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La classe mutuelle, l’intelligence collective à l’œuvre !

On a ouvert une classe lab

Dans plusieurs académies, des projets naissent pour penser la classe du futur. Bouleverser l’architecture scolaire pour rendre les élèves vraiment acteurs de leurs apprentissages, tel est l’objectif de classes laboratoires (ou learning lab) apparues récemment. Ces initiatives ont un coût et en attendant, nous pouvons repenser notre espace de travail quotidien pour l’adapter à une pédagogie plus active et motivante pour les élèves.

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Au printemps dernier, nous avons fait acte de candidature pour doter notre collège d’une classe LAB. Dans cet espace laboratoire, il s’agit d’expérimenter de nouvelles postures pour les enseignants et les élèves afin de faciliter la différenciation, les usages du numérique et le travail collaboratif. Dans cette salle de classe de demain, les enseignants pourront faire bénéficier leurs classes des plus-values pédagogiques qu’apportent les tablettes mais pas seulement. Pas besoin de numérique pour créer un environnement de travail propice à une pédagogie plus active. Le mobilier modulable amène de nouvelles postures et crée des espaces de travail différents : ainsi, on peut élaborer des scénarios pédagogiques où l’élève peut s’isoler pour mieux mémoriser, se regrouper pour coopérer ou débattre. Mais cela a un coût et les retours sur l’efficacité pédagogique d’un tel investissement sont encore peu nombreux.

Découvrir la classe mutuelle

De fait, j’ai cherché à intégrer à cette salle laboratoire (puisque notre dossier a bien été retenu) un dispositif qui serait peu coûteux, reproductible dans n’importe quelle salle de classe et efficace. Quelques mois plus tôt, le JT de TF1 (si, si !) m’avait mis la puce à l’oreille en mettant en lumière le principe de la classe mutuelle. L’équipe de tournage qui s’était invitée dans la classe de Vincent Faillet, enseignant de SVT au lycée Dorian (Paris), montrait bien les bénéfices de la classe mutuelle qui propose un espace de compagnonnage où les élèves les plus avancés expliquent à leurs camarades le cours ou le cheminement de résolution d’un exercice. Lieu d’entraide et de coopération, la classe mutuelle demande la constitution d’îlots et l’installation de tableaux blancs (7 dans le reportage). Dans ce dispositif, Vincent Faillet pense sa séance en trois temps :

  • Une séquence conceptuelle (20 minutes) faite par l’enseignant (e.g, cours polycopié, cours dicté,…). La salle est en configuration « mode simultané » ;

  • Une séquence mutuelle (50 minutes) avec reconfiguration de la salle en « mode mutuel » avec des tablées de trois, quatre ou cinq élèves, distribution d’exercices. Les élèves peuvent se répartir autour des tableaux en groupe d’environ quatre pour résoudre les exercices ou travailler le cours sous forme de carte mentale par exemple. Ils peuvent aussi décider d’approfondir le cours ou faire des recherches en restant assis. Il y a de la fluidité dans la salle de classe, les élèves sont mobiles et peuvent passer de tables en tables, de tableaux en tableaux. L’enseignant circule dans la salle, vérifie l’avancée du travail et apporte son aide ou met en relation l’élève qui a compris avec celui qui est en difficulté ;

  • Une séquence bilan (10 minutes). L’enseignant ou un élève commente les tableaux, apporte des corrections. Les tableaux sont ensuite photographiés par les élèves et déposés sur l’Agora du site. Puis la salle est reconfigurée en « mode simultané ».

On a testé

Motivé à faire de même, j’ai demandé en juin à équiper ma salle de 3 tableaux blancs supplémentaires pour tester la classe mutuelle dans ma salle… avant d’en expliquer les usages et les possibles à mes collègues dans la cadre de la classe LAB, c’était plus cohérent. Pour voir à quoi cela ressemble, vous pouvez faire défiler les photos de cette publication Instagram.

Dans ce format d’organisation du travail, j’aime particulièrement la latitude laissée aux élèves de travailler seul, en binôme ou à plusieurs sur un tableau. Il est plus simple de différencier les tâches en responsabilisant par la même occasion certains élèves. Le professeur vient en appui ponctuellement ou accompagne plus longuement ceux qui ont besoin d’une reformulation. La liberté de mouvement accordée aux élèves génère une ambiance différente transformant la classe en atelier. Bien sûr, il faut apprendre à certains à gérer cette liberté mais globalement le dispositif fait sens pour eux. La possibilité de butiner et d’aller voir comment les autres travaillent permet de décoincer quand ça bloque. Le reportage de Claude Tran dans la classe de Vincent Faillet rend bien compte de la dynamique à l’œuvre dans la classe mutuelle où le stand-up rend véritablement les élèves acteurs.

Une chronique d’Emmanuel Grange

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Emmanuel Grange

Emmanuel Grange, prof d'Histoire-Géo et d'Education civique dans un collège de Firminy (Loire). J'anime le blog La [email protected] Histoire-Géographie où mes passions (musique, street-art, photo) se mêlent à mes productions pour la classe.

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