LES Filles aux mains jaunes de Michel Bellier
Il s’agit d’un extrait de la pièce de théâtre « Les filles aux mains jaunes » écrite en 2014 par Michel Bellier et mise en scène la même année par Joëlle Cattino, puis rejouée à de nombreuses reprises par d’autres troupes de théâtre.
Cette pièce nous parle du travail des femmes pendant la Première Guerre Mondiale.
Les personnages principaux sont donc 4 femmes : Jeanne,Julie, Rose et Louise. D’ailleurs, il n’y a qu’elles sur scène la plupart du temps, et elles nous décrivent les autres personnages. Elles travaillent dans une usine d’armement. A l’époque,on les appelait les «munitionettes», les «obusettes» ou encore les «cartouchettes». Ce sont des surnoms voulus mignons pour des femmes, mais ce travail n’avait rien de mignon. Elles, elles se surnommaient « les filles aux mains jaunes », d’où le titre de la pièce. Ce dernier est une référence à la couleur de leurs mains, à force de manipuler de la TNT, que la poudre jaune toxique marquait à vie leur peau.
Avec la pièce de Michel Bellier, on apprend que les conditions de leur travail étaient difficiles, elles travaillaient énormément toute la journée, elles gagnaient très peu- 2 fois moins que les hommes-, leurs vêtements étaient abîmés, elles n’avaient pas de pauses, leurs toilettes étaient un vague endroit au fond de la cour, elles n’avaient pas de chauffage et elles n’avaient qu’un seul châle sur les épaules par dessus leurs tenues de travail pour se couvrir, elles n’avaient que 2 jours de repos par mois, sans parler de la saleté de l’environnement.
Dans la pièce, e
lles parlent de leurs peurs. Pour leur mari, leurs enfants, leurs frères et leur avenir. Mais aussi de leur position de femmes, rabaissées, laissées chez elles -du moins avant la guerre-pour s’occuper des enfants, faire le ménage et la cuisine. Elles n’avaient pas le droit de vote, certaines même, ne se pensaient pas assez importantes et intelligentes pour être considérées à égalité avec les hommes, pour avoir le droit de s’instruire, de donner leur avis, de penser par elles même. Louise explique dans la pièce qu’ayant été élevées dans cette idée, il était parfois difficile de leur faire entendre le contraire.
Dans l’extrait du livre, les 4 femmes lisent un journal. L’une des femmes n’a jamais pu apprendre à lire.

Elles découvrent à la fin du texte que l’article a été écrit par une femme, appelée Madeleine Mory. C’est un journal féministe « La Voix des Femmes ». Le titre est bien choisi, car au début du 19ème siècle, les femmes en Angleterre réclamaient le droit de vote, elles réclamaient leur voix.
Ces journaux défendent les femmes et dénoncent les conditions de leur vie et de leur travail. Un peu comme la pièce.
C’étaient les tous premiers journaux de ce style.
Comme c’est une pièce de théâtre, il y a principalement des dialogues mais aussi des didascalies et des monologues. Les didascalies sont les petites phrases en italique devant les répliques pour signifier aux comédiens l’action ou la façon de parler de leur personnage. Ça les aide à donner une meilleure représentation. Par exemple, « Rose lui met un journal dans les mains. Julie, surprise, hésite, puis se sent obligée de le lire. Elle déchiffre avec une grande difficulté » L.13. Les comédiennes savent ainsi ce qu’elles doivent faire.
Les monologues sont également très importants, particulièrement dans cette pièce, on peut ainsi entendre
leur point de vue et leurs sentiments, avoir des informations que les autres personnages ne savent pas. Louise par exemple, nous lit ses articles. Car elle aussi est une suffragiste (féministe de l’époque qui revendique le droit de vote) et elle écrit en secret pour un journal, comme Madeleine Mory, tient ! Plus tard dans la pièce elle encourage les autres à faire la grève et à mener une révolution.
Dans la mise en scène de Mme Cattino, il n’y a pas de décor, et les femmes sont en uniformes gris plus ou moins ressemblant au réel uniforme. Dans d’autres versions, leurs tenues sont colorées, il y a des tables et plus d’éléments comme des tasses. Je préfère personnellement quand il y a un peu de décor, cela rapporte plus d’éléments de jeu, sans en faire trop pour laisser faire l’imagination et le jeu des comédiennes.
Dans toutes les versions cependant, il y a peu de lumière et les murs
sont gris. Cela renforce l’idée de leurs difficultés, travailler dans l’obscurité etc.
Dans le texte du livre, on peut relever au moins 2 accumulations, dans l’introduction et à la ligne 26, sur leurs conditions de vies. Il y a également une périphrase à la ligne 4 : « Ces êtres réputés faibles » pour parler des femmes, malheureusement. Mais dans ce texte, Michel Bellier, un homme donc, nous raconte la vie des civils à la même période, la vie de ces femmes qui elles aussi ont eu leur rôle à jouer pendant la guerre.
Les personnages sont vraiment attachants, et les textes des monologues sont très beau, l’histoire est émouvante. Après une révolution, elles ont gagné leur combat, du moins pendant un moment. Leur salaire fut égal à celui des hommes pour le même métier. Des douches, à l’eau chaude, ont été installées, des infirmières sont venues voir toutes les femmes travaillant dans ces usines. A la fin de la Guerre, 1 employé sur 4 est une femme. C’est toujours peu, mais c’est une belle amélioration. Les 3 femmes, car Louise décède à cause de la poudre toxique, reviennent à leur place de femmes au foyer. Mais Rose continue son combat, et n’arrêtera jamais. Il faudra attendre 1928 en Angleterre et 1944 en France pour qu’elles aient le droit de vote.
J’en viens au sujet de la séquence »dénoncer les travers de la société » ce texte dénonce clairement l’injustice faite aux femmes de l’époque où déjà en 1914, elles essayaient de se faire entendre.
On n’en parle pas assez, mais elles aussi ont souffert pour que la France gagne la Guerre.
MADELEINE L
Artistes dont l’œuvre dénonce
les travers de la société de consommation
Arman ; le principe de l’accumulation

HOPE FOR PEACE 1995 Accumulation de tanks et véhicules blindés dans du béton, intallée à Beyrouth (Liban)
