Notes sur le subjonctif

photo © Nicolas Bravin

 

 

  • Les verbes « être » et « avoir » au subjonctif présent

 

Chanson de Georges Brassens : Le temps ne fait rien à l’affaire

 

  • Les désinences ou terminaisons

  • Si le radical est le même pour « ils/elles » et « nous » au présent de l’indicatif…

 

Chanson de Bénabar : Qu’est-ce que tu voulais que je lui dise ?

Qu’est-ce que tu voulais que j’lui dise ?
Toute la vérité, rien que la vérité ?
Est-ce que tu voulais que j’lui dise
Que ça ne f’ra qu’empirer ?

 

  • Si le radical n’est pas le même pour « ils/elles » et « nous » au présent de l’indicatif…

 

Chanson de Barbara : Vienne (1973)

 

 

  • Exceptions : certains verbes ont un radical spécifique !

 

photo © Nicolas Bravin

 

Chanson d’Hubert Mounier : Fatalitas (2011, album La Maison de pain d’épice)

Fatalitas
Quoi que l’on fasse
Il y a toujours la menace
De n’être nulle part à sa place

 

Chanson d’Hubert Mounier : Nelson (2001, album Le Grand Huit)
interprétée par Nico Bravin (2008)

Je ris je parle je vis et je me cache
Je pleure la nuit sans que tu saches
Combien j’espère

 

Chanson de Mano Solo : Paris avance (2004, album Les Animals)

Il faut que je le sache
Que je sorte et que je me lâche
Il faut que je me rassure
Que tout perdure
Que se cravachent les démesures

 

  • Si le verbe de la proposition principale change de temps…

 

QUAND FAUT-IL EMPLOYER LE SUBJONCTIF ?

Un grand classique de Graeme Allwright : Il faut que je m’en aille (1966, album Joue, joue, joue)

Buvons encore une dernière fois
À l’amitié, l’amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m’fait d’la peine, mais il faut que je m’en aille

version avec les paroles :

reprise par le groupe Pigalle :

 

Chanson d’Alain Bashung : Les mots bleus (1974, Jarre / Bevilacqua, composée pour Christophe)

Il est six heures au clocher de l’église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l’attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
À tout prix
(…)
Il n’y a plus d’horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu’elle comprenne
À tout prix

 

Chanson de Jean-Jacques Goldmann : Pas toi (1986, 45 tours)

Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi…

Vidéo avec les paroles de la chanson :
(mais il n’y a pas de virgule dans les phrases suivantes :
« J’ai beau me dire qu’il faut du temps », « J’ai beau me dire que c’est comme ça », « Je ne sais pas pourquoi je saigne »)

 

Chanson de Jacques Brel : Les bonbons (1964)

Je vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs c’est périssable
Puis les bonbons c’est tellement bon
Bien que les fleurs soient plus présentables
Surtout quand elles sont en bouton

voir ici les paroles en allemand

 

Veuillez noter que lorsque les locutions « d’aussi loin que » ou « du plus loin que » ont une valeur spatiale, on emploie l’indicatif. Mais quand elles ont valeur temporelle, on emploie le subjonctif :

Chanson de Barbara : Ma plus belle histoire d’amour (1967)

Du plus loin que me revienne l’ombre de mes amours anciennes
Du plus loin, du premier rendez-vous
(…)
Du plus loin qu’il m’en souvienne, si depuis j’ai dit « je t’aime »
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous

voir ici les paroles en allemand

  • Que se passe-t-il quand le sujet des deux propositions est identique ?

… et pourtant, il peut arriver que l’on trouve aussi une répétition du sujet et le subjonctif, comme dans les deux chansons suivantes :

Chanson de Louis-Jean Cormier : Ce soir l’amour est dans tes yeux (reprise d’une chanson de Martine St-Clair)

(vidéo ci-après avec les paroles, mais il y a malheureusement quelques erreurs dans la strophe suivante, ici correctement transcrite)

J’ai peur tout simplement
Que de nous deux je sois perdant
Et un beau jour me retrouver
Tout seul à force de trop aimer
Alors jure-moi d’avoir toujours
Cette façon de me regarder
Oui jure-moi de me dire encore
Ces mots qui me font chavirer

 

Chanson de Véronique Sanson : Amoureuse (1972)

Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j’aie l’ombre d’un remords
(…)
Je prie pour que le destin m’en sorte
Je prie pour que le diable m’emporte

adaptation allemande de la chanson :

 

  • Classification thématique selon ce que l’on veut exprimer

 

Chanson de Françoise Hardy : Message personnel (1973, Hardy/Berger)

J’ai peur que tu sois sourd
J’ai peur que tu sois lâche

 

 

Chanson de Jacques Dutronc : Les Play-Boys (1966, Lanzmann/Dutronc)

Croyez-vous que je sois jaloux ?
Pas du tout, pas du tout !

