la rose sont une robe de femme.

La couleur de la rose est le rouge, couleur qui connote la passion amoureuse : corrélé avec l’apostrophe « Mignonne », dont les connotations ont déjà, été évoquées, ce point laisse penser que l’énonciateur éprouve un sentiment amoureux pour la destinataire.

La métaphore est filée au vers 5, ce qui renforce les connotations de beauté et de passion amoureuse.

 

d)       Identification  de « mignonne »  et de la rose (v. 6).

Aux sixième vers (le dernier de la première strophe),  le lien (jusque là implicite) est établi explicitement entre « mignonne » et la rose à l’aide d’une comparaison : « son teint [comparé] au vôtre [comparant] pareil [terme de comparaison].

 

II.                    Strophe 2.

a)       Une tonalité pathétique.

La deuxième strophe commence par l’interjection « Las ! » (v. 7, qui veut dire « hélas ! » : Nous sommes tout de suite plongé dans le registre pathétique (= expression de la souffrance, avec un mélange de compassion et d’attendrissement).

 

L’emploi de la deuxième du pluriel de l’impératif (« Voyez », v. 7) :

– rend plus proche à « mignonne » la déchéance de la rose, grâce à la valeur injonctive de ce temps, qui implique celle-ci directement ;

– montre que, malgré l’emploi à nouveau du terme « mignonne » (v. 8), qui laisse supposer une certaine familiarité, une distance assez importante demeure entre eux puisqu’il la vouvoie.

 

La répétition, à deux nouvelles reprises de l’interjection « las ! » (v. 9) :

– renforce le caractère pathétique de la scène ;

– insiste sur la subjectivité de l’énonciateur, qui manifeste ainsi vivement son émotion.

 

Au vers 9, l’utilisation d’une licence poétique – l’antéposition du complément d’objet direct  « ses beautés » (v.  9) – permet, en rejetant le verbe « choir » (v. 9) à la rime (= la fin du vers), de mettre en valeur ce terme connoté péjorativement.

 

 

b)       Une nature « dénaturée ».

Au vers 10, la nature est personnifiée, comme le montrent :

–  l’emploi d’une majuscule à l’initiale (« Nature », v. 10) ;

– l’interpellation de celle-ci sous forme d’apostrophe « marâtre Nature » (v. 10), renforcée par l’interjection « ô » (v. 10), caractéristique de la poésie lyrique ;

– l’emploi, pour qualifier la nature du terme « marâtre » (v. 10) qui présente le trait lexical humain (= ne peut être utilisé que pour parler d’un être humain).

Mais elle apparaît à contre-emploi. Dans un poème lyrique (c’est le cas ici, puisque, dans la première strophe, nous avons la présence d’une des formes de lyrisme, qui est celui de l’admiration devant la beauté de la nature, représentée ici par la rose), la nature est valorisée. Or l’emploi du terme péjoratif « marâtre » (= « mauvaise mère ») la dévalorise..

 

 

c)       Rappel du caractère éphémère de la vie.

Dans les deux derniers vers de la deuxième strophe, la raison de l’emploi de « marâtre » est explicitée à l’aide d’une proposition subordonnée conjonctive  complément  circonstanciel de cause (= rapport logique de causalité).

Le caractère éphémère  de la vie est à nouveau rappelé, à l’aide :

– de la reprise de l’antithèse « matin » (v. 12) / « soir » (v. 12) [= « vêprée » ;

– de l’utilisation de la négation restrictive « ne dure que ».

 

 

 

 

 

III.                  Strophe 3.

 

a) Un texte argumentatif.

La dernière strophe commence par la conjonction de coordination « donc » (v. 13), qui marque un rapport logique de conséquence : nous voyons donc que cette ode est aussi un texte argumentatif.

