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Le savoir rend-il beau ?

Un physique intelligent

Si je devais décrire physiquement mon ami Momo, dont le vrai prénom est Maurice, je dirais… comment dire, je dirais qu’il n’a pas du tout le physique de George (entendez Clooney, what else ?). Par le passé, je crois d’ailleurs que j’avais écrit une chronique sur sa tenue vestimentaire pour le moins discutable mais ça, c‘était avant. Revenons à nos moutons, enfin je veux dire à Momo et à son physique intelligent pour répondre à la question posée en préambule. Après démonstration, sans appel, la réponse sera un oui : oui, le savoir rend beau.

Bien sûr, n’allez pas lui répéter ce commentaire inutile, taquin et sans méchanceté sur sa plastique : Momo n’est que l’exemple pour porter une idée peut-être plus large, déformation professionnelle oblige.

Des yeux qui papillonnent

Avec Momo, le jeudi midi c’est sandwich entre deux cours. Il m’arrive souvent d’aller le chercher dans sa salle car il répond toujours à d’innombrables questions d’élèves passionnés, alors même que c’est l’heure de la cantine et que de fabuleux mets fins à profusion attendent les étudiants. Inlassablement, Momo argumente, justifie, annote le cours de l’élève demandeur pour le/la convaincre, l’éclairer. En écrivant cela, j’ai l’impression que Momo c’est Socrate. Jeudi dernier donc, alors que je l’attendais dans l’entrebâillement de la porte comme d’habitude, j’entends une élève lui dire : « Mais monsieur, comment vous faites à tout savoir ? » Les yeux de la jeune fille papillonnaient en énonçant ces paroles, et Momo, à fond dans son sujet, n’a pas répondu à ce compliment (l’a-t-il d’ailleurs simplement entendu ?) et s’est contenté de poursuivre ses explications. On lit l’admiration dans le regard des jeunes gens qui ont assisté à sa séance et ça, c’est toujours bluffant. Allez chercher l‘admiration avec des équations, des textes de Pascal ou des articles de la constitution, vous verrez, ce n‘est pas si facile… Oui, je sais que vous savez, c’était juste une figure rhétorique.

La beauté de l’enseignement

Je dois avouer que, depuis ce jour, eh ben mon Momo, je le r’garde plus pareil. Si c’est mon ami et que je déjeune les jeudis avec lui, c’est, vous vous en doutez bien, que c’est un être délicieux, drôle et qui, sans être omniscient, a un regard sur la vie qui m’intéresse. Désormais, le regard de cette élève que j’ai surpris à la volée m’a fait dire que la beauté pouvait revêtir plusieurs aspects et qu’il ne fallait pas forcément avoir le physique de Brigitte Bardot pour susciter admiration et respect. Alors oui, je suis dans les clichés. Mais que voulez-vous, quand on lit dans les journaux que les gens « beaux » gagnent en moyenne 30% de plus que les autres, en plus de me demander comment ce type de pourcentage est établi, je me laisse peut-être gagner par cette approche superficielle de notre temps. Pourtant Momo et les commentaires qu’il suscite montrent qu’il y a encore beaucoup de richesses dans l’enseignement, que la transmission des savoirs par notre vieille tradition de l’école a encore de beaux jours devant elle et que même Youtube aura du mal à se substituer à nos enseignants. Bon, en même temps j’écris ces lignes à l’heure où les tablettes numériques vont faire leur rentrée en force dans les établissements scolaires, et ça, mes amis, je ne sais pas ce que ça va donner.

Bon, faut que j’aille me faire un brushing pour rendre beau mon savoir.

Une chronique d’Octave

Commentaires

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commentaire

  • merci Octave pour ce billet qui soulève bien des questions sur la beauté.
    Est-ce que le savoir rend notre entourage admiratif ou alors nos connaissances nous rendent plus équilibré à l’intérieur de nous-même et cela se voit à l’extérieur ?