 

Chanson de Léo Ferré : (Noël) Madame à minuit (poème de Luc Bérimont / musique Ferré, 1959)

Madame à minuit, croyez vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez -vous qu’on rie* ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

[* il semblerait que Bérimont ait écrit « rit » (indicatif) dans le poème original – et peu importe, c’est une magnifique chanson !]

 

 

Chanson de Georges Brassens : Misogynie à part (1969)

J’admets que ce Claudel
Soit un homme de génie
Un poète immortel
Je reconnais son prestige
Mais qu’on aille chercher
Dedans son œuvre pie
Un aphrodisiaque
Non ça c’est de l’utopie
Elle m’emmerde vous dis-je

 

Chanson de Daniel Balavoine : Le chanteur (1978)

Et partout dans la rue
J’veux qu’on parle de moi
Que les filles soient nues
Qu’elles se jettent sur moi…

 

Chanson de Mouloudji : Les feuilles mortes (1946, Jacques Prévert/Joseph Kosma)

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis

interprétée en anglais par Frank Sinatra et Bob Hope sous le titre « Autumn Leaves » (1957) :

 

Chanson de Serge Gainsbourg : La chanson de Prévert (1961)

 

… et par Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg :

 

Chanson de Louise Attaque : J’t’emmène au vent (1997)

 

Chanson de Serge Gainsbourg : Overseas Telegram (1981, album Mauvaises nouvelles des étoiles)

J’aimerais que ce télégramme
Soit le plus beau télégramme
De tous les télégrammes
Que tu recevras jamais
Et qu’ouvrant ce télégramme
Et lisant ce télégramme
À la fin du télégramme
Tu te mettes à pleurer

 

Charlotte Gainsbourg chante Couleur café (Serge Gainsbourg, 1964)

L’amour sans philosopher
C’est comme le café
Très vite passé
Mais que veux-tu que j’y fasse
On en a marre de café
Et c’est terminé
Pour tout oublier
On attend que ça se tasse

 

Chanson de Barbara : Attendez que ma joie revienne (1967)

Attendez que ma joie revienne
Et que se meure le souvenir
De cet amour de tant de peine
Qui n’en finit pas de mourir.
Avant de me dire je t’aime,
Avant que je puisse vous le dire,
Attendez que ma joie revienne,
Qu’au matin je puisse sourire.

voir ici les paroles de la chanson

 

 

Chanson : Madame la Marquise (1935, Paul Misraki)

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien…

interprétée par Sacha Distel, Jean-Pierre Cassel, Jean-Marc Thibault, Roger Pierre et Jean Yanne (1967) :

 

Chanson de Laurent Voulzy : My Song of You (1987, Souchon/Voulzy)

Pour qu’elle penche la tête vers moi doucement
Qu’elle sente dans mon cœur les sentiments
Pour que dans ses fatigues, ses sommeils
Y’ait que moi
Toutes ces mélodies
Ces variétés que je traîne
C’est tout simplement
Pour que ma fiancée m’aime
Que la réserve de baisers qu’elle a
Que tous les messages que son cœur envoie
Ouh…
Que tous ces…
Aillent
Sur ma joue my…

(fiche de travail avec paroles et textes lacunaires à télécharger ici)

 

Chanson d’Hubert Mounier / L’Affaire Louis’ Trio : Succès de larmes (1988)

Une chanson qu’on caresse
Pour qu’un visage disparaisse
Fuyez douce image
Fuyez douce image
(…)
Le temps efface
Pour qu’on s’enlace
Sur des succès de larmes
Dont la vérité nous charme
Le temps romance
Pour que l’on danse
Pour que l’on danse encore

 

La locution conjonctive « pourvu que » est toujours suivie d’un subjonctif. Dans une subordonnée, elle exprime une condition (indispensable) et est synonyme de « à condition que » : « Pourvu que tu apprennes la conjugaison française, tu seras bien préparé(e) à l’examen de fin de semestre. » Dans une phrase exclamative, elle traduit un souhait : « Pourvu que tu réussisses ton examen ! » Elle est alors synonyme de l’expression figée « Fasse le ciel que… » : « Fasse le ciel que tu réussisses ton examen ! »

