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LE SONNET

Un sonnet (de l’italien sonnetto, ou sonetto aujourd’hui) est une forme de poème comportant quatorze vers, dont la répartition typographique peut varier — deux quatrains et deux tercets ou un seul sizain final par exemple — et dont le schéma des rimes varie également, soit librement, soit en suivant des dispositions régulières. La longueur du vers n’est pas fixe en français.

La paternité du sonnet n’est pas connue avec certitude. Il a sans doute été élaboré au sein de ce que l’on appelle « l’école sicilienne », c’est-à-dire la cour de l’empereur Frédéric II (1194 – 1250). On attribue au notaire impérial Giacomo da Lentini l’invention du sonnet, forme dès l’origine non chantée, qui est peut-être une strophe de chanson à la base. La disposition des rimes de ces premiers sonnets est abab abab cde cde/cdc cdc, le mètre est un hendécasyllabe, vers où l’accent tombe sur la dixième syllabe.

Pétrarque le rend célèbre dans ses Canzoniere. Ses sonnets riment sur le modèle abba abba cdc cdc, mais l’on trouve des formes très variées à la même époque ; seule une disposition des tercets en ccd …, c’est-à-dire la création d’un distique au milieu du poème, était prohibée — d’où le paradoxe du sonnet en France qui l’impose systématiquement dans ses deux formes régulières.

Au XVIe siècle, l’École lyonnaise ou Mellin de Saint-Gelais et Clément Marot l’introduisent en France, en l’empruntant à Pétrarque. Dès 1548, il est mentionné dans l’Art poétique français de Thomas Sébillet.

La disposition des rimes de Pétrarque (deux quatrains en abba abba fixes, puis ensuite souvent deux tercets cde cde ou cdc cdc) est modifiée par Marot en abba abba ccd eed, puis par Joachim du Bellay, dans L’Olive, en abba abba ccd ede. Le premier schéma est dit « sonnet italien » (ou « marotique »), le deuxième « sonnet français ». Ces deux modifications du schéma initial forment, dans les faits, deux quatrains suivis d’un distique et encore d’un quatrain (si l’on découpe suivant les rimes, l’on obtient en effet abba abba cc deed/dede), mais la disposition typographique italienne demeure pourtant, peut-être pour, aux quatrains, faire répondre les tercets, ce qui amène un plus grand équilibre sur un plan esthétique.

Ronsard dans ses Amours adopte la disposition marotique des rimes (abba abba ccd eed) mais rajoute une difficulté : l’alternance des rimes féminines et masculines. Il emploie également massivement dans ses sonnets ce qui deviendra le vers par excellence de la langue française : l’alexandrin.

Au XVIIe siècle, les poètes baroques l’apprécient. Par la suite, la poésie classique utilisa beaucoup ce petit poème qui combine une forme fixe et très codifiée avec la nécessité de la concision.

Au XVIIIe siècle, en revanche, suivant en cela le mouvement régressif général de la poésie, il tombe en désuétude, et n’est plus guère utilisé.

Il faut donc attendre le XIXe siècle pour le voir à nouveau employé. D’abord par les romantiques, avec, par exemple, Alfred de Musset, ou Gérard de Nerval (« El Desdichado », par exemple), il est popularisé par les parnassiens (Théophile Gautier ou José-Maria de Heredia), et ensuite employé par les symbolistes. Les grands poètes de la deuxième moitié du XIXe siècle ont pour une majorité d’entre eux utilisé le sonnet, comme Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé… Mais la redécouverte de cette forme poétique s’accompagne d’un abandon progressif des règles imposées. À côté des sonnets réguliers coexistent des sonnets irréguliers, c’est-à-dire ne suivant par les modèles de distribution des rimes ou d’alternance des rimes masculines et féminines.

Au XXe siècle, suivant en cela l’ensemble du mouvement poétique, le sonnet devient de plus en plus original. Les poètes symbolistes français, en particulier Albert Samain, ont élaboré un sonnet pourvu d’un quinzième vers. L’OuLiPo a exploité de nombreuses possibilités, dont les plus audacieuses sont certainement les Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau et la composition de sonnets en prose par Jacques Roubaud.

Pour en savoir plus : lire l’article « sonnet » sur Wikipedia, d’où est tirée la présente leçon.


Publié le 6 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Leçons sur la poésie
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L’ODE

L’ode est un poème divisé en strophes semblables par  le nombre de leurs vers et par les mètres  utilisés.

On distingue :

–          L’ode lyrique ;

–          l’ode héroïque, dont le sujet est noble (souvent on y célèbre un héros) ;

–          l’ode anacréontique (du nom du poète grec Anacréon), qui développe un sujet léger, une sorte de badinage.