 

La personne à qui s’adresse cette argumentation est celle désignée par l’apostrophe « mignonne » (v. 13), qui est répétée une troisième fois. Il s’agit de la persuader puisque l’on utilise un raisonnement sans valeur logique, mais à forte valeur émotionnelle : le raisonnement par analogie, qui repose sur :

–  la métaphore « Cueillez, cueillez votre jeunesse » (« v. 16) ;

– la comparaison « «Comme à cette fleur, la vieillesse / Fera ternir votre beauté » (vv.17-18).

 

 

b) Une stratégis argumentative visant à persuader.

Le caractère émotionnel de la stratégie argumentative de l’énonciateur est renforcé par :

– l’utilisation d’un verbe modalisateur exprimant la croyance (« si me croyez », v. 13) ;

– l’utilisation d’une phrase injonctive à l’impératif ;

– la répétition du verbe (« Cueillez, cueillez » ; v.  16) ;

– l’usage de l’antithèse « jeunesse » (v. 16) / « vieillesse » (v. 17) [les deux mots étant, de plus mis en valeur de par leur position en fin de vers et le fait qu’ils riment] ;

– l’emploi de termes connotés péjorativement (« vieillesse », v. 17 ; « ternir », v. 18), employés dans la prolepse finale (« la vieillesseFera ternir votre beauté », qui s’opposent aux termes connotés méliorativement, employés au moment de l’énonciation (« Tandis que votre âge fleuronne / En sa plus verte nouveauté / Cueillez, cueillez votre jeunesse », vv. 14 à 16)

 

 

 

 

CONCLUSION

Ce texte est à la fois :

– un poème lyrique ;

– une méditation sur la brièveté de la vie ;

— un texte argumentatif.


Publié le 5 mars 2010 par 20092010faurelettres1es3 dans Non classé

PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS DANS L’ODE À CASSANDRE DE RONSARD

      

I.                     Type de texte.

Texte poétique (visée esthétique) et texte argumentatif (on cherche à persuader).

 

 

II.                    Genre littéraire.

? Grand genre : poésie (structure formelle + thématique + tonalité).

? Genre : ode (= poème divisé en strophes semblables par  le nombre de leurs vers et par les mètres  utilisés).

 

 

III.                  Situation d’énonciation.

Un émetteur unique  qui s’implique dans le texte (« allons », v. 1 ; « si vous me croyez », v.  13).

Une destinataire unique (« mignonne », vv. 1, 8 et 13), que l’on essaie de persuader (« si vous me croyez », v. 13).

 

 

IV.                 Thème(s) du texte.

? Thème dominant : La brièveté de la vie humaine.

? Thèmes secondaires :

– émerveillement devant la beauté de la nature ;

– révolte devant le caractère éphémère de la vie ;

– invitation à profiter des joies de la vie.

 

 

V.                   Intertextualité.

? Sources : L’ode du poète latin Horace À Leuconoé, où est énoncée la célèbre formule « carpe diem » (= « cueille le jour », c’est-à-dire « profite du moment qui passe »).

? Relations avec d’autres œuvres de l’auteur : Un autre poème célèbre de Ronsard, Quand vous serez bien vieille,  utilise le même thème.

? Œuvres  connues influencées par l’Ode à Cassandre :

Stances à Marquise, de Pierre Corneille.

Remords posthume, de Charles Baudelaire.

Si tu t’imagines, de Raymond Queneau.

VI.                 Les figures de style.

a)       Les figures d’équivalence.

? Comparaison : « son teint [comparé] au vôtre [comparant] pareil [outil comparatif] » (v. 6) ;

? Métaphore : « Sa robe [comparant] de pourpre » (v. 3) [Le comparé (les pétales rouges  de la rose) est sous-entendu : nous avons donc une métaphore in absentia].

? Métaphore filée : «  Tandis que votre âge fleuronne / En sa plus verte nouveauté, / Cueillez, cueillez votre jeunesse » (vv.  14 à 16).

? Personnification : « marâtre Nature » (v. 10)

 

b)       Les figures d’opposition.

? Antithèse :

– « ce matin » (v. 2) / « cette vêprée » (v.  4).

 

c)       Les figures d’insistance.

