Petite fille qui vole sur un livre, une longue-vue à la main

Passeport fictif

En mai, adieu morosité !

Certes il est maintenant question de déconfinement, de sortie de crise imminente, de revivre bientôt démasqué, de réouverture des lieux culturels et sportifs, d’aller boire un café en terrasse, néanmoins, une certaine morosité ambiante demeure. L’actualité ne nous donne pas la pêche, loin de là. Il faut bien se faire une raison… Les temps sont difficiles. D’ailleurs même la météo s’en mêle ! Et voilà les saisons qui s’emmêlent à leur tour. La pluie, le froid et la grisaille nous poussent à nous confiner dans nos intérieurs douillets qu’il nous tarde pourtant de quitter au plus vite pour profiter d’une liberté retrouvée.

Tourmenté, notre esprit cherche à tout prix à vagabonder, à renouer avec des plaisirs simples, à nous transporter coûte que coûte vers d’autres horizons. Et si nous l’aidions ? Si nous le nourrissions ? Si nous nous faisions plaisir ? Chacun d’entre nous peut facilement se créer un refuge destiné à fuir, de temps en temps, le monde réel et ses vicissitudes. Pur produit de l’imagination, la fiction a tout bon ! Envie de délaisser le quotidien ? De rejoindre un lieu imaginaire ? Elle est faite pour vous !

Lisez des fictions, vous avez tout à y gagner !

Même s’il n’est pas encore possible de voyager en toute sérénité, pourquoi se priver d’évasion ? Voyager autrement, en toute sécurité, avec tout le confort nécessaire et se dépayser sans quitter son canapé, c’est possible ! Comment ? En lisant ! Prenez donc un passeport pour vous évader, choisissez de lire une fiction qui vous transporte ! C’est bien connu et reconnu : la lecture possède de multiples bienfaits qui rendent heureux. Jusqu’à parler de bibliothérapie tant l’anxiété générée par un quotidien incertain est durablement apaisée. Mais pas seulement ! La lecture de fictions augmente la compassion et la sociabilité du lecteur. En lisant, celui-ci s’imprègne d’expériences fictives qui lui permettent d’acquérir une meilleure compréhension d’autrui et de lui-même. Mieux ! La lecture stimule l’empathie émotionnelle et améliore les aptitudes sociales. En effet, s’identifier aux personnages du récit nécessite de percevoir les pensées et les sentiments des autres ce qui engendre la capacité de communiquer plus facilement avec les autres.

De plus, lire stimule notre cerveau et contribue ainsi à le garder en bonne santé. Également sollicitée, car obligée de se souvenir du nom des personnages et de leurs actions, notre mémoire va donc se renforcer. Les lecteurs de polars qui tentent de deviner l’identité du criminel avant la fin, renforcent leurs capacités d’analyse en scrutant les détails au fil des pages. L’intrigue qui nous tient en haleine devient un alibi idéal pour se déconnecter des réseaux sociaux et couper court aux sollicitations extérieures. Il est recommandé de lire de la fiction avant de s’endormir pour apaiser notre cerveau, et trouver ainsi le sommeil plus facilement. Antistress efficace par excellence, un voyage littéraire se prescrit sans modération, aux grands comme aux petits.

Retrouvez votre âme d’enfant

Se reconnecter à son âme d’enfant, c’est continuer à s’émerveiller des petites choses de la vie et retrouver un état d’insouciance. Pour éduquer les enfants, on fait appel à la fiction, à des histoires peuplées de personnages imaginaires qui parlent à leur imagination. L’enfant qui découvre une fiction accomplit un voyage hors de l’instant présent. Vivre une histoire lui permet de découvrir le besoin d’inventer, de créer à son tour, de bâtir lui-même un monde dans lequel il peut se réfugier. Les tout-petits apprennent comment se conduire et comment réfléchir à travers les personnages qu’ils rencontrent dans les histoires racontées par les adultes. Une étude anglaise menée sur l’année 2020 a récemment mis au jour plusieurs effets du confinement sur les habitudes de lecture des élèves du primaire et du secondaire. Durant les mois cloîtrés chez eux, sans aller à l’école, les enfants seraient plus à même de lire des livres plus longs et plus complexes. Mieux encore, la lecture serait une solide alliée contre la solitude et les idées noires, un excellent moyen de surmonter la tristesse de ne pas voir ses amis ou ses proches. Selon le Guardian, c’est la Maison d’Hadès de Rick Riordan qui a rencontré le plus de succès chez les élèves du secondaire. Pour les plus jeunes, c’est le roman de J.K. Rowling, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, qui remporte la palme.

En tant que professeur documentaliste responsable d’un C.D.I. de collège, j’ai également constaté que lorsque le « confinement » d’avril dernier (deux semaines en distanciel et deux semaines de vacances) a été annoncé, les élèves sont vite venus faire des provisions de fictions à emporter chez eux. Mangas, bandes dessinées, contes et romans : mes jeunes lecteurs ont rapidement fait le plein afin de ne pas être pris au dépourvu. Désormais, en ramenant le livre lu et généralement apprécié, les ados profitent de l’occasion pour repartir avec un nouveau titre, souvent du même auteur. Et qu’importe le nombre de pages ! Même les lecteurs les moins enthousiastes semblent devenus accros ! La lecture leur permet de s’évader et d’explorer des mondes inconnus tout en les détournant de leurs précieux écrans de smartphones. Dépaysement garanti dans la trilogie A la croisée des Mondes de Philip Pullman, dans la saga Eragon de Christopher Paolini ou dans le magnifique roman Le Combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat. Côté mangas, l’univers poétique de Beyond The Clouds, la fillette tombée du ciel de Nicke les enchantera. La série BD Bergères Guerrières de J. Garnier et A. Fléchais offrira aux ados un récit d’aventure drôle et touchant.

Les genres de la fiction sont suffisamment variés pour que chacun y trouve son bonheur. Romans d’aventures, policiers, historiques, fantastiques…. vous avez le choix ! Pensez aussi au théâtre, à la poésie, aux albums et aux bandes dessinées. N’hésitez pas à les lire et à les relire. Enfin, vous pouvez partager ce moment de réel plaisir avec vos proches : essayez la lecture à haute voix !

 

Une chronique de Sylvie Delord

Un petit commentaire ?