 

(Mignonne, allons voir si la rose est une ode lyrique. Pour ce qui est  des exemples d’odes héroïque et anacréontique, reportez-vous à la photocopie délivrée en classe.]


Publié le 6 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Leçons sur la poésie
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NOTIONS ÉLÉMENTAIRES DE MÉTRIQUE

La métrique est la branche des études littéraires qui étudie la façon dont sont composés les poèmes.

I. Les différents types de vers.
Un vers d’une syllabe est un monosyllabe.
Un vers de deux syllabes est un dissyllabe.
Un vers de trois syllabes est un trisyllabe.
Un vers de quatre syllabes est un quadrisyllabe (ou tétrasyllabe).
Un vers de cinq syllabes est un pentasyllabe.
Un vers de six syllabes est un hexasyllabe.
Un vers de sept syllabes est un heptasyllabe.
Un vers de huit syllabes est un octosyllabe.
Un vers de neuf syllabes est un ennéasyllabe.
Un vers de dix syllabes est un décasyllabe.
Un vers de onze syllabes est un hendécasyllabe.
Un vers de douze syllabes est un dodécasyllabe (appelé plus couramment alexandrin).

II. Les différents types de strophes.
Les strophes sont appelées couplets dans les chansons et stances dans les tragédies classiques ou les poèmes religieux.

Une strophe d’un vers est un monostiche.
Une strophe de deux vers est un distique.
Une strophe de trois vers est un tercet.
Une strophe de quatre vers est un quatrain.
Une strophe de cinq vers est un quintil.
Une strophe de six vers est un sizain.
Une strophe de sept vers est un septain.
Une strophe de huit vers est un huitain.
Une strophe de neuf vers est un neuvain.
Une strophe de dix vers est un dizain.
Une strophe de onze vers est un onzain.
Une strophe de douze vers est un douzain.

III. Strophe isométrique et strophe hétérométrique.
Une strophe où est employé un seul mètre (c’est-à-dire un seul type de vers) est appelée isométrique.
Une strophe où sont employés différents mètres est appelée hétérométrique.

IV. Rimes et assonances.
Lorsque, dans deux mots, la dernière voyelle accentuée est suivie d’éléments qui se prononcent différemment, on a une assonance.
Ex. : voiture et cellule

Lorsque, dans deux mots, la dernière voyelle accentuée est suivie d’éléments qui se prononcent de la même façon, on a une rime.
Ex. : voiture et ramure

V. La structure des rimes.
Lorsque les rimes ont la structure AABB, on les appelle rimes plates (ou rimes suivies).
Lorsque les rimes ont la structure ABAB, on les appelle rimes croisées.
Lorsque les rimes ont la structure ABBA, on les appelle rimes embrassées.

VI. Rimes masculines et rimes féminines.
Lorsque le dernier mot d’un vers se termine par un e muet (quelle que soit la façon dont il s’écrit), la rime est féminine ; dans tous les autres cas, elle est masculine.

VII. Rime pauvre et rime riche.
Une rime est pauvre quand elle ne comporte que la dernière voyelle accentuée (et éventuellement ce qui suit).
Elle est riche si elle comporte d’autres éléments devant cette voyelle.

Ex. : cantine et margarine offrent une rime pauvre. [Il n’y a rien de commun devant le i.]
marine et margarine offrent une rime riche. [Il y a un r dans les deux mots devant le i.]

VI Diérèse et synérèse.
Il y a diérèse quand on décompose une syllabe pour en obtenir deux.
Ex. : On prononce li-on au lieu de lion.

Il y a synérèse quand on prononce en une seule syllabe ce qui se prononce normalement en deux.
Ex. : On prononce ou-vrier au lieu de ou-vri-er.

VIII. La césure.
Certains types de vers présentent normalement une coupe qui les décompose en deux parties : la césure. L’absence de celle-ci a généralement un sens qu’il faut comprendre.
Ex. : L’alexandrin a normalement une césure après la sixième syllabe : 6 + 6.
Le décasyllabe a normalement une césure après la quatrième syllabe : 4 + 6.

IX. L’enjambement, le rejet et le contre-rejet.
Il y a enjambement lorsque la phrase ne tient pas dans un seul vers, mais comprend :
– une partie du vers précédent (celle-ci s’appelle alors contre-rejet) ;
– une partie du vers suivant (celle-ci s’appelle alors rejet).


Publié le 6 décembre 2009 par 20092010faurelettres1es3 dans Leçons sur la poésie
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