? Répétition : « mignonne » (vv. 1, 8 et 13) ; « Las ! » (vv. 7 et 9).

 

 

VII.                Les figures de son.

a)       Les allitérations.

? Allitération en liquides (= r et l) :

– «  pourpre au soleil, / A point perdu, cette vêprée, / Les plis de sa robe pourprée, / Et son teint au vôtre pareil » (vv. 1 à  6).

? Allitération en p :

– « Mignonne, allons voir si la rose / Qui, ce matin, avait déclose / Sa robe de pourpre au soleil, / A point perdu, cette vêprée, / Les plis de sa robe pourprée, / Et son teint au vôtre pareil  /  Las !  Voyez comme en peu d’espace, / Mignonne, elle a, dessus la place, / Las ! Las ! ses beautés laissé choir ! Ô vraiment marâtre Nature, / Puisqu’une telle fleur ne dure / Que du matin jusques au soir ! / Donc, si vous me croyez, mignonne, / Tandis que votre âge fleuronne / En sa plus verte nouveauté, / Cueillez, cueillez votre jeunesse / / Comme à cette fleur, la vieillesse / Fera ternir votre beauté » (cette allitération court sur le texte tout entier).

? Allitération en s :

–  Las ! Las ! ses beautés laissé choir !

 

b)       Les assonances.

Assonance en o : «  Mignonne, allons voir si la rose / Qui, ce matin, avait déclose / Sa robe de pourpre au soleil 

 

 

VIII.              Les procédés métriques et les licences poétiques.

a)       Procédés métriques.

? Ce poème est isométrique : il n’y a que des octosyllabes.

? Mise en valeur de mots situés  à la rime :  

–  les termes de l’antithèse « jeunesse » (v. 16) / « vieillesse » (v. 17) sont situés à la rime ;

–  « choir » (v. 9)  rime avec « soir » (v. 12) : or le mot « soir » connote l’idée de chute, puisqu’on dit couramment que « la nuit tombe ».

 

b)       Licences poétiques.

? Graphies spéciales : « jusques » (v. 12) ;

? Antéposition du complément d’objet direct : « ses beautés laissé choir » (v. 9).  

? Antéposition du complément de l’adjectif : « au vôtre pareil » (v. 6).

 

 

IX.                  Les procédés grammaticaux.

? Phrase injonctive à l’impératif : « allons » (v. 1) ; « Voyez » (v.  7) ; « Cueillez, cueillez » (v. 16).

? Apostrophe :

– Apostrophe simple : « Mignonne » (deux occurrences : v. 1 et 8).

– Apostrophe renforcée par l’interjection « ô » : « Ô vraiment marâtre Nature » (v. 10).

? La tournure interro-négative, même employée au discours indirect, comme c’est le cas ici (« si la rose […] a point perdu » […]  pareil », vv. 1 à 6), laisse attendre une réponse affirmative : il s’agit d’une fausse question, et donc d’une question oratoire  (ou question rhétorique).       

 

 

X.                   Le lexique.

a)       Termes  et constructions usités au seizième siècle, mais tombés en désuétude aujourd’hui :

« avait déclose » (v. 2) = « avait ouvert » ;

– « vêprée » (v. 3) = « soir » ;

–  « dessus » (v. 8) = « sur » [aujourd’hui, « dessus » ne peut s’employer comme préposition que dans la langue familière] ;

– « las » (v. 7 et 9) = « hélas ! » ;

– « fleuronne » (v. 14) = « est en fleur ».

 

b)       Termes mélioratifs : « mignonne » (trois occurrences : v. 1, v. 8 et 13) ; « pourpre » (v. 3) [la pourpre était la 

couleur des vêtements de personnages importants de l’État dans l’Antiquité] ; « pourprée » (v. 5) ; « beautés » (v. 9) ;  « verte nouveauté » (v. 15) ; « beauté » (v. 18). 

 

c)       Termes péjoratifs : « marâtre » (v. 10) ; « ternir » (v. 18).

 

d)       Principaux champs lexicaux.

