Le latin est une matière intéressante dans la mesure où c’est une option qui demande aux élèves beaucoup d’efforts. Les problèmes que l’on peut rencontrer d’ordinaire en français prennent dans cette matière davantage d’ampleur. Les élèves, déjà lassés par la plupart des matières imposées, manifestent d’autant plus leur mauvaise humeur face à des notions grammaticales complexes.

Petit bilan de mes deux premiers trimestres en latin

Mes latinistes sont très enthousiastes en Cinquième. Ils découvrent une matière nouvelle avec joie. Nous apprenons souvent des notions en utilisant les Intelligences Multiples avec une grande spontanéité. Mes Quatrièmes commencent à s’essouffler. Mes Troisièmes sont hostiles à la matière, voire agressives.

Comment faire pour remotiver ces élèves qui en ont assez du collège et qui expriment d’autant plus leur mauvaise humeur dans une matière optionnelle souvent imposée par leurs parents ?  Je n’ai pas l’habitude, moi qui enseigne une matière (le français) valorisée par les parents et les élèves.

Remotiver les élèves par des jeux

la salle de classe de latin devient une arène

 

Je n’ai bien sûr pas de solution miracle (cela se saurait)  mais j’utilise depuis peu comme amorce des grilles de mots-croisés pour l’étude de vocabulaire. Je constate alors avec stupéfaction que les élèves ne se plaignent plus du tout, réclament d’autres grilles et que les plus agressives oublieraient presque de s’opposer systématiquement.

Il est intéressant de noter que le mot latin ‘ludus’ a les deux sens : école et jeu.

Certains diront que cette approche est démagogique, que le collège, c’est sérieux… Cependant je dirai que ce qui compte, c’est le résultat. Si mes élèves apprennent sans me faire une guerre permanente, qu’elles retiennent, pourquoi m’en plaindre ? Une option ne devrait-elle pas donner du plaisir aux élèves ?

J’essaie donc d’alterner les jeux et les exercices. Toute cette réflexion pour le latin vaut peut-être pour d’autres matières moins optionnelles comme le français mais dont les Troisièmes semblent souvent se lasser. Arrivés au lycée professionnel, certains élèves se délectent des études de cas, des jeux de rôles, de grilles de mots-croisés (si j’en crois une collègue qui enseigne à des CAP ou à des bac. pro.) … Si on lit Bruno Hourst, on se rend compte que dans les entreprises, lors des formations, les activités ludiques sont très prisées.

Jeux-cadres ou jeux sérieux ? Quand les utiliser ?

Après quelques années de pratique des jeux-cadres, des jeux sérieux, il me semble que les petits jeux individuels proposés aux élèves comme ceux que l’on peut créer avec Hot Potatoes ou d’autres logiciels similaires sont très intéressants dans la mesure où ils consomment peu de temps alors que les jeux-cadres sont plus chronophages. Les petits jeux sont une amorce agréable. Les jeux-cadres permettent de réviser une leçon très volumineuse ou très complexe, d’en explorer les méandres et les finesses. Peu à peu, j’apprends à doser la dimension ludique de mon enseignement.

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