Chanson de Gauvain Sers : Pourvu (2017 – clip de Jean-Pierre Jeunet)

 

Chanson : Parlez-moi d’amour (1924, Jean Lenoir / chantée en 1930 par Lucienne Boyer)

Pourvu que toujours
Vous répétiez ces mots suprêmes :
« Je vous aime »

voir ici les paroles de la chanson, interprétée par Joséphine Baker :

 

Chanson d’Ycare : Pourvu que tu viennes (2013)

On fera du ski au Sénégal
Pourvu que tu viennes ça m’est égal

Pourvu que tu viennes
Que tu viennes à Vienne avec moi
Boire un rhum à Rome, je ne sais pas
Tout ce qui te ferait plaisir
T’acheter une écharpe en cachemire.
Danser le rock au Maroc, pourquoi pas
Voir Dali à Delhi, s’il est là
J’inventerai tout pour te faire plaisir
Même cette fausse écharpe en cachemire

 

L’espoir, le désir et le souhait peuvent aussi s’exprimer par le mode optatif, dont la structure est alors : verbe « pouvoir » au subjonctif + sujet à toutes les personnes (comme toujours lors de l’inversion, il faut un trait d’union entre le verbe et le sujet quand celui-ci est un pronom personnel) + infinitif :

Chanson de Jane Birkin, Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc : Les p’tits papiers (1965, Gainsbourg)

Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

 

L’injonction (expression d’un ordre ou d’un souhait vif) s’exprime par l’impératif, mais celui-ci n’existant qu’à trois personnes, on a recours, pour toutes les personnes, au subjonctif employé seul dans un phrase exclamative.
exemple : « Que la lumière soit ! »

Chanson de Lio : Amoureux solitaires (1981)

Que nos vies aient l’air d’un film parfait !

 

Chanson de Georges Brassens : L’Auvergnat

Toi l’Auvergnat quand tu mourras
Quand le croquemort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au Père éternel

voir ici les paroles en allemand

 

Chanson de Vanessa Paradis : Le rempart (2014, Mathieu Boogaerts, album Love Songs)

Oui qu’est-ce que j’espère ?
Qu’on me dise la fin de l’histoire
Qu’on me libère, qu’on me repère
Qu’on me dise si je viens, si je pars
Que l’on m’éclaire
Que l’on me fasse voir
Ce qu’il y a derrière
Derrière cette histoire
Derrière ce rempart
C’est un mystère

en duo avec Benjamin Biolay :

 

Catherine Sauvage chante intégralement Il n’y a pas d’amour heureux (texte de Louis Aragon (1944) / Brassens)

Le temps d’apprendre à vivre
Il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit
Nos cœurs à l’unisson
(…)
Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs
Il n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à tous les deux

voir ici les paroles en allemand

 

Il n’y a / Il n’est pas de/d’…  Il n’y a / Il n’est pas un/une… Il n’y a / Il n’est rien qui/que/dont… Rien qui/que… Rien ne… (fiche en cours d’élaboration !)

Chanson d’Archimède : Julia (2014, album Arcadie)

Julia, j’ai passé ma vie à t’attendre
Tu répands tes couleurs sur mon avenir
Julia, il n’est rien qui ne puisse me rendre
Plus heureux que de te voir sourire

 

Quand la condition ne joue aucun rôle sur le résultat, on utilise (entre autres) la structure : « que…, que…, + proposition principale » ou bien « que… ou que…, + prop. principale », à laquelle on est libre d’ajouter la locution adverbiale « quand même » ou de simplement la sous-entendre :

Chanson de Georges Brassens : La mauvaise réputation

Que je me démène ou que je reste coi
Je passe pour un je-ne-sais-quoi

voir ici les paroles en allemand

Vidéo avec les paroles :

 

Chanson de Georges Brassens : Je me suis fait tout petit

Bien qu’elle soit jalouse au-delà de tout
Et même pire (…)
Il en est de pires, il en est de meilleures
Mais à tout prendre
Qu’on se pende ici, qu’on se pende ailleurs
S’il faut se pendre…

voir ici les paroles de la chanson
voir ici les paroles en allemand

 

  • Le verbe « venir » placé en début de phrase se conjugue au subjonctif :

Poème de Guillaume Apollinaire lu par lui-même : Le Pont Mirabeau (1913, Alcools)

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Le Pont Mirabeau chanté par Léo Ferré (1986) :

 

Expressions figées… (en construction !)