? Champ lexical de la végétation : « rose » (v. 1) ; « fleur » (vv. 11 et 17) ; « Nature » (v. 10) ; « fleuronne » (v. 14) ; « verte » (v. 15) ; « Cueillez, cueillez » (v. 16).

? Champ lexical du temps : « matin » (v. 2) ; « vêprée » (v. 4) ; « espace » (v. 7) [il s’agit ici d’un « espace de temps »] ; « dure » (v. 11) ; « matin » (v. 12) ; « soir » (v. 12), « âge » (v. 14) ; « nouveauté » (v. 15) ; « jeunesse » (v. 16) ; « vieillesse » (v. 17).

? Champ lexical du déclin : « perdu » (v. 4) ; « vêprée » (v. 4) ; « choir » (v. 15) ; « vieillesse » (v.  17) ; « ternir » (v. 18).

 

e)       Autres connotations.

– L’énonciateur utilise le terme « mignonne »  (trois occurrences : v. 1, v. 8 et 13)  pour interpeller la destinataire de ce poème, ce qui laisse supposer une certaine familiarité ; mais il n’est pas assez intime avec elle pour la tutoyer et doit employer un pluriel de politesse (« si vous me croyez », v. 13), qui marque une certaine distance. Il n’y a donc pas encore d’intimité amoureuse entre eux.

– La rose rouge (« robe de pourpre », v. 3), à l’époque de Ronsard  comme à la nôtre, symbolise l’amour passionné.

 

 

XI.                  Les registres littéraires [= les tonalités].

? Le registre lyrique :

– présence directe (« allons », v. 1 ; « si vous me croyez », v.  13) ou indirecte du narrateur (utilisation de termes mélioratifs ou péjoratifs, par lesquels il exprime sa subjectivité).

– invocation du destinataire (voir la rubrique  apostrophe) ;

– thème de la beauté de la nature (« une telle fleur », v. 11) ;

– procédés de style traduisant l’émotion du locuteur (apostrophe, exclamation).

 

 

XII.                Les outils de l’argumentation.

a)       Les arguments.

? Argument par analogie : Ce qui est arrivé à la fleur va arriver à la jeune femme (« Comme à cette fleur, la vieillesse / Fera ternir votre beauté », vv.  17-18).

 

b)       Les types de raisonnement.

? Raisonnement par analogie [d’un point de vue purement logique, le raisonnement par analogie n’a aucune valeur : il ne peut donc être utilisé pour convaincre ; en revanche, du point de vue psychologique, il est assez efficace : il sert donc à persuader] :

–    exemple, servant de support au raisonnement par analogie : la rose perd  très vite sa beauté (« une telle fleur ne dure  / Que du matin jusques au soir », vv.  11-12) ;

–    lien logique exprimant la relation  « logique » de comparaison : « comme » (v.  17) ;

–    thèse explicite : la jeune femme (« Mignonne », v. 1) doit profiter de sa jeunesse car elle va passer (« la vieillesse / Fera ternir votre beauté » (vv.  17-18) ;

–    thèse sous-jacente (= implicite) : la jeune femme doit accorder son amour et ses faveurs au poète avant qu’elle ne soit vieille et qu’il ne s’intéresse plus à elle car elle ne sera plus belle.


Publié le 5 mars 2010 par 20092010faurelettres1es3 dans Non classé

PROCÉDÉS LITTÉRAIRES UTILISÉS DANS LE SONNET VIII (JE VIS, JE MEURS), DE LOUISE LABÉ

     

 

I.                     Type de texte.

? Texte poétique.

 

II.                    Genre littéraire.

? Grand genre : poésie.

? Genre : sonnet.

III.                  Situation d’énonciation.

a) Locuteur et destinataire.

Locuteur : Forte présence du locuteur, marquée par la forte présence des pronoms personnes et des déterminants de la première personne du singulier. Mais ce locuteur est anonyme (aucun indice, dans le texte, ne permet de deviner l’identité de l’énonciateur, ni de dire si c’est un homme ou une femme).

