Méthode : analyser un texte narratif (point de vue, paroles rapportées, temps)

7 02 2014

ANALYSER UN TEXTE NARRATIF

 

  1. POINT DE VUE.– qui raconte ? Y a-t-il ici des marques directes de la présence du narrateur ? d’un jugement quelconque de celui-ci sur son personnage (pouvez-vous repérer des traces de discours ?) ?
    – qui voit ? Relevez tous les verbes du regard et de la sensation. Que remarquez-vous ? Quel est le sujet grammatical de ces verbes ?

 

LE POINT DE VUE DU NARRATEUR
Focalisation ou point de vue interne la narration se limite au point de vue d’un personnage.
Focalisation 0 ou point de vue omniscient le narrateur est omniscient (foyer de perception indécelable).
focalisation ou point de vue externe le narrateur est une sorte de témoin ignorant.

 

  1. PAROLES RAPPORTEES.
LES PAROLES RAPPORTEES
STYLE DIRECT Les paroles d’un personnage sont fidèlement rapportées : 

  • On utilise donc la ponctuation du dialogue ( : « -)
  • On conserve les temps verbaux utilisés par le personnage dont on rapporte les propos.
  • On garde également les personnes, les marques de lieu et de temps qu’il avait choisies.
  • Enfin, on conserve toutes les caractéristiques vivantes du langage oral : apostrophe, interjection, exclamation…

Exemple : elle se demanda : «Viendra-t-il demain ? »

STYLE INDIRECT
  • Les paroles d’un personnage sont intégrées dans le récit, dans une proposition subordonnée.
  • La ponctuation du discours direct disparaît donc (« – ?!).
  • Toutes les phrases deviennent déclaratives.
  • Les temps verbaux deviennent ceux du récit, en respectant les règles de concordance des temps.
  • Les marques de personnes grammaticales (adjectifs possessifs, pronoms personnels, pronoms possessifs) dépendent de celui qui rapporte les paroles.
  • Les marques de temps et de lieu sont modifiées.
  • Les caractéristiques du langage oral disparaissent.

Exemple : elle se demanda s’’il viendrait le lendemain.

LE DISCOURS INDIRECT LIBRE C’est un discours mixte qui emprunte ses modalités aux discours direct et indirect : du discours direct, il supprime les marques typographiques spécifiques (deux points et guillemets) mais il retient le ton et les marques du langage oral (! ? et interjections). Du discours indirect, il supprime les marques de la subordination mais retient le mode d’utilisation des temps verbaux, des pronoms personnels et le respect de la concordance des temps. 

  • Son originalité vient de ce qu’on ne le rencontre qu’à l’écrit, surtout dans la narration (avec laquelle il se confond souvent) : de ce fait, il est souvent difficile de savoir si les propos rapportés appartiennent au narrateur ou à l’un des personnages… ce qui crée des effets de polyphonie ! On peut l’identifier par :
  • Le ton et le rythme différents qu’il introduit dans celui de la narration.
  • Un niveau de langage parfois distinct de celui de la narration.
  • Une ponctuation expressive.
  • Un changement de point de vue.
  • Ses effets : jeu de focalisation, car la scène reçoit alors un éclairage d’un personnage distinct du narrateur. Il renforce la présence du personnage dans la narration, ce qui permet une caractérisation plus précise de celui-ci. Il crée des rapprochements entre le narrateur et son personnage, car leurs voix se superposent ou se mêlent. Le texte gagne en fluidité (les paroles rapportées sont mêlées avec finesse à la narration, sans rupture de la continuité).

Exemple : Viendrait-il le lendemain ?

LE DISCOURS NARRATIVISÉ
  • Le discours rapporté peur être transformé en narration : plus allusif que les autres systèmes de paroles rapportées, partie intégrante de la narration elle-même, il résume le sens général des propos tenus. On peut l’identifier par :
  • Les verbes de parole ou de pensée qu’il utilise.
  • Son aspect de résumé.
  • Ses effets : introduction d’ellipses (les paroles secondaires sont passées sous silence) qui dévoilent un point de vue et les choix narratifs particuliers. Des effets de rythme : il permet une accélération, un resserrement de l’action sur l’essentiel.

Exemple : il expliqua pendant deux heures les raisons de son choix.

 

  1. TEMPS.Le récit est mené, le plus souvent, au passé simple, mais on peut aussi trouver du présent :
  • Présent d’énonciation : ancré dans la situation d’énonciation, c’est le présent du moment où l’on parle. Exemple : J’étais mort et j’avais perdu ma femme. Aujourd’hui je suis un homme médiocre. Je marche et je rêve.
  • Présent de narration : rapporte au présent des actions passées. Il rend l’action plus vivante, donne une impression de “direct” alors que les faits appartiennent au passé. Exemple : La nuit était sombre. Un cri déchira la nuit. Soudain la porte s’ouvre. Ce présent est coupé de la situation d’énonciation (du présent de celui qui parle) car il est mis à la place d’un passé simple.
  • Présent de vérité générale : celui des définitions, de ce qui est toujours vrai. Exemple : Le chat est un animal à quatre pattes. Un mort n’est pas jaloux.

 


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