élève portant le masque

Maître COVID sur un masque perché…

… tenait à peu près ce langage :

jeunes et petits enfants, que vous êtes jolis, que vous me semblez beaux ! Sans mentir, si votre sourire fait autant de ravages, il me plairait à le dissimuler davantage ! Apprenez que tout virus vit au dépend de celui qui l’avale…

Cette leçon nous l’avons bien retenue sans doute…

Alors dans la classe, tous les enfants, bien assis, tentent aujourd’hui de pousser autrement leur jolie voix, plus fort sans doute. Mais le  « Bonjour, Madame ! » raisonne toujours à l’unisson et met en route la journée de ces incroyables polissons.

Maître COVID peut bien se vanter d’avoir « révolutionné » l’école ! Sans détours ni politique, en deux ou trois semaines on applique : lavage de mains, distanciation physique, port du masque. Les fameux gestes barrières.

Je préfère pour ma part les appeler : gestes de protection. Sans doute parce que la protection a ce caractère doux et bilatéral que la barrière coupe nette dans un élan de « rejet » immédiat par la culture de la peur qu’elle induit.

Comment vivent ces enfants, nos élèves ?

Le retour et le maintien actuel à l’école des élèves de primaire reste un acte de bienveillance pour nos jeunes. Garder le lien social, permettre les apprentissages en situation d’échange direct avec l’enseignant, vivre en groupe, ensemble, partager des rêves et des projets… oui MAIS…

MAIS, il y a ce mais qui s’est tout de même installé.

LE MASQUE : l’OBJET-CAUSE DE DISCORDE

Peut-être pris comme un « jeu » au départ par ces enfants qui se comparaient à des « supers héros », il est de plus en plus l’objet de la discorde. Producteur de disputes lorsqu’il est enlevé trop tôt, trop près, trop vite à côté du copain qui n’est pas encore protégé, il arrive parfois que les reproches volent à travers la classe et que la tension s’installe.

« Madaaaaaaaaaaaame ! Tom n’a pas attendu que je sois éloigné pour baisser son masque !!! »

« Maaaaaaaadame ! Cindy elle vient à côté de moi quand je mange mon goûter !!! »

Bref. Retour de Maîtresse qui procède verbalement au rappel de la règle : la bulle de protection ne doit pas être percée mais respectée… Pas question non plus de tomber dans une agressivité gratuite et une répression/oppression facile et sans intérêt. N’oublions jamais : ces enfants seront responsables de demain, pas de notre aujourd’hui… Rappelons-leur aussi.

Chacun essaie de garder son espace « sain », dispose de l’ensemble de la classe pour se trouver un endroit isolé pour boire sans transmission de postillons mais certainement avec transmission de pensées car les regards continuent à se croiser entre copains et copines… Vivement qu’on puisse à nouveau partager les goûters d’anniversaire !

LE LAVAGE DES MAINS : S.O.S FROID

L’incontournable lavage de mains rencontre aussi quant à lui ses moments de révolution.

Certains polissons tenteront d’y échapper en faisant mine juste de rentrer dans les toilettes pour y faire demi-tour avant de croiser mon regard interrogateur « oups ! J’ai oublié… ». D’autres, se passeront de savon à l’occasion, l’eau c’est si bon et puis c’est la récréation, place au ballon ! Les sérieux, quant à eux, appliquent le rituel des éternelles 30 secondes… et récoltent en retour des gerçures, des brûlures, le froid sur des mains vite séchées, trop frottées c’est dur !

LE PETIT + : Alors que dans le temps, à l’AVANT-COVID, nous faisions un accueil dans la cour à la sonnerie du début de classe, les habitudes se sont joliment adoucies : les élèves montent en classe au fur et à mesure de leur arrivée à l’école. Pour la simple et bonne raison qu’il faut bien se laver les mains avant et que cette technique évite les bouchons au lavabo. Quelle douceur alors de pouvoir dire « bonjour » à chacun, de prendre un peu de temps pour parler d’autre chose, pour raconter son rêve de nuit, pour échanger ses victoires et ses réussites. Un petit bonus que ce satané virus n’avait pas prévu et que les élèves apprécient fortement.