Destinataire : Aucun indice, dans le texte, ne permet d’identifier un destinataire.

IV.                 Thème(s) du texte.

Les tourments causés par l’amour.

V.                   Les figures de style.

a)  Les figures d’insistance.

? Anaphore : « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie, /  J’ai chaud extrême en endurant froidure » (vv. 1-2).

? Hyperbole : « je meurs » (v. 1) ; « je me brûle » (v. 1) ; « me noie » (v. 1) ; « chaud extrême », v. 2 ; « trop molle », v.3 ; « trop dure », v. 3 ; « grief tourment », v.6 ; « je sèche » (v. 8) ; « je verdoie » (v. 8).

 

b)              Les figures d’opposition.

? Antithèse : « Je vis » (v. 1) / «  je meurs » (v. 1) ; « je me brûle » (v. 1)  / « me noie » (v. 1) ; « chaud extrême » (v. 2) / « froidure » (v. 2) ; « trop molle » (v. 3) / « trop dure » (v. 3) ; « grands ennuis » (v. 4) / « joie » (v. 4) ; « je ris » (v. 5) / « je larmoie (v. 5) ;  « plaisir » (v. 6) / « tourment » (v. 6) / « s’en va » (v. 7) / « à jamais il  dure » (v. 7) ; « je sèche » (v. 8) / « je verdoie (v. 8) ; « plus de douleur » (v. 10) / « hors de peine » (v. 11) ; « joie » (v. 12) / « malheur » (v. 14).

 

c)  Les figures d’équivalence.

? Métaphore : « je meurs » (v. 1) ; « je me brûle » (v. 1) ; « me noie » (v. 1) ; « je sèche » (v. 8) ; « je verdoie » (v. 8).

? Personnification : « Amour » (v. 9)

 

 

VI.                 Les figures de son.

? Allitérations en r et, d’une façon plus générale en liquides (r + l), dans tout le texte : « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. / J’ai chaud extrême en endurant froidure : / J’ai grands ennuis entremêlés de joie : / Tout à un coup je ris et je larmoie, / Et en plaisir maint grief tourment j’endure : / Mon bien s’en va, et à jamais il dure : / Tout en un coup je sèche et je verdoie. / Ainsi Amour inconstamment me mène : / Et quand je pense avoir plus de douleur, / Sans y penser je me trouve hors de peine. / Puis quand je crois ma joie être certaine, Et être au haut de mon désiré heur, il me remet en mon premier malheur. ».

? Allitérations et assonances  en nasales (consonnes et voyelles prononcées avec un passage de l’air non seulement par le nez, mais aussi par le nez : m + n + an + en + ain + un + on + in), et plus spécialement en et en an en, dans tout le texte :

–  « Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. / J’ai chaud extrême en endurant froidure : / J’ai grands ennuis entremêlés de joie : / Tout à un coup je ris et je larmoie, / Et en plaisir maint grief tourment j’endure : / Mon bien s’en va, et à jamais il dure : / Tout en un coup je sèche et je verdoie. / Ainsi Amour inconstamment me mène : / Et quand je pense avoir plus de douleur, / Sans y penser je me trouve hors de peine. / Puis quand je crois ma joie être certaine, Et être au haut de mon désiré heur, il me remet en mon premier malheur ».

 

 

VII.                Les procédés métriques et les licences poétiques.

a) Structure du poème

Ce poème est un sonnet, c’est-à-dire un poème de quatorze vers doté d’une structure de rimes particulière.

Au seizième siècle, on écrit généralement le sonnet  en un seul bloc. Mais il est devenu de tradition de l’écrire sous forme de deux quatrains suivis de deux tercets. On peut aussi considérer, compte tenu de la structure des rimes des six derniers vers que l’on a deux quatrains suivis d’un sizain.

.

b) Structure des rimes.

Dans ce sonnet, la structure des rimes est la suivante : abba  abba  cdc cdd

 

c) Type de vers utilisé.

