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bilan-2017

En mai, fais ce qu’il te plaît !

Le bilan de la réforme ?

Déjà, le week-end de l’Ascension ? Déjà la fin du mois de mai ? Dans un mois l’année scolaire est pliée ? Mais, je n’ai pas fini et il faut déjà faire un bilan ?

Quel bilan ? Celui d’une année de réfoooorme du collèèèège !

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Une année super-intense

Avec la mise en place de l’AP, des EPI, du nouveau brevet, je sais pas vous, mais moi, je trouve qu’il n’y a jamais eu autant de réunions. Bonjour l’emploi du temps ! Enfin, un des intérêts de ces grands moments, c’est aussi de réfléchir et de nouer de nouveaux partenariats ! Et le bonheur de rentrer à la maison et de mettre les pieds sous la table. Pas vous ? Alors, cela a du être…

Une année super-fatigante

C’est certain. La réforme du collège, je sais pas vous, mais refaire les cours de tous les niveaux en un an, c’est lourd. Bon, on a un peu triché et resservi quelques plats froids, mais, quand même, une année super-stressante. Vivement la cure de sommeil du mois de juillet. Opération lézard !

Une année super-citoyenne

Je sais pas vous, mais moi, les réflexions des élèves, les débats en salle des profs, j’ai apprécié. J’ai trouvé que c’était bien d’avoir un débat républicain et démocratique. Dire qu’il va falloir attendre cinq ans maintenant !

Une année super-enthousiasmante

Je sais pas vous, mais moi, les EPI, je trouve que c’est… bien.
Bin oui, travailler avec des collègues, combiner les objectifs de plusieurs matières, moi je n’ai pas détesté. En plus, les élèves ont montré qu’ils avaient beaucoup de ressources et d’imagination. N’en déplaise aux Cassandre, le travail sur la responsabilité citoyenne des élèves face aux dispositifs de sécurité et le triangle du feu, je ne trouve pas cela gadget. En plus, j’ai vu des élèves peu intéressés habituellement s’investir dans ces activités. Et moi, je ne suis peut-être pas normal, mais quand un élève se réveille et se met à s’investir dans l’activité proposée, j’aime bien.
Et puis, pour moi, l’acmé 2017, c’est pas l’élection présidentielle, c’est le silence qui a suivi la projection d’un petit film tourné dans la mer Égée. Un EPI sur les réfugiés construit avec le professeur d’EPS. Chorégraphie, rencontre avec des réfugiés, réalisation de vidéos et de cartes animées. Bon, on peut le faire tout seul dans son coin. Pas besoin d’EPI. Mais des élèves qui ont dû réfléchir pour construire une chorégraphie. Essayer d’incarner avec leur corps, dans leur corps, les gestes et le voyage, le danger… Je ne sais pas comment faire avec un tableau statistique, une photo et un article de presse. L’EPI, cela a permis de dégager le temps nécessaire, de savoir aussi, parfois, attendre le déclic. Et voir la réussite de ce que l’on a semé dans la lumière des yeux de certains élèves, cela n’a pas de prix.

 

Une chronique de Philippe Crémieu-Alcan

Commentaires

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pcremieu

Professeur en collège, Docteur en Histoire, spécialiste de la forêt (délinquance) et des mentalités (résistance à la justice), Travaille sur les usages pédagogiques du web 2.0. Anime la classe Médias du collège Dupaty (une classe PEM) Site Perso : miscellanees33.wordpress.com

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  • Tant mieux si votre EPI a apporté de la satisfaction et du plaisir à travailler, à vous et à vos élèves ! Mais rien n’empêchait de mener ce type de projet avant la réforme du collège… Vous avez apparemment bénéficié de bonnes conditions, puisque vous écrivez : « L’EPI, cela a permis de dégager le temps nécessaire, de savoir aussi, parfois, attendre le déclic. » Quand on doit faire l’EPI sur les heures plancher, sans dédoublement, sans co-enseignement, c’est une autre histoire…

  • @Caroline et Bernard : je trouve vos deux réponses complémentaires ! Il me semble aussi que certains collègues se laissent emporter et fabriquent des usines à gaz. C’est chimique et la mayonnaise ne prends pas. Je crois qu’il faut trouver des trucs simples (je parle en connaissance de cause, j’ai fabriqué des projets… Aujourd’hui j’essaierai même pas la moitié !!). Et je suis persuadé qu’un EPI peut rendre sexy même un truc math-physique.

  • Combien de réussites pour combien de crash en vol ? Un petit sondage s’impose peut-être !!??
    Chez nous c’est un échec !
    À part un EPI qui semble avoir plus ou moins fonctionné (attendons tout de même de voir la production finale pour être complètement affirmatif) portée par une équipe très investie et qui a donné beaucoup de son temps perso (pour l’essentiel des jeunes sans obligation familiale) en concertations non rémunérées (en dehors des HS généreusement distribuées, mais pas forcément en toute transparence, par une direction très contente de vendre son collège), et pour des sorties même en dehors des cours le mercredi après-midi. Il s’agissait aussi de recycler un projet sur lqui tournait déjà avant les EPI, dans une forme certes plus légère et plus souple. Tiens, comme chez vous un EPI EPS-HG-Français sur les réfugiés avec spectacle Hip-hop, plus glamour évidemment qu’un projet Maths-PHY-SVT sur la vitesse au volant et la pollution !.
    Pour ma part je crois faire mon boulot avec conscience et sérieux, et la plupart de mes collègues également, mais il faut aussi entendre les difficultés.
    Et moi, et nous tous, sommes des profs normaux qui s’enthousiasment toujours de voir les élèves se réveiller pour une activité motivante comme nous avons toujours voulu et su en fabriquer parce que c’est le cœur de notre métier.
    Pas convaincu donc, vous l’aurez compris, par ce bilan bien indulgent et peut-être un peu partiel, de cette 1ère année d’EPI et plus largement de réforme.

  • Tout à fait d’accord: surtout sur le passage des EPI. Un vrai challenge à la base et un réel bonheur à l’arrivé. Trois projets « topissimes », des enfants parfois sceptiques au départ et pour finir des réalisations époustouflantes…Les enfants sont plein de ressources et d’imagination, ils n’ont jamais si bien réussi que lorsque nous les avons laissé faire. Une exposition sur le parfum qui a bluffé plus d’un parent lors des portes ouvertes, une visite du château de Hoogaert qui a plongé toutes les familles dans l’univers de la sorcellerie et enfin une remontée dans le temps à travers l’évolution des moyens de communication qui a abouti à des oraux blancs vraiment instructifs pour tous, élèves comme professeurs! « Alors l’année prochaine vous faites quoi madame pour travailler sur les compétences? » 😉

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