31 Mai
2011
La carrière du vampire dans le monde du cinéma commence très tôt
Les origines du vampire, si elles ne sont pas cinématographiques, sont pourtant liées de près au 7eme art. Invention littéraire, le vampire naît en effet quasiment en même temps le cinéma. En décembre 1895, se déroule la première projection du cinématographe, « L’entrée du train en gare de La Ciotat », et moins de deux ans plus tard, en 1897, est publié « Dracula » de Bram Stocker, ouvrage fondateur du mythe.
Le premier film, « Nosferatu », un film muet, adapté selon un roman de Stoker, voit le jour en 1922, en Allemagne. Réalisé par Friedrich W. Murnau, il demeure un chef d’œuvre incontournable du genre. N’ayant pas payé les droits d’adaptation du roman, le cinéaste change tous les noms des personnages : c’est donc le comte Orlok, interprété par Max Schreck, qui reçoit le commis Hutter. Le film prend de nombreuses libertés avec le personnage romanesque : Nosferatu « porteur de peste », c’est un personnage hideux, aux dents de lapin, aux yeux ronds et aux mains crochues. L’Allemand Murnau y déploie des trésors de mise en scène, rapprochant le style expressionniste avec ces intérieurs aux angles angoissants, ces ombres omniprésentes et dévorantes, ce noir et blanc tranchant, à des scènes en extérieur fantastiques, allant jusqu’à expérimenter l’utilisation du négatif pour une scène devenue mythique. Déployant l’idée de frontière, ce film invente par ailleurs une spécificité absente chez Stocker : Nosferatu craint le soleil, et ne sort que la nuit. Idée reprise à n’en plus finir.
Il faut attendre l’an 1931 pour que le vampire devienne à l’écran un personnage aussi séduisant que celui imaginé par Bram Stocker. «Dracula» de Tod Brownig est ainsi le premier film de vampire parlant et il est interprété par un émigré hongrois pas vraiment jeune et à l’accent à couper au couteau: Bela Lugosi. Avec sa voix grave et son jeu de regard très expressionniste, l’acteur impose une étrangeté qui convient parfaitement au rôle, dans des décors volontiers baroques et très impressionnants. Le succès public est immédiat, et le studio se lance dans toute une série de déclinaisons et explore les mythes horrifiques de la littérature (Frankenstein, la momie, le loup garou, les monstres, l’homme invisible). Après «La fille de Dracula», «Le Fils de Dracula», commencent les croisements : «Le Loup Garou contre Dracula», «Frankenstien contre Dracula»… Mais l’effet de mode ne dure pas plus de dix ans.

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