Grammaire: les verbes forts

Les verbes forts (qui soit dit en passant ne sont pas des verbes irréguliers), cela s’apprend mais surtout pas en liste par ordre alphabétique.

Si on faisait cela, on ne se rendrait pas compte que les verbes forts répondent en fait à des règles très strictes:

  • Tous les verbes forts font leur participe passé en – EN
  • Par exemple, tous les verbes forts en A font leur participe passé en A:

schlafen, schlief, geschlafen

  • Tous les verbes forts en E font leur prétérite en I(E)

sprechen, sprach, gesprochen, er spricht

etc,etc…

Alors bon courage et allez voir les listes et essayez de vous familiariser avec le système!

LES VERBES FORTS

A la recherche des cas perdus

L’emploi des différents cas : tout une montagne qui semble insurmontable aux francophones. C’est sûr, puisque le français n’a pas de cas… En êtes vous bien sûrs ?

– Si je vous dis : « je le parle », vous allez bien comprendre que je parle l’allemand. En fait, je parle quoi ? L’allemand, il s’agit bien d’un COD, donc d’un accusatif.

– Mais si je dis : « je lui parle », vous allez sûrement comprendre que je parle à un ami. Je parle à qui ? à un ami, c’est un COI, donc bien un datif.

Voulez-vous une autre preuve de ce que j’avance ? On fait bien la différence entre « l’homme qui est là  » (sujet = nominatif), « l’homme que je vois » (COD= accusatif) et « l’homme dont je vois la maison » (complément du nom = génitif).

Et pourtant, tous les exemples que je viens de donner sont bien du français, qui je le rapelle est une langue latine qui a gardé quelques survivances du latin. Et voilà ! L’allemand est une langue germanique qui utilise un système grammatical tout à fait latin.

Dans les jours qui viennent, je mettrai sur ce blog quelques fiches de grammaire allemande qui devraient servir à s’y retrouver dans la belle langue de Goethe. Mais qu’on se rassure ! Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas tant de grammaire que cela en allemand ; en tout cas, il y a des règles mais chacun sait que les allemands sont des gens disciplinés (!!!), alors il n’y a quasiment pas d’exceptions. Quand on a compris la règle, il suffit de l’appliquer.

Alors à bientôt, pour la grammaire allemande « facile » !

Le Monsieur Jourdain de l’allemand

Il est communément admis que le vocabulaire allemand est très difficile à apprendre pour nos esprits français. Je reviendrai dans mes prochains articles sur ce sujet mais je voudrais simplement vous proposer un petit intermède qui devrait montrer que la langue française aussi a bien des racines germaniques.

Une femme aperçoit depuis la fenêtre de son salon des enfants qui essayent de regarder à l’intérieur de sa maison :
« Mais, que font donc ces deux loustics debout sur la pointe des pieds sur mon beau balcon blanc ? Mais, ils essayent de regarder à travers le vasistas ! C’est fou ! »Elle ouvre son vasistas et crie :
« Allez, ouste, partez d’ici ou j’appelle vos parents. »

Vous avez bien compris ce petit monologue ? eh bien, voilà que vous parlez l’allemand sans le savoir.

Un loustic : c’est un mot allemand (Lustig) qui veut dire gai, joyeux, un loustic est donc un petit plaisantin.

Le balcon : mais d’où vient donc ce mot ? Tout simplement du mot « Balken » qui signifie une poutre. C’est d’ailleurs un mot qui a beaucoup voyagé : les troupes françaises qui traversaient le sud de l’Allemagne dans des temps bien reculés, ont remarqué les façades de maisons et furent étonnés de voir des avancées et des fenêtres en encorbellement. Ils ont donc demandé de quoi il s’agissait ; on leur répondit : « Balken » (des poutres). Rentrés en France, ils racontèrent qu’ils avaint vu des « Balken », qui sont bientôt devenus des « balcons ». Plusieurs siècles plus tard, ce mot allemand francisé est retourné à ses origines et ont dit aujourd’hui « der Balkon ».

Le vasistas : il est arrivé une aventure un peu analogue à cette expression. Les soldats de Bismark entrent dans Paris après la défaite française de Sedan en 1870. Ils voient les petites fenêtres et autres oeils de bœuf des immeubles hausmaniens. Ils demandent : « Was ist das ? ». Les Parisiens croient qu’ils désignent les fenêtres et se mettent à les appeler « vasistas ».

Blanc :
cet adjectif nous parait plutôt appartenir à notre fond de vocabulaire latin (blanco, bianco, en italien, en espagnol). Oui mais…, en latin, on disait « albus » qui a donné albâtre, albinos, albatros etc… L’adjectif « blanc » vient de « blank » qui désigne le reflet blanc de la lame de l’épée (et, oui, encore des histoires de soldats). On parle bien en français de l’arme blanche !

Ouste : cela vient tout simplement de l’exclamation « raus ! » qui veut dire « dehors ! », « sortez ». C’est vrai que le « raus » allemand est une interjection qui permet de donner un ordre rapide et sans appel ! La langue allemand par sa concision, se prête souvent à ce type d’ordre. D’ailleurs, les dompteurs d’animaux sauvages ou pas emploient souvent l’allemand pour donner des ordres (« Platz » : assis, etc.).

A ce sujet, voir le blog anglais du WebPédagogique.