Quelques questions utiles pour avancer dans un projet

Le printemps est là, et avec lui, les joies du plein air retrouvées : promenades à pied ou à vélo… vélo qui se prête justement à une excellente métaphore pour illustrer les points auxquels l’enseignant et les élèves peuvent penser pour progresser dans un projet. Nous la devons à l’éminent pédagogue, feu André de Peretti, et à François Muller, directeur du pôle « Éducation et culture » de la Ligue de l’enseignement à Paris, dont le blog « Diversifier » est une mine !

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Mieux comprendre la question des rythmes scolaires en primaire

Le 28 juin dernier, un décret paru au Journal Officiel autorisait les établissements du premier degré à revenir à la semaine de 4 jours, au lieu des 4 jours et demi institués en 2013. Un tiers des écoles a adopté cette proposition à la rentrée 2017. Afin de mieux saisir les enjeux de ces choix pour les enfants et leurs familles, je vous propose aujourd’hui quelques chiffres et notions clés sur ce sujet cyclique et vertigineux…

Les élèves de primaire en France se rendent à l’école 36 semaines par an, ce qui correspond à la moyenne des autres pays de l’OCDE* (Rapport Regards sur l’éducation 2016.)

En 2008, le nombre d’heures de cours hebdomadaires dans les écoles maternelles et élémentaires a été réduit à 24 heures, contre 26 heures précédemment. Cela équivaut à 864 heures de cours par an (24 heures par jour x 36 semaines), contre 799 en moyenne dans les autres pays de l’OCDE.

En 2008 toujours, ces 24 heures de cours ont été réparties sur 4 jours dans la semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), soit 6 heures de cours quotidiennes. L’année scolaire totalisait ainsi 144 jours d’école par an (4 jours x 36 semaines), contre 187 en moyenne dans les autres pays de l’OCDE. La garde des enfants le mercredi était laissée à la discrétion des parents.

En 2013, le nouveau gouvernement a conservé les 24 heures de cours hebdomadaires, mais a souhaité les répartir différemment, pour diverses raisons :

  • le nombre quotidien d’heures de cours jugé trop lourd pour les enfants
  • le nombre annuel de jours de classe jugé trop faible pour la pérennité des apprentissages
  • la rupture de rythme le mercredi en plus du weekend, entraînant deux désynchronisations dans la semaine, jugées néfastes par les chronobiologistes. En effet, le rythme de l’école demandant un effort d’ajustement par rapport au rythme de la maison, la vigilance de l’enfant le lundi et le jeudi se trouve perturbée.

Suite à cette réforme, les élèves sont passés de 140 jours d’école par an à 162. En outre, les heures de cours du mercredi matin ont permis d’alléger d’environ 45 minutes les autres journées des écoliers. Le gouvernement a alors encouragé les communes à mettre en places de « nouvelles activités périscolaires » culturelles et sportives sur ce temps dégagé, en allouant un fonds de soutien estimé à 400 millions d’euros par an.

Comment expliquer le retour à la semaine de 4 jours ?

La flexibilité proposée aujourd’hui aux écoles par le nouveau ministre J.M. Blanquer permettra d’abord de réduire le fonds de soutien de l’état ainsi que l’effort financier demandé aux communes, non seulement pour mettre en place ces activités périscolaires, mais également pour assurer les transports en commun et la cantine le mercredi matin.

Outre les arguments financiers, cette décision s’appuie notamment sur des critiques émises concernant :

  • la fatigue décrite par certains parents chez leurs enfants qui, inscrits aux activités périscolaires, passeraient finalement plus de temps en collectivité par semaine (mais aucune étude n’a été réalisée pour authentifier ce ressenti)
  • la qualité inégale des activités périscolaires proposées en fonction des communes, et le fait que certaines d’entre elles soient payantes

Ce retour en arrière suscite à son tour des critiques :

  • les chronobiologistes déplorent toujours le choix de la semaine de 4 jours, tel François Testu pour qui  « la semaine de quatre jours est le pire des rythmes possibles. »
  • les effets sur la fatigue ou les apprentissages de la semaine de 4,5 jours n’ont pas eu le temps d’être évalués
  • « le retour à la semaine de quatre jours risque de se faire aux dépens des femmes : plus de 40 % des femmes dont le plus jeune enfant était en âge d’aller à l’école primaire ne travaillaient pas le mercredi avant la réforme de 2013. C’est deux fois plus que pour les hommes. » (Etude des économistes Emma Duchini et Clémentine Van Effenterre, parue dans Le Monde du 27 juillet dernier)

Voilà, je l’espère, des éléments pouvant alimenter les discussions et qui sait… ouvrir la réflexion sur le secondaire : en France, sans les options facultatives, les collégiens suivent 991 heures de cours par an contre 915 heures en moyenne dans les autres pays de l’OCDE. Cela équivaut à 26 heures de cours par semaine au minimum. Les élèves de seconde ont un horaire plancher de 28,5 heures par semaine, mais en fonction des filières et des options, l’emploi du temps d’un lycéen peut dépasser les 35 heures…

Nathalie Anton

* »L’Organisation de coopération et de développement économiques est née en 1960 lorsque 18 pays européens, les États-Unis et le Canada ont uni leurs forces pour fonder une organisation vouée au développement économique. Aujourd’hui, l’OCDE compte 35 pays Membres à travers le monde, de l’Amérique du Nord et du Sud à l’Europe et l’Asie-Pacifique. En font partie beaucoup des pays les plus avancés, mais aussi des pays émergents comme le Mexique, le Chili et la Turquie. » (source : http://www.oecd.org/fr/)

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Les bienfaits des activités extra-scolaires

L’UNICEF France a fait paraître en 2016 la 3ème édition de sa Consultation nationale des 6/18 ans, « Ecoutons ce que les enfants ont à nous dire« , menée auprès de 22000 enfants et adolescents sous la direction du sociologue Serge Paugam.
Je voulais souligner aujourd’hui auprès des parents le lien établi dans ce rapport entre l’angoisse liée à la peur d’échouer et la pratique d’activités extrascolaires.  En effet, comme l’explique Serge Paugam dans une interview donnée au Nouvel Observateur le 30 novembre dernier :
« Les enfants ou adolescents privés d’activités extrascolaires ont près de quatre fois plus de risque d’être angoissés de ne pas réussir à l’école. Ces activités jouent, on le sait, un rôle essentiel dans l’épanouissement personnel et la confiance en soi. »
En permettant de construire des compétences autres que celles purement scolaires, d’être reconnus et valorisés, de développer le respect des règles, la valorisation de l’effort, l’esprit d’équipe ou encore le plaisir d’apprendre, ces activités contribuent à améliorer une meilleur relation à soi, aux autres, et donc, à l’école.
Nathalie Anton

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