Carte du monde en bulles de paroles

Parler en cours d’anglais

Bon… j’avoue, je suis prof d’anglais. Par conséquent, ce thème de « l’oral » a particulièrement titillé ma curiosité ! L’oral est absolument fondamental dans les cours de langue… Jusque là, je ne vous apprends rien ! Mais comment le mettre en place ? Comment faire en sorte de bien répartir la parole, de jongler entre les bavards et les plus taiseux ?

Déjà, les élèves doivent comprendre que l’oral, ce n’est pas juste un ensemble de mots, de phrases qui s’appuient sur une syntaxe. J’aime beaucoup – pendant mes cours – mettre en voix des textes. Imaginons qu’on écoute un discours d’un.e homme/femme politique… Je demande aux élèves de le lire d’abord à voix basse – oui, ça donne lieu à un peu de brouhaha parfois – pour qu’ils accentuent les mots porteurs de sens lorsqu’ils mettront en voix/liront la retranscription de ce discours. J’aime aussi beaucoup jouer avec les différents tons. On peut par exemple faire lire le même texte avec une voix chevrotante, triste puis ensuite le lire d’une voix plus enjouée. Le ton, la voix, le débit, le volume sonore, les pauses, le silence, le langage corporel… Tous ces éléments contribuent à l’oral, à la formation d’un langage.

Par ailleurs, l’une des choses qui nous énervent le plus – nous les profs de LVA – ce sont les bavardages personnels… en français. HORREUR. Si au moins ils se racontaient leur week-end en anglais/espagnol/allemand…. ce serait déjà une belle victoire ! Pour palier ce problème, j’ai mis en place un stratagème ! Si je surprends un élève en train de discuter, de bavarder, de parler en français et non en anglais (je le fais avec mes terminale spé AMC – anglais), il perd un point. À la fin de l’heure, l’élève qui a le plus perdu de points – car il s’est exprimé en français à plusieurs reprises – doit relever un challenge ! Généralement, ce sont des challenges bienveillants déterminés par l’ensemble de la classe : dessiner quelque chose au tableau, chanter, raconter une blague… Le tout dure seulement une minute et je réserve cette minute plus ou moins détente à la fin de chaque heure. On peut aussi envisager de le faire à la fin de chaque semaine. L’idée est de bannir le français qui n’est pas nécessaire du cours de LVA.

L’oral (en plus d’alterner entre des moments de silence et des moments de discours), c’est aussi l’interaction entre les élèves ! Terme-clef, et concept que nous… profs de LVA rêvons de mettre en place de manière pérenne ! Pour cela, j’ai tendance à déléguer la parole. Par exemple si nous lisons un texte, je demande à un élève (d’un bon niveau) de me remplacer et de jouer le rôle de l’enseignant. Généralement, ils aiment bien car ça leur permet d’aller au tableau, d’écrire au tableau éventuellement, de jouer au prof, de se dégourdir les jambes… Ils ont ensuite pour mission de poser les questions que je serais susceptible de poser aux élèves. Pour ça, je les guide un peu au début. Ils peuvent poser des questions de compréhension précises ou plus générales sur le texte.

Idem, suite à une CO (compréhension orale, visionnage d’une vidéo/audio), on peut mettre en place des battle of words. Deux binômes s’affrontent : le but est de donner le plus de mots/expressions/idées entendus dans le document. Si un binôme répète les termes employés par l’autre binôme… alors il est éliminé du jeu. Évidemment, on ne peut pas organiser cette activité à chaque fois car ça prend du temps !

Autre activité que j’aime bien organiser : des débats tournants. Par exemple lors d’une séquence sur les élections américaines (oui, je sais ça date un peu… on peut retenir l’idée pour 2024 du coup !), on travaille sur les programmes politiques des Républicains et des Démocrates et là… débats tournants. Les élèves piochent un rôle et ont une minute pour débattre avec leur adversaire politique (un élève qui représente le parti adverse) sur un thème en particulier – sécurité sociale, port d’armes etc. Lors de nos tâches finales ou intermédiaires, on essaye toujours de scénariser, de faire un peu de théâtre ou de mise en scène. Les conférences de presse et les débats fonctionnent généralement bien (à préparer en amont avec les élèves bien entendu, pour que ça ne devienne pas n’importe quoi).

Mais le plus dur, en tant que prof de LVA, est vraiment de créer des moments d’interaction entre les élèves… On y arrive parfois : pour cela, on peut s’appuyer sur nos fameux bavards qui peuvent être à l’aise en langue et sont un peu « bossy »/autoritaires parfois ! Cherchez bien… il y en a forcément au moins un.e qui aime se mettre en avant ! (et merci à lui/elle).

Une chronique d’Astrid Fizyczak

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