  • quoi qu’il advienne

Chanson de Vanessa Paradis : Mi Amor

  • coûte que coûte

Chanson de Tryo : El Dulce de Leche (2008, album Ce que l’on sème)

Il faudra reprendre la route
Devenir français coûte que coûte
Réfugié dans un tiroir
On passe le temps, on garde espoir
C’est ça être français j’en doute
C’est ça être français sans doute

  • vive le, la, l’ / les + substantif

Chanson traditionnelle : Vive le vent !

  • fasse le ciel que/qu’ + subjonctif !

Chanson de Francis Cabrel : Comme eux (2013, album Hors saison)

Fasse le ciel qu’on soit comme eux…

voir ici les paroles de la chanson
l’album sur deezer

 

  • (que) le diable m’emporte ! cette locution, employée seule, marque la plus intense stupéfaction ; lorsqu’elle est suivie de « si » et de l’indicatif, elle souligne et intensifie, sous la forme d’un serment, le fait que l’on tient pour complètement impossible (ou non crédible) ce qui est affirmé (ou nié) :
    exemple : « Que le diable m’emporte si je sais au fond ce que je suis. » – Diderot, Le Neveu de Rameau

Texte sans musique de Gerges Brassens : Le fidèle absolu

Bonhomme sais-tu pas
Qu’il existe là-bas
Des beautés par séquelles,
Et qu’on peut sans ennui
Connaître mille nuits
De noces avec elles ?

Et l’homme répondit :
« Je le sais bien, pardi,
Mais le diable m’emporte
Si je m’en vais chercher
Loin d’ici ce que j’ai
Juste devant ma porte. »

voir ici le texte

Chanson de (Pierre-Jean de) Béranger (1780 – 1857) : Le Bon Dieu

Enfants, ne m’en veuillez donc plus :
Les bons cœurs seront mes élus.
Sans que pour cela je vous noie,
Faites l’amour, vivez en joie :
Narguez vos grands et vos cafards.

Adieu, car je crains les mouchards.
À ces gens-là si j’ouvre un jour ma porte,
Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte,
Je veux bien que le diable m’emporte.

voir ici les paroles de la chanson interprétée par Gaël Liardon :

 

 

  • que le diable t’/vous/l’/les emporte ! cette locution employée seule traduit le souhait de se débarrasser des importuns et des ennuis :

Chanson de Barbara, Ma plus belle histoire d’amour (voir plus haut)

Et de vous, perdant courage
Soudain, me prenait la rage
Mon Dieu, que j’avais besoin de vous
Que le Diable vous emporte
D’autres m’ont ouvert leur porte
Heureuse, je m’en allais loin de vous

 

Chanson de Serge Gainsbourg : Un violon, un jambon (BO du film On a volé une chanson de Jean Baque, 1965)

Suspends un violon, un jambon à ta porte
Et tu verras rappliquer les copains
Tous tes soucis que le diable les emporte
Jusqu’à demain

 

  • n’en déplaise à… / ne vous (en) déplaise, … (toutes les personnes sont possibles ici, sauf « je » et « nous »)  – cette expression peut avoir deux sens selon le contexte: elle permet d’exprimer un souhait et signifie « (pourvu) que cela ne déplaise pas à… ! » ou bien elle exprime une condition sans incidence sur le résulat et signifie « que cela plaise ou non à… »

Chanson de Serge Gainsbourg : La Javanaise (1963, composée pour Juliette Gréco)

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d’une chanson

 

Chanson de Georges Brassens : Les copains d’abord (1964)

Non, ce n’était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu’on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en pèr’ peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’app’lait les Copains d’abord

Les Copains d’abord
Ses « fluctuat nec mergitur »
C’était pas d’la litterature
N’en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses mat’lots
N’étaient pas des enfants d’salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d’abord

voir ici les paroles en allemand

interprétée par 16 comédiennes et comédiens sous la direction de Louis Chédid – projet « Brassens sur Parole(s) » (2016) :

 

  • peu importe ! qu’importe !
    peu (m’) importe le, la, l’…
    peu (m’) importent les…
    qu’importe / que m’importe le, la, l’…qu’importent / que m’importent les…

Chanson de Jeanne Moreau : Ni trop tôt ni trop tard (1964, Serge Rezvani, sous le pseudonyme de Bassiak)

