Un lien vers un site de l’académie de Dijon qui parle du tutorat par les pairs

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Voici donc le lien, qui me semble très intéressant,

cpe.ac-dijon.fr/spip.php?article338

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Former les tuteurs

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J’ai décidé de former mes tuteurs. Il fallait définir leurs missions et les aider à jouer leur rôle.

Voici le document que je leur ai fourni.

J’ai utilisé l’heure d’Aide Personnalisée pour former mes petits tuteurs en faisant deux groupes : les tuteurs et les tutorés. Ces derniers travaillaient sur une petite rédaction pendant que nous parlions en nous appuyant sur le support. Puis avec les tuteurs, nous sommes allés aider les tutorés tous ensemble.

Certains ont pris conscience que jusque là, ils avaient tendance à donner les réponses à leurs camarades. D’autres ont, je l’espère, compris qu’il fallait encourager le tutoré. Enfin, ils ont vu qu’il fallait cibler le problème principal du tutoré et ne pas partir dans tous les sens.

Il y a peu de temps, un ou deux tuteurs par classe ont décidé d’arrêter. J’ai dû les encourager à poursuivre jusqu’aux prochaines petites vacances. Ils étaient un peu découragés, désorientés – c’est normal.

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Le tutorat dès la Sixième

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Lorsque j’ai commencé à aider des élèves, je me focalisais sur les faibles. Dans les classes hétérogènes qui m’étaient confiées, je m’activais, je courais dans tous les sens et je parvenais parfois à aider 5 ou 6 élèves. Il fallait que je crie sur la classe pendant que j’aidais les élèves en difficulté. La gestion de classe semblait impossible.

On peut donner une activité à toute la classe pendant qu’on aide quelques-uns, mais on s’épuise à toujours dire la même chose. C’est décourageant et si peu productif…

Pourquoi le tutorat ?

Il y a une sorte de fatalité qui veut que l’élève en difficulté n’arrive pas à percevoir les mots du professeur qui cherche à l’aider. Souvent, ce dernier répète plus ou moins ce qu’il a déjà dit, sans réussir à trouver ce qui manque, ce qui l’a déjà empêché d’atteindre sa cible lors de la première explication. L’enseignant risque de s’énerver et l’élève de se décourager. C’est pourquoi nombre de dispositifs d’aide (j’en ai fait l’expérience en Z.E.P. et dans un R.A.R.) sont tellement inefficaces. On rajoute une louche et une louche à une soupe déjà indigeste.

Si le professeur est frappé d’impuissance, c’est ailleurs qu’il faut aller chercher l’aide. Il faut se tourner vers un pair, un autre élève qui a déjà connu la difficulté ou tout simplement qui aura les mots et l’approche que l’enseignant n’a pas.

Encore une évidence : le professeur est seul, les élèves sont souvent 28.

Si on réussit à former 5 tuteurs, on peut couvrir la plupart des besoins d’une classe. Les élèves sont valorisés. Le professeur ne s’énerve plus, cesse de s’agiter inutilement avec l’énergie du désespoir. Les tuteurs sont ravis d’aider leurs camarades. Dans une telle classe, plus d’intellos ni de cancres mais une équipe où tous ont leur place. Plus d’élèves trop rapides qui s’ennuient, plus de laissés pour compte.

Je sais que cette vision paraît idyllique et il y aura d’autres difficultés, d’autres obstacles mais cela vaut le coup d’essayer.

 

Comment mettre en place un tutorat ?

J’ai cherché des références pédagogiques et je suis tombé sur un rapport très intéressant d’une expérience menée au collège, en Sixième en français et en mathématiques.

J’ai donc présenté à mes élèves de Sixième le tutorat en leur vantant ses mérites. Le premier est la solidarité : nous formons une équipe. Deuxièmement, j’explique aux tuteurs qu’ils ont beaucoup à gagner : on apprend plus en expliquant aux autres, on retient facilement. On développe son intelligence inter-personnelle (nous parlerons plus tard des intelligences multiples).

Beaucoup ont été volontaires et j’ai choisi certains, promis à d’autres qu’ils seraient tuteurs quand ils seraient prêts. J’ai mis en place le tutorat, il y a 3 semaines environ et certains effets se font déjà sentir. Deux élèves qui ne rendaient que des copies blanches se sont mis au travail. Un autre voulait tellement être tuteur qu’il a redoublé d’efforts au point de régler des problèmes qui demandent normalement au moins 4 mois. Les notes ont augmenté. Il me semble (même si c’est subjectif) que l’ambiance s’est améliorée. Sans avoir le don d’ubiquité, je me sens moins frustré car j’arrive, de cette manière, à aider beaucoup plus d’élèves.

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