Interview "Vers une parentalité bienveillante", RCF Belgique.

Une fois n’est pas coutume : je vous propose aujourd’hui un lien vers l’émission de RCF Belgique, « Vers une parentalité bienveillante », dans laquelle j’ai eu le plaisir de répondre pendant une heure aux questions d’Ingrid van den Peereboom à propos de mon ouvrage Le Potentiel caché de votre ado

https://rcf.fr/vie-quotidienne/famille/le-potentiel-cache-de-votre-ado-par-nathalie-anton

Bonne écoute, et… bonnes vacances !

Nathalie Anton

C'est quoi PISA ?

Que veut dire PISA ? C’est un acronyme pour le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves. PISA représente la plus grande enquête menée internationalement dans le domaine de l’éducation. Elle est menée par l’OCDE.

Quel est son but ? Mesurer l’efficacité des systèmes éducatifs et comparer les performances des élèves issus de différents environnements d’apprentissage pour comprendre ce qui les prépare le mieux à leur vie d’adulte.

Qu’évalue cette enquête ? Elle évalue les compétences des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en culture scientifique, et leur capacité à les utiliser dans des situations proches de la vie quotidienne.

Quand a-t-elle lieu ? Tous les trois ans, depuis 2000.

Qui touche-t-elle ? Les élèves de 15 ans,

Qui participe à cette enquête ? 79 pays. En France métropolitaine et Outre-mer, 252 établissements publics ou privés sous contrat, collèges ou lycées agricole, d’enseignement général, technologique ou professionnel sont tirés au sort. Dans chaque établissement, seuls environ 30 élèves de 15 ans sont retenus aléatoirement. En tout, 6300 élèves français participent à cette enquête.

Quels sont les résultats saillants pour la France ? Petit tour d’horizon de la presse sur deux points : le creusement des inégalités et la dévalorisation du métier d’enseignant.

  • « La proportion de très bons élèves en France est, selon l’OCDE, « légèrement au-dessus de la moyenne » et elle est « stable » dans le temps. Le quart des élèves français les plus performants affichent un niveau comparable avec les pays les mieux classés (Japon, Corée, Finlande…) tandis que le quart des élèves les moins bons se classent au niveau des pays les plus en retard, comme la Turquie. » (Les Echos)
  • « La France est le pays où l’origine socio-économique explique le plus la progression des scores (…) Au lycée, les élèves les plus faibles sont plus souvent regroupés dans les mêmes établissements qu’ailleurs dans l’OCDE, et un élève défavorisé n’a qu’une chance sur six de fréquenter le même lycée qu’un élève qui a de très bons résultats. » (Le Monde).
  • « On ne trouve que 2 % d’ados défavorisés parmi ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. Parmi le petit pourcentage d’élèves défavorisés qui excellent, 20 % ne se projettent tout de même pas dans la poursuite d’études supérieures… » (Libération)
  • « L’OCDE préconise de poursuivre la réflexion sur le métier d’enseignant, notamment sur les salaires, les formations initiales et continues, les évaluations et les perspectives de carrière. » (Le Point)
  • « Les pays les plus performants « présentent des points communs comme l’investissement dans la formation, pour aider les enseignants à s’adapter à des classes hétérogènes, la valorisation du métier, y compris d’un point de vue salarial, ou encore l’affectation de professeurs expérimentés auprès d’élèves qui éprouvent le plus de difficultés » (Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE). » (La Croix)
  • « Un statut d’enseignant plus élevé permet d’attirer dans la profession des personnes plus compétentes et, surtout, de les retenir, entraînant ainsi de meilleurs résultats parmi les élèves. Ces nouveaux enseignants talentueux doivent ensuite être appuyés et formés selon les normes les plus exigeantes. » (L’Obs)

 

De quoi nourrir la réflexion, en essayant de rester constructif et de ne pas céder au pessimisme face aux efforts qu’il faudrait engager…

Nathalie Anton

Les compétences sociales et émotionnelles : pourquoi les développer ?

« La pierre angulaire de l’apprentissage socio-émotionnel est d’apporter des compétences aux élèves, sans lesquelles ils se trouvent clairement désavantagés pour naviguer dans l’univers scolaire, social et même familial. Certains enfants ont la chance d’évoluer dans un environnement éducatif et affectif qui nourrit et affine ces compétences. Cependant, il est évident que de nombreux jeunes ne bénéficient pas de ces expériences, ou du moins pas de manière continue. La conséquence est qu’ils rencontrent des difficultés scolaires, relationnelles et comportementales, sans pouvoir donner le meilleur d’eux-mêmes. »(1)

Il me paraît important de rappeler, en début d’année, les 5 champs de compétences sociales et émotionnelles définies par le Collaborative for Academic, Social and Emotional Learning (CASEL). Ce tableau, extrait de mon ouvrage Le Potentiel caché de votre ado (2), les recense de manière synthétique. 

A l’école d’enfin s’en emparer de manière explicite et organisée pour assurer l’égalité des chances, et permettre aux ados de s’épanouir ! 

Nathalie Anton

(1) Handbook of Social and Emotional Learning, Durlak, Domitrovich, Weissberg and Gullota, The Guilford Press, New York, 2015.

(2) Eyrolles, 2018.