Peu m’importe la tyrannie
Et le règne des soudards
Tant qu’ils nous laissent la vie
Tant qu’aimer n’est pas trop tard
(…)
Peu m’importent vos sarcasmes
Et vos hoquets goguenards
Uniformes du marasme
Tant qu’aimer n’est pas trop tard
(…)
Que m’importent les mensonges
Dont on broda nos berceaux
Et la faux le ver qui ronge
De la mort des oripeaux
(…)
Que m’importe le temps qui passe
Et s’éloigne nulle part
Le doux présent nous enlace
Tant qu’aimer n’est pas trop tard

voir ici les paroles de la chanson et d’autres enregistrements

 

  • vaille que vaille cette expression se retrouve dans tant de chansons qu’une page lui sera dédiée ; voici ma préférée :

Chanson de Juliette Noureddine, interprétée au Grand Rex en duo avec Guillaume Depardieu : Une lettre oubliée (2005, album Mutatis mutandis)

Mais adieu ma vie mon cœur
Il faut bien que je m’en aille
On m’appelle il est six heures
À demain vaille que vaille
À moins que ton artilleur
N’ait pour seules funérailles
Que les tranchées et la peur
Le vacarme et la mitraille

Sur ces pages abîmées
Il manque l’ultime morsure
La certitude affirmée
D’une simple signature
Mon amour si d’aventure
Au front je devais tomber
Je voudrais que tu me jures
De ne jamais m’oublier

Subjonctif passé…

à suivre… !

 

Photos de Nicolas Bravin publiées sur ce blog avec son aimable autorisation.

Notes sur l’expression du goût et des sentiments

… en construction !

Texte de Grand Corps Malade (slam) : Un verbe (2010, album 3ème Temps, musique Gilles Bourgain)

  • Les verbes aimer, adorer, préférer, apprécier, regretter, supporter, détester sont suivis :

- d'un nom propre
- de l'article défini "le, la, l', les" + un substantif (ou un nom propre avec article, par exemple un nom de pays)
- du déterminant (ou adjectif) possessif "mon, ma, mes..." + un substantif
- du déterminant (ou adjectif) démonstratif "ce/cet, cette, ces" + un substantif
- d'une proposition subordonnée complétive conjonctive à l'indicatif introduite par la conjonction de subordination "ce qui", "ce que/qu'", "ce dont"

Chanson d'un jour d'été - Chanson du film Les Demoiselles de Rochefort (Jacques Demy, 1967) interprétée par Anne Germain et Claude Parent, qui prêtent leurs voix à Catherine Deneuve et Françoise Dorléac

Aimer la vie aimer les fleurs
Aimer les rires et les pleurs
Aimer le jour aimer la nuit
Aimer le soleil et la pluie
Aimer l'hiver aimer le vent
Aimer les villes et les champs
Aimer la mer aimer le feu
Aimer la terre pour être heureux

On ne peut que regretter l'amour envolé

 

Chanson de Pierre Perret : Au café du canal

J'aime le ciel parce qu'il est dans tes yeux
J'aime l'oiseau parce qu'il sait ton nom
J'aime ton rire et tous ces mots curieux
Que tu viens murmurer au col de mon veston

 

  • Les verbes aimer, adorer, préférer et détester sont suivis d'une proposition subordonnée complétive infinitive = une proposition qui se réduit à un verbe à l'infinitif ou qui commence par un verbe à l'infinitif
    exemple : Les enfants aiment jouer dehors.

Chanson de Benjamin Biolay : Ton héritage (2009, album La Superbe)

Si tu aimes la marée basse, le soleil sur la terrasse
Si tu aimes l'automne vermeil
Si tu aimes les soirs de pluie
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu aimes sentir la terre

 

  • Les verbes apprécier, regretter, supporter (en général avec un adverbe : "mal", "difficilement"...) et ne pas supporter sont suivis d'une proposition subordonnée complétive introduite par la préposition (le subordonnant) "de" = une proposition qui se réduit à "de" + un verbe à l'infinitif ou qui commence par "de" + un verbe à l'infinitif
    exemples : Nous apprécions de travailler à notre rythme. Je regrette de partir si tôt. Il ne supporte pas de voir ses amis tristes.
  • Les verbes aimer, adorer, préférer, apprécier, détester, supporter (en général avec un adverbe : "mal", "difficilement"...) et ne pas supporter sont suivis d'une proposition subordonnée (circonstantielle) à l'indicatif introduite par la conjonction de subordination "quand" et qui a ici la fonction d'une subordonnée complétive
    exemple : J'aime quand tu souris. - Je n'aime pas quand tu pleures.

