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Immigration : L’Europe, Terre d’asile ou Forteresse ?

Le vieux Continent est une terre d’accueil pour de nombreux ressortissants, issus ou non de l’espace européen. Véritable destination migratoire depuis plusieurs années, l’Europe, qui veut inscrire ses fondements dans une dimension humaniste, se place pourtant telle une forteresse difficilement franchissable et voit mourir à ses portes de nombreux migrants, pour la plupart issus des zones de conflits actuels. En 2014, sur l’ensemble de la population européenne, 33 millions de personnes sont recensés comme étant issus d’un pays en dehors de l’Union européenne.

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Réfugiés : l’Europe passe à côté de l’Histoire

Editorial. Au défi posé par l’arrivée massive de migrants en Europe en 2015, la réponse des Vingt-Huit a été celle du chacun pour soi.

Editorial du « Monde ». En 2015, la question de l’immigration a confirmé le pire de l’Union européenne : son incapacité congénitale à l’action collective. Mais quand on évoque l’Union européenne (UE), c’est un peu comme si l’on disait « l’ONU ». L’UE n’est, in fine, que ce qu’en décident ses membres – les vingt-huit Etats qui la composent (en attendant un prochain élargissement).

L’UE n’a pas en soi de volonté propre. Et ce depuis plus de quinze ans. Aucune initiative, ou presque, ne part plus des institutions communautaires. L’Union ne fonctionne plus que comme une machine inter-étatique. Chacune de ses décisions se résume au plus petit dénominateur commun aux Vingt-Huit. C’est par abus de langage ou par paresse intellectuelle que la presse, sur les autres continents, parle de « l’Europe » quand il s’agit de questions autres que celles liées à l’économie.

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Et sur l’immigration, comme sur tant d’autres sujets, les Vingt-Huit ne sont pas d’accord. Ils ont des excuses. Pour l’essentiel, la question de l’immigration extracommunautaire ne fait pas partie des compétences de l’UE. Il n’y a pas d’unification du droit d’asile : chacun des Vingt-Huit a sa propre législation. Il n’y a pas de politique commune face à l’immigration économique, celle qui n’est liée ni à la guerre ni aux persécutions politico-religieuses. Il y a bien une politique commune sur la question du contrôle des frontières extérieures de l’UE, décidée lors de l’adoption des accords sur la libre circulation au sein de l’Union. Mais elle n’a jamais été appliquée jusqu’ici : les Etats viennent seulement de doter l’agence chargée de cette mission, Frontex, des moyens adéquats.

Pas de volonté commune

image: http://s1.lemde.fr/image/2015/12/31/534x…

A Grande-Synthe aux portes de Dunkerque, 2 000 réfugiés s'entassent dans la boue et le froid.

Alors, cette plus forte poussée migratoire que l’Europe ait connue depuis 1945, produit des guerres du Grand Moyen-Orient, cette marée de misère humaine à nos portes, en 2015, c’était un test, comme peut l’être la guerre. Y avait-il, au-delà des traités, une volonté européenne commune, un désir communautaire partagé d’agir face à la tragédie ? Eprouverait-on le besoin de manifester que cette communauté de 500 millions d’habitants, plutôt riche, plutôt démocratique, plutôt organisée, allait répondre à l’urgence humanitaire ?

Après tout, au-delà de la solidarité humaine, l’affaire est aussi stratégique. Il s’agit pour l’UE de son voisinage immédiat et qui va le rester : le Moyen-Orient est notre bordure sud. Les guerres, là-bas, vont durer, sur fond de terrorisme, chez eux et chez nous. Mais on connaît la réponse aux questions posées ci-dessus. Non, il n’y a pas eu de volonté commune des Européens de répondre à l’Histoire. A ce défi posé, qui questionne au plus profond l’existence même d’un sentiment européen partagé par les Vingt-Huit, la réponse a été celle du chacun pour soi.

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Un seul pays a sauvé l’honneur : l’Allemagne, qui, à elle seule, a pris 80 % du fardeau

Un seul pays a sauvé l’honneur : l’Allemagne d’Angela Merkel. La chancelière a peut-être été maladroite, trop spontanée ou trop « politique », elle est peut-être critiquée au sein même de son parti, tout ce qu’on voudra, mais elle a incarné ce qui aurait dû être une réponse européenne. Ces dizaines de milliers de malheureux, fuyant la mort et les ruines de leurs villes et villages, familles entières échappées à ces pays maudits que sont l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie, bref, cette grande tragédie de l’époque, il fallait au moins tenter d’en soulager une part. Berlin l’a fait.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes – deux chiffres. Recevant plus d’un million de réfugiés en quête d’asile politique en douze mois, l’Allemagne, à elle seule, a pris 80 % du fardeau. Cependant, l’UE décidait, elle, de répartir en deux ans 160 000 réfugiés entre les Vingt-Huit, en proportion des moyens de chacun. A ce jour, sur ces 160 000, moins de 200 personnes ont été prises en charge…

Rien n’est facile dans cette affaire, ni l’intégration en période de croissance atone ni les craintes d’infiltration terroriste, notamment. Mais en 2015, l’Europe a raté l’Histoire ou cru pouvoir y échapper. L’année 2016 la sollicitera à nouveau, exactement de la même manière : un flux migratoire de pareille ampleur sur fond de guerres non éteintes. Il n’est jamais trop tard pour agir.

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La proposition choc de l’UE pour mieux protéger ses frontières

Bruxelles va prôner mardi prochain la création d’une véritable agence européenne de gardes-frontières, constituée de milliers de personnels mobilisables rapidement, si possible contre l’avis d’un Etat membre de Schengen.

Source : La proposition choc de l’UE pour mieux protéger ses frontières

Politiques migratoires et représentations de l’Europe chez les migrants : violences et ambivalences (L’espace politique)

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L’Union européenne entend se protéger contre la venue de migrants en provenance des pays dits du Sud. À cet effet elle s’est dotée d’une politique migratoire visant à renforcer le contrôle de ses frontières, y compris au-delà de son territoire (Frontex), se constituant en une « forteresse Europe ». Les migrants ou candidats au départ sont au fait de cette politique et des mesures coercitives, parfois violentes, qui l’accompagnent ce qui n’affaiblit pas leur désir, leur volonté de migrer vers l’Europe. Par contre cette connaissance pratique et stratégique qu’ils acquièrent à travers les démarches qu’ils doivent entreprendre pour obtenir des papiers nécessaires pour pénétrer en Europe, à travers les récits de ceux qui ont tenté le passage, réussi ou pas, ou encore par les associations de défense des migrants, informe profondément la perception qu’ils ont de l’Europe. Un des effets de cette politique est la radicalisation des pôles de référence (négatif et positif) de leurs représentations, l’accentuation de l’ambiguïté qui les caractérise. Ce texte s’appuie sur les données recueillies auprès de migrants ou de candidats au départ argentins et maliens lors d’enquêtes menées par plusieurs chercheuses et chercheurs en Argentine et en Espagne, au Mali et en France (2009-2010) portant sur leurs représentations de l’Europe.

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Le destin des migrants (Métropolitiques)

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Si les frontières sont souvent invisibles, elles régissent le droit de circuler librement et les stratégies de migration clandestine. Commentant les photographies de Laetitia Tura, Sylvaine Bulle revient sur l’agencement complexe entre le droit, l’économie et la violence qu’implique le partage des territoires.

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