Ce sonnet est écrit en décasyllabes canoniques, composés selon le rythme 4 + 6 (donc en cadence majeure : la mélodie monte dans la première partie, la protase ; elle descend dans la seconde, l’apodose), avec une césure après la quatrième syllabe.

 

VIII.              Les procédés grammaticaux.

 

a) Le jeu des pronoms personnels et des déterminants possessifs de l’énonciation (première et deuxième

personnes).

? Forte présence du pronom personnel de la première personne du singulier, avec :

– treize  occurrences de « je » et de « j’ »  (« Je vis », v. 1 ;  « je meurs, v. 1 ; « je me brûle », v. 1 ; « J’ai »,v. 2 ; « J’ai », v.  4 ; « je ris », v.  5 ; « je larmoie », v.  5 ; « j’endure », v. 6 ; « je sèche », v. 8 ; « je verdoie », v. 8 ; « je pense », v. 10 ; « je me trouve », v. 11 ; « je crois », v. 12) ;

– six  occurrences de « me » ou de « m’ » (« je me brûle », v. 1 ; « me noie », v. 1 ; « m’est », v. 3 ; « me mène », v. 9 ; « je me trouve », v. 11 ; « il me remet », v. 14). 

? Présence du déterminant possessif de la deuxième personne du singulier (« Mon bien », v. 7 ; « ma joie », v. 12 ; « mon premier malheur », v. 14).

? Absence totale des pronoms personnels et des déterminants de la deuxième personne.

 

b) Le rythme de la phrase.

– La subordination n’est pas employée dans les deux quatrains et la coordination entre propositions n’est utilisée que deux fois (dans le deuxième quatrain) : le rythme est donc rapide et traduit la confusion mentale du personnage. Il n’y a pas non plus de mots de liaison.

– Dans les deux tercets, la subordination est employée deux fois (« quand je pense », v. 10 ; « quand je crois », v. 12). En outre, chaque tercet est introduit par un connecteur (« ainsi », v. 9 ; « puis », v. 12).

 

 

IX.                  Le lexique.

a) Mots et constructions qui ont disparu :

– « J’ai grands ennuis » (v. 4) = « J’ai de grands ennuis ».

– « Tout à un coup » (v. 5) = « en même temps ».

– « je larmoie » (v. 5) = « je pleure ».

– « grief » (v. 6) = « grave ».

– « quand je pense avoir plus de douleur » (v. 10) = « quand je pense avoir le plus de douleur ».

– « quand je crois ma joie être certaine » (v. 12) [L’utilisation de la proposition infinitive est un latinisme] = « quand je crois que ma joie est certaine ».

– « heur » (v. 13) = « bonheur ».

 

b) Champs lexicaux :

? Champ lexical de la joie : « Je vis » (v. 1) ; « joie » (v. 4) ; « je ris » (v. 5) ; « plaisir » (v. 6) ;  « à jamais il dure » (v. 7) ; « je verdoie (v. 8) ; « hors de peine » (v. 11) ; « joie » (v. 12) ; « désiré heur » (v. 13).

? Champ lexical de la peine : « je meurs » (v. 1) ; « je me brûle et me noie » (v. 1) ; « J’ai chaud extrême » (v. 2) ; « en endurant froidure » (v. 2) ; « trop molle » (v. 3) ; « trop dure » (v. 3) ; « grands ennuis »  (v. 4) ; « je larmoie » (v. 5) ; « grief tourment » (v. 6) ; « mon bien s’en va » (v. 7) ; »je sèche » (v. 8) ; « douleur » (v. 10) ;

 

 

X.                   Les registres littéraires [= les tonalités].

? Lyrisme amoureux :

–          description des effets de la passion  avec l’évocation des conséquences contradictoires de l’amour (voir les antithèses, supra) ;

–          évocation de l’amour (« Ainsi Amour inconstamment me mène », v. 9) ;

–          forte présence de la subjectivité du locuteur (= expression du moi) : voir, supra,  le jeu des pronoms personnels et des déterminants possessifs de l’énonciation ;

–          champs lexicaux concernant la psychologie et l’affectivité (amour, joie, tristesse). ;

–          figures de style traduisant l’émotion du locuteur (voir les antithèses, supra).