DISTANCIATION = ISOLEMENT et ATTENTE À DUREE INDETERMINÉE

Comme il faut aussi appliquer la distanciation entre les groupes classe, les récréations se passent dans différents espaces. Alors qu’avant on pouvait se mélanger, il faut maintenant accepter de rester dans un nouvel espace. Adieu les copains de la classe d’avant, les petits frères et sœurs qu’on aimait saluer en passant dans la cour des maternelles. De plus, c’est la queue devant les lavabos, la queue pour rentrer en classe, la queue pour rentrer en cantine et de longues minutes d’attente qui s’apprécient plus ou moins selon la météo : plaisir sous le soleil ou rugir sous la pluie…

Pas étonnant que les enfants deviennent électriques quand leur impatience est sous haute-tension !

PLUS DE SPORT EN SALLE… oui mais l’hiver ?

Et puis quand Maître COVID a décidé de stopper net nos séances de piscine… qu’allions-nous devenir dans une cour peu propice aux activités sportives ? L’hiver est là entre les flocons et les gelées matinales, pas simple d’imaginer du sport en manteau « capuché-masqué ».

  • Des idées ?
    • Du sport d’habileté en classe : du lancer/rattraper individuel de petits cubes à la manière des osselets, ils ne sont pas si doués et la motricité fine ne peut leur faire que du bien. Mais de là à y passer une période entière ? Non…
    • La chance d’avoir son école dans un village c’est de pouvoir y introduire une activité sportive innovante : la rando-sport ! Facile à mettre en place : de bonnes chaussures de marche, du courage, des vêtements adaptés au temps et … en avant ! À l’assaut des petits chemins du village, à l’escalade des butes de terre et au passage des escaliers magiques. Les petits yeux qui brillent, les jambes qui réveillent quelques muscles endormis. Juste, le masque mouillé, trempé qu’il nous faudra changer dès le retour en classe, masque qui reste antonyme d’une bouffée d’air.

LES ACTIVITES ADAPTÉES

Quelques autres idées :

LECTURE : le masque est un « anti-expresseur », il limite donc le partage de lectures entre classes ou auprès d’un public extérieur (personnes âgées). D’autant que les échanges intergénérationnels sont proscrits. Cependant avec l’utilisation d’un micro et d’un enregistreur, les séances de lecture redeviennent un vrai plaisir : le défi n’est pas de lire face à un public mais de réaliser un album audio-visuel à la qualité vocale expressive supérieure pour le partager à volonté. L’avantage COVID c’est qu’avec le masque, aucune projection dans le micro, pas besoin de bonnettes (filtres anti-bruit) !

DE LA MUSIQUE, PERCUSSION SUR TABLE : sur sa table, dans son espace « bulle », nous jouons avec le rythme et les parties de notre corps sans bouger de notre espace de protection. Voici une belle idée trouvée sur « YouTube » pour vous en inspirer ou la pratiquer dans votre classe, super sympa ! https://www.youtube.com/watch?v=xNinQd58i_A&fbclid=IwAR2mxbzHbne3yPdoercDO48ORH2OzuPnRkmphIupJDG5lx9O-q1dwNontDo

LES INTERVENANTS en VISIO : le monde extérieur s’adapte et parmi les superbes adaptations il y a les intervenants extérieurs tels que les Ambassadeurs du Tri qui proposent des animations sur le tri sélectif des déchets et le recyclage auprès des classes par visio. Si vous êtes équipés d’un bon débit internet et d’un vidéoprojecteur alors… n’hésitez pas ! C’est un moyen de garder contact avec le monde extérieur…

La Terre continue de tourner, les idées aussi… ce partage vaut bien une leçon sans doute !

 

Une chronique de Claire Maurage

Claire Maurage

Professeur des écoles depuis l'an 2000, passionnée par mon métier et toujours à la recherche de nouvelles méthodes originales d'enseignement, je me lance dans l'expérimentation et la rédaction de ma propre méthode de lecture : "Mauclai" (apprendre par la mise en scène).

Je suis également l'heureuse auteure de 2 albums/éducatifs : "Monsieur Crayon" qui vient aider les apprentis écrivains à bien tenir leur outil scripteur et "Sa Majesté la Majuscule" qui présente l'importance de la lettre majuscule ainsi que réinstalle les repères de lignes pour la hauteur des lettres.
Je suis toujours à la recherche d'éditeur et projette de produire une série complète de petits albums dans cet esprit "ludo/pratique".
Avis aux amateurs...
Chroniqueuse depuis janvier 2015, je suis également auteure de kits pédagogiques avec des partenaires du WebPédagogique...
...Trois petits points de suspension... pour que l'aventure continue ! :-D

Un petit commentaire ?