Griots, griottes, une référence internationale : Malouma

Traditionnellement, les griots maures de Mauritanie, appelés iggawen, étaient chargés d’exalter les vertus des chefs de tribus nomades et de divertir le public avec une musique à la fois savante et très diverse. Très complexe, le système musical maure comporte traditionnellement cinq modes mélodiques principaux et une trentaine de sous-modes. Dès la fin des années 1970, l’exode rural suscite une transformation radicale des gouts musicaux d’une société devenue majoritairement sédentaire et urbaine. La musique devient plus rythmée, ouverte sur une modernité électrique, et une bonne part du répertoire traditionnel parait aujourd’hui menacée.

Malouma Mint Moktar Ould Meidah est née dans les années 60 à Mederdra (Trarza) dans une famille de griots. Malouma devait avoir une vie toute tracée. Fille de Moktar Ould Meidah, une sommité de l’art musical traditionnel, mais aussi poète émérite, elle est aussi la petite fille de Mohamed Yahya Ould Boubane, autre virtuose du verbe et de la tidinit (petite guitare traditionnelle utilisée par les griots). Elle grandit à Charatt (une localité près de Mederdra) où ses parents lui enseignent les bases du jeu sur la harpe traditionnelle (ardîne). Elle commence très jeune à chanter, mais, elle ne se produit sur scène qu’à l’âge de douze ans. A cet âge la tradition veut que les filles des grandes familles soient déjà préparées à la vie « responsable » (mariage, prise en charge de soi…). A quinze ans Malouma est déjà une griotte accomplie. Elle n’accompagne plus seulement ses parents, mais anime des concerts entiers. C’est à cet âge qu’elle se prend à écouter, avec son père, les chansons de Oum Kalthoum, Abdel Halim Hafez, Fairouz, Nasri Cherns Dine, Sabah… Et, en même temps qu’elle grandit, elle découvre une autre musique, le blues, qui n’est pas loin de celle qu’elle maîtrise. Elle compose des petits chants qui ont un succès auprès des jeunes filles, mais la tradition est la plus pesante. Malouma se retrouve prise dans le carcan du mariage et du conformisme. Et elle ne revient sur scène qu’a la fin des années 80 en Mauritanie.

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One Response to “Griots, griottes, une référence internationale : Malouma”

  1. nianastasia dit :

    Je ne connaissais pas cette chanteuse, mais je l’aime bien. Je vois que ce n’est pas facile pour les femmes mauritaniennes de devenir chanteuses!