Publié le 5 mars 2010 par 20092010faurelettres1es3 dans Non classé

Travail à faire pour le jeudi 07 janvier 2010.

 

I.   Apporter le travail qui aurait dû être fait la semaine avant les vacances.

II. Répondre aux questions suivantes (voir pp. 474 et 475 du livre).

  1. Expliquer en quoi consiste la métaphore qui achève le roman et montrer comment le thème agricole se mêle au thème minier.
  2. Expliquer  le changement idéologique qui a lieu dans l’esprit d’Étienne.

Publié le 6 janvier 2010 par 20092010faurelettres1es3 dans Non classé

RÈGLES D’UTILISATION DES MAJUSCULES

 

Cette rubrique est évolutive : si elle vous intéresse, consultez-la régulIèrement.

 

CAS OÙ IL FAUT UNE MAJUSCULE

 

? Il faut une majuscule à l’initiale du premier mot d’une phrase.

 

? Il faut une majuscule à l’initiale d’un nom propre.

 

? Il faut une majuscule à l’initiale des noms désignant les habitants d’un lieu.

 

Ex. : un Lormontais, un Anglais.

 

? Il faut une majuscule à l’initiale des noms communs désignant une allégorie.

 

Ex. : la Mort, faucheuse d’hommes

 

 

 

CAS OÙ IL NE FAUT PAS DE MAJUSCULES

 

? Il ne faut pas de majuscule à l’initiale des adjectifs désignant les habitants d’un lieu.

 

Ex. : un lycée lormontais, une bière anglaise


Publié le 18 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Révisions des notions acquises au collège

CHIFFRES ET ABRÉVIATIONS ACCEPTÉS DANS LES DEVOIRS

Normalement, dans un devoir de français, on ne doit trouver ni chiffres ni abréviations. Il existe toutefois quelques exceptions.

 

? Quand on écrit une date, on écrit en chiffres le quantième (= le numéro du jour du mois) et le millésime (le numéro de l’année).

Ex. : vendredi 25 décembre 2009

 

? Les mots monsieur (M., mais surtout pas Mr., qui est l’abréviation de l’anglais Mister), messieurs (MM.), madame (Mme, plutôt que Mme), mesdames (Mmes), mademoiselle (Mlle), et mesdemoiselles (Mlles) peuvent s’abréger lorsque l’on parle d’une personne, mais pas lorsque l’on s’adresse à elle.

 

Ex. : « Avez-vous vu Mme Durand ? »  /  « Bonjour, madame Martin. »

 

? On écrit en chiffres romains :

–          les actes d’une pièce de théâtre (Ex. : l’acte IV du Mariage de Figaro) ;

–          les tomes d’une œuvre littéraire (Ex. : le tome III des œuvres complètes de Rousseau) ;

–          le nombre associé au nom d’un souverain (Ex. : Napoléon III) ;

–          les années du calendrier révolutionnaire (Ex. : les soldats de l’an II).


Publié le 18 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Révisions des notions acquises au collège

FAUTES D’ORTHOGRAPHE LES PLUS FRÉQUENTES

Cette rubrique est évolutive : si elle vous intéresse, consultez-la régulièrement.

 

? Les thermes sont des « établissements de bain » et les termes  des « mots » ou des « expressions ». 

[À l’origine, les thermes étaient des bains chauds. Ce mot vient du grec thermos, qui veut dire « chaleur » (avec la racine grecque thermo, qui vient de ce mot grec, ont été formés les mots composés thermomètre, thermostat, ainsi que, avec l’aide d’un préfixe ou d’un suffixe les mots simples thermique et hypothermie].

 

? On ne confondra pas avoir affaire, qui veut dire « être en relation avec » avec avoir à faire, qui veut dire « avoir du travail ».

