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Addictées…

La dictée quotidienne.

Comme un cavalier au galop sur son cheval, elle est de retour dans les salles (de classe) pour faire frémir la plupart ou réjouir une minorité d’élèves. Elle débarque avec son allure justicière qui va en faire baver certains pour leurs fautes et faire payer les erreurs des autres ! Non, sans rire, même à nous, adultes, la dictée fait plutôt peur : peur à celui qui la met en œuvre en classe et peur à ceux qui doivent la transcrire sur leur cahier sous la menace du couperet de la sentence.

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Comment alors utiliser cet outil à double tranchant pour faire progresser les élèves et les encourager à devenir « addicts » à cette pratique ?

Je me suis beaucoup posé la question car j’avoue ne pas avoir été du tout à l’aise pendant longtemps, car pas en accord avec le mode de pratique collective souvent exercé :

  • Dicter une phrase aux élèves pour qu’ils la transcrivent.
  • Ramasser les cahiers.
  • Faire la chasse aux erreurs (en rouge pour appuyer encore plus sur le dramatique de la faute : oh c’est pas bien, honte à toi petit ignare !!!).
  • Distribuer le lendemain la dictée marquée de rouge ou sanctionnée d’une note sur 10 pour que les élèves :
    • la corrigent (?),
    • améliorent leur orthographe (?),
    • comptent leurs erreurs (ça c’est sûr),
    • fassent le constat de leur triste incompétence jusqu’à la prochaine dictée…

Pour rendre l’exercice plus agréable, car quotidien, voici comment j’ai décidé de présenter et d’utiliser la dictée comme outil d’apprentissage dans ma classe de CE1.

Comme les élèves ont 10 mots de vocabulaire à apprendre par semaine, la dictée sert de « prétexte » au contrôle de la maîtrise des mots appris la semaine précédente.

Ainsi, pour chaque jour, je leur prépare une phrase qui comporte, 2, 3 ou 4 mots de la liste.

Avant la dictée : l’écoute

Auparavant, les élèves bondissaient sur leur cahier avec leur stylo au galop pour produire la trace écrite des premiers mots entendus. Et après ? Ils ne pouvaient seuls produire la suite du texte sans la millième répétition du disque rayé du professeur. Alors, avant tout, assurez-vous de l’écoute. On ne peut écrire une phrase si on ne l’a pas entendue, analysée et comprise donc en partie intégrée (digérée ?).

  • Invitez vos élèves à mettre les mains sous les fesses (les leurs, pas celles de la voisine !) pour empêcher le réflexe compulsif du « dégainage » de stylo.
  • Dites à voix haute et intelligible la phrase deux fois. Puis, demandez aux élèves quels sont les mots de leur liste de mots qu’ils ont repérés.

Assurez-vous aussi de faire un retour d’anciens mots dans les nouvelles phrases, histoire de bien faire comprendre aux élèves qu’un mot, une fois qu’il est censé être mémorisé, « sert » toujours et qu’il n’est pas juste appris pour la dictée du jour.

Une fois l’inventaire oral collectif des mots fait, commencez la dictée.

  • Selon la longueur de la phrase, verbalisez les mots par groupe pour une mémorisation plus simple.
  • Les enfants écrivent alors seuls au STYLO BLEU.
  • Les élèves qui terminent en premier leur production, prennent alors le relais de l’adulte pour la « relecture » de la phrase à voix haute. Cette pratique motivante, permet à la fois à l’élève de se relire mais aussi de laisser du temps aux plus lents pour terminer leur phrase.

La deuxième chance (autocorrection)

À ce stade, chaque enfant a produit au stylo bleu et fait la démonstration de son apprentissage et intégration personnelle des mots. Cette base sert donc d’évaluation à l’enseignant. Vous pouvez choisir de l’évaluer avec des couleurs, des Maîtrise Satisfaisante, des acquis…, des notes. Pour ma part, je fais l’état des RÉUSSITES sur un total de 10 (RÉUSSITES) POSSIBLES. Une manière de faire oublier la « faute » pour mener à chercher la réussite.

Il s’agit donc dans un deuxième temps de leur laisser une chance de se corriger, une chance de produire « mieux ».

Sous la ligne du stylo bleu donc, les enfants sont invités à écrire au STYLO NOIR une deuxième version du mot bleu en utilisant les outils qui peuvent les aider : dictionnaire, liste de mots du cahier outils, affichages…

Généralement les mots de la liste ont droit à un contrôle technique : rajout de la muette, remplacement du o par au… Mais c’est aussi l’occasion d’appliquer les notions découvertes : la majuscule de la phrase, le point, le « s » pour le pluriel des mots. Je profite parfois même de ce temps pour donner un coup de pouce en rappelant quelques règles à voix haute. Après tout, l’objectif ici est de se corriger seul en utilisant ce qui permet de le faire.

J’insiste auprès d’eux pour qu’ils ne corrigent au stylo noir que les mots qu’ils pensent ne pas être correctement écrits, laissant les autres en bleu.

C’est ma deuxième occasion d’évaluation : l’élève est-il capable de s’autocorriger, d’appliquer les règles avec du recul, de remettre en cause ses productions ? J’utilise un code de couleur pour valoriser ce travail. Ainsi, un élève qui n’a que 2 RÉUSSITES sur 10 dans sa première production (stylo bleu) peut très bien obtenir un point vert pour sa capacité à corriger ses mots.

La finale

Pour terminer, les élèves m’aident à produire au grand tableau la correction collective.

Ainsi, pour les mots de la liste, les élèves épellent leur écriture.

Pour les autres mots, ils proposent une orthographe et c’est une superbe occasion pour :

  • réfléchir aux lettres muettes (mots de la même famille),
  • expliquer des règles d’accord,
  • incorporer de la conjugaison,
  • rappeler les particularités de certaines lettres (g, c).

Pour la ponctuation, les élèves viennent placer au bon endroit, les magnets aimantés à la bonne place (virgule, points…).

Une correction donc collective et dynamique !

Voici un petit « résumé » :

Ce qui me fait dire que c’est une bonne pratique, c’est la manière dont mes élèves me réclament la dictée lorsqu’elle est déplacée ou annulée : « Madaaaaaame ! On n’a pas fait la dictée, ce matin ! »

Addicts à la dictée ? C’est gagné !

Une chronique de Claire Maurage

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Claire Maurage

Professeur des écoles depuis l'an 2000, passionnée par mon métier et toujours à la recherche de nouvelles méthodes originales d'enseignement, je me lance dans l'expérimentation et la rédaction de ma propre méthode de lecture : "Mauclai" (apprendre par la mise en scène).

Je suis également l'heureuse auteure de 2 albums/éducatifs : "Monsieur Crayon" qui vient aider les apprentis écrivains à bien tenir leur outil scripteur et "Sa Majesté la Majuscule" qui présente l'importance de la lettre majuscule ainsi que réinstalle les repères de lignes pour la hauteur des lettres.
Je suis toujours à la recherche d'éditeur et projette de produire une série complète de petits albums dans cet esprit "ludo/pratique".
Avis aux amateurs...
Chroniqueuse depuis janvier 2015, je suis également auteure de kits pédagogiques avec des partenaires du WebPédagogique...
...Trois petits points de suspension... pour que l'aventure continue ! :-D

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