adolescente sur son smartphone

Les ados, premiers utilisateurs des réseaux sociaux

Lorsque je demande sur la fameuse fiche de renseignements de début d’année « Quels sont vos loisirs ? » j’obtiens dorénavant de la part de mes 4es et 3es « aller sur Instagram », « faire des TikTok » ou encore « jouer à la PS5 (alias la PlayStation 5) ».

À voir les cernes sous les yeux au petit matin, on comprend vite que la nuit a été courte ; altérée par les écrans. Les réseaux sociaux sont leur quotidien. Outre le téléphone greffé à la main en permanence, il ne leur sert qu’à surfer sur les réseaux sociaux ou à écouter de la musique, puisqu’ils avouent eux-mêmes ne pas répondre au téléphone lorsqu’ils reçoivent des appels.

Facebook, c’est dépassé

Quand je leur demande « qui a un profil Facebook dans la classe ? », une minorité de mains se lève, voire aucune dans certains groupes classe. En contrepartie et sans détour, j’obtiens « Facebook c’est pour les vieux », « c’est nos parents qui vont sur Facebook et ils nous espionnent ». Pour eux, avoir ses parents en amis sur les réseaux est vécu comme une atteinte à la liberté. En ayant un droit de regard sur leurs publications, les parents sont perçus de la part des jeunes comme des moralisateurs qui leurs feront la leçon au moindre écart de conduite.

Ce réseau social à définitivement fait son temps auprès de nos jeunes.

L’oiseau bleu de Twitter n’a pas la côte

Sont-ils encore trop jeunes au collège pour trouver de l’intérêt à retweeter ? Est-ce aussi considéré comme un réseau social de « vieux » au même titre que Facebook ? En tout cas, une extrême minorité de mes élèves va sur Twitter et y trouve un intérêt à relayer des informations ou plutôt des polémiques… La plupart des 13-15 ans disent ne pas s’amuser en parcourant les fils d’actualités de l’oiseau bleu et préfèrent poster des photos Instagram ou faire des « live » le soir « entre copines » pour parler de leurs journées et des ragots du collège.

Il semblerait même que les échanges par SMS soient également dépassés, car comme ils me le disent, « on parle sur Snap ». En utilisant ce mode de tchat – d’où son nom Snapchat – ils peuvent voir quand le destinataire à « vu » et « enregistré » le message ou la photo. Mais, la grande tendance du moment c’est TikTok.

Tiktok, la nouvelle mode

Ce nouveau réseau social a vu le jour en 2016, mais il a connu son essor à partir de 2018. Quasiment tous mes collégiens l’utilisent pour visionner les vidéos le soir, les week-ends et lors de temps-morts. À l’instar de Twitter, les contenus y sont drôles. Il n’est pas rare au détour d’un couloir d’entendre parler des vidéos tendances du moment qui circulent sur TikTok : celles des influenceurs, des extraits de scènes de téléréalités et de vidéos de Youtubeurs, Ce réseau semble petit à petit remplacer YouTube, pourtant prisé des jeunes.

Les élèves disent même faire et poster des TikTok pour suivre la mode des challenges et danses Tiktok. « Le soir avec les copines on se retrouve pour faire des TikTok ». Est-ce pour faire comme tout le monde et rentrer dans la norme du jeune tendance ? Est-ce pour essayer de percer sur les réseaux ? Puisque certains avouent sans recul que leur rêve ultime est de devenir influenceur ou de faire de la téléréalité sans en mesurer les impacts et l’instabilité que cela peu engendrer. Avec ce réseau social, en un simple clic il est possible de poster une vidéo en ligne et donc d’être considéré comme un TikTokeur.

Des enseignants sont même devenus des personnalités publiques en diffusant des vidéos humoristiques virales, où ils imitent leurs élèves ou racontent leurs perles. Tiktok est également devenu l’arme nouvelle génération des politiciens pour mobiliser les jeunes.

Quand tout est en panne

Quand tout est en panne, là c’est le drame ! Lundi 4 octobre 2021, une panne mondiale a empêchée l’accès à Facebook, Messenger, WhatsApp et Instagram. Nos chers élèves ont dû s’occuper autrement en dépoussiérant les jeux de société pour faire une partie ds 7 familles avec leurs parents.

Mais, si cela les a empêchés d’Instagramer pendant toute une soirée, annulant les lives prévus avec les copains/copines, comme certains l’ont dit « ça nous a pas empêchés de jouer en ligne à la PS5 ». Et, fort heureusement, TikTok a été épargné de cette gigantesque panne ! Quel soulagement pour nos jeunes et quelle triste réalité pour nous.

Les réseaux sociaux ont encore un bel avenir devant eux au mépris des vraies interactions sociales.

 

Une chronique de Valentin de Angelis

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