 

Ex. : Dans ce récit, nous avons affaire à un narrateur omniscient.

        Avec ce devoir de mathématiques et cette dissertation, j’ai beaucoup à faire.

 

? On ne confondra pas l’adverbe peut-être, qui veut dire « éventuellement » avec peut être (verbe pouvoir + verbe être.

 

Ex. : Demain, il pleuvra peut-être.

        Demain peut être un jour pluvieux.


Publié le 18 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Révisions des notions acquises au collège

NOTIONS DE PONCTUATION

Cette rubrique est évolutive : si elle vous intéresse, consultez-la régulIèrement.

 

ORTHOGRAPHE

? Le nom du signe de ponctuation noté : s’écrit le deux-points.

? Le nom du signe de ponctuation noté ; s’écrit le point-virgule (pluriel : points-virgules).

 

SITUATION

? Le point est toujours situé en fin de phrase.

? La virgule, le point-virgule et le deux-points sont toujours situés à l’intérieur de la phrase.

? Le point d’exclamation et le point d’interrogation sont situés soit en fin de phrase soit à l’intérieur de celle-ci.

            Ex. : Il est, hélas ! trop tard pour aller au cinéma.

 

LECTURE

? Il faut marquer une pause importante lorsque l’on a un point.

? Il faut marquer une pause moyenne lorsque l’on a un point-virgule.

? Il faut marquer une pause courte lorsque l’on a une virgule.

 

CAS OÙ LA VIRGULE EST OBLIGATOIRE

? L’apposition se met entre virgules.[Pour ceux qui n’ont toujours pas compris ce qu’est l’apposition, une leçon figurera bientôt dans ce blog.]

? L’apostrophe se met entre virgules.[Pour ceux qui n’ont toujours pas compris ce qu’est l’apostrophe, une leçon figurera bientôt dans ce blog.]

? La proposition relative explicative se met entre virgules. [Pour ceux qui n’ont toujours pas compris ce qu’est la proposition relative explicative, une leçon figurera bientôt dans ce blog.]

? La proposition incidente se met entre virgules. [Pour ceux qui n’ont toujours pas compris ce qu’est la proposition incidente, une leçon figurera bientôt dans ce blog.]

? Il y a une virgule entre les termes d’une énumération (sauf entre les deux derniers, où il y a une conjonction de coordination).

            Ex. : Dans la corbeille, il y avait des pommes, des poires, des prunes et des raisins.

? Dans les phrases emphatiques qui utilisent le détachement de termes en tête ou en fin de phrase, ceux-ci sont séparés du reste du texte par une virgule.

            Ex. : Ils sont fous, ces Romains !

                    Le meilleur moment de l’année, c’est les vacances.

? Quand, dans une phrase, on a la suite complément circonstanciel + sujet + verbe, le complément circonstanciel et le sujet sont séparés par une virgule.

Ex. : Le matin [complément circonstanciel de temps], les élèves [sujet] doivent prendre un bon petit déjeuner.

 

CAS OÙ TOUT SIGNE DE PONCTUATION EST IMPOSSIBLE

? Quand le sujet est placé immédiatement avant le verbe, toute ponctuation est impossible.

[Toutefois, quand le groupe nominal sujet est très long, surtout s’il contient plusieurs propositions, on tolère la présence d’une virgule entre ce groupe sujet et le verbe.]

? Toute ponctuation est impossible entre le verbe et le complément d’objet (direct ou indirect).

? Toute ponctuation est impossible entre le verbe et l’attribut du sujet.

? Toute ponctuation est impossible entre le nom et le complément de nom.

 

LA PONCTUATION AVEC MAIS

? Quand mais relie deux propositions, il est préférable de le faire précéder par une virgule.

            Ex. : Roland est preux, mais Olivier est sage.

? Quand mais relie deux termes en opposition, la virgule peut être employée pour mettre en valeur cette opposition.

            Ex. : C’est un jeune homme beau, mais très bête.


Publié le 18 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Révisions des notions acquises au collège