Chanson d'Hervé Vilard : Pas pleurer (1981)

 

  • Les verbes aimer, adorer, préférer, apprécier, détester, regretter, supporter (en général avec un adverbe : "mal", "difficilement"...) et ne pas supporter sont suivis d'une proposition subordonnée complétive au subjonctif introduite par la conjonction de subordination "que"
    exemple : Je préfère que nous partions avant le lever du soleil.

***

Poème de Boris Vian : Y'a du soleil dans la rue

Y'a du soleil dans la rue
J'aime le soleil mais j'aime pas la rue
Alors je reste chez moi
(...)

 

Chanson de Mouloudji  : Valse jaune (musique : Marguerite Monnot, sur un poème de Boris Vian)

Il y a du soleil dans la rue
Moi j'aime le soleil mais j'aime pas les gens / mais j'ai peur des gens [variante]
Et je reste caché tout l'temps
A l'abri des volets d'acier noir

Il y a du soleil dans la rue
Moi j'aime bien la rue mais quand elle s'endort
Et j'attends que le jour soit mort
Et je vais rêver sur les trottoirs
(...)

Et l'soleil
Fait le tour de la terre
Et revient sans s'en faire
Et la rue se remplit de travail et de bruit
Alors
C'est là que j'me méfie...

Car il y a du travail dans la vie
Moi j'aime pas l'travail mais j'aime bien la vie
Et j'vais voir de quoi elle a l'air
En f'sant gaffe de pas trop en faire
(...)

 

Chanson de Jacques Dutronc : J'aime les filles (1967, Lanzmann/Dutronc)

 

***

  • tout aimer ou aimer quelque chose / ne rien aimer
    j'aime tout, tu adores tout, il préfère tout, elle apprécie tout, nous regrettons tout, vous supportez tout, ils détestent tout
    je n'aime rien, tu n'adores rien, il ne préfère rien, elle n'apprécie rien, nous ne regrettons rien, vous ne supportez rien, ils ne détestent rien
  • aimer quelqu'un / n'aimer personne
    j'aime qn, tu adores qn, il préfère qn, elle apprécie qn, nous regrettons qn, vous supportez qn, ils détestent qn
    je n'aime personne, tu n'adores personne, il ne préfère personne, elle n'apprécie personne, nous ne regrettons personne, vous ne supportez personne, ils ne détestent personne

Reprise de Non, je ne regrette rien par Bernadette Soubirou et ses Apparitions (1990)

 

  • Pour les pronoms compléments remplaçant des noms et employés avec les verbes (à la forme affirmative ou négative) aimer, adorer, préférer, apprécier, détester, regretter, supporter et aussi connaître, il faut distinguer les noms d'êtres vivants (humains, animaux) et les inanimés :

- pour les noms d'êtres humains, d'animaux et les noms inanimés personnifiés ou avec lesquels on a une relation affective (pays, ville...) et les noms déterminés, on utilise les pronoms personnels compléments (COD) "me, m' / te, t' / le, la, l' / nous / vous / les"
exemples : La Méditerranée, je l'aime beaucoup. - Ce café (= ce produit-là), je le préfère à celui qu'on boit d'habitude. - Le café (= le/mon café, quand je le bois), je l'aime très chaud. - Les fruits, il les adore juteux (= les/ses fruits, quand il les mange). - Ta ville, tu la connais bien.

Chanson de Gaëtan Roussel : Dis-moi encore que tu m'aimes (2010, Roussel/Dahan, album Ginger)

 

- pour les autres inanimés, voire pour des noms collectifs, des noms désignant une catégorie, on utilise le pronom démonstratif complément (COD) "cela/ça" ou bien on n'utilise pas du tout de pronom (mais on peut toujours ajouter, avec des variations selon le verbe, un adverbe : "bien", "beaucoup"...)
exemples : Le chocolat, j'adore ça. Le chocolat, j'adore ! - Les légumes, il déteste (ça). - La foule, tu n'aimes pas tellement (ça). - Barcelone, nous ne connaissons pas encore. - Et le rock français, vous connaissez ?

  • Pour les pronoms compléments remplaçant des propositions subordonnées...

a) ... introduites par "quand" (le cas échéant), par "ce qui", "ce que/qu'", "ce dont", par "que" ou dans le cas d'une proposition infinitive, on utilise le pronom démonstratif complément (COD) "cela/ça" avec tous les verbes cités*
exemples :
Nous aimons quand vous souriez - Nous aimons cela/ça
Je préfère que tu sois toi-même - Je préfère cela/ça
Tu détestes arriver en retard - Tu détestes cela/ça

Chanson de Téléphone : Ça, c'est vraiment toi (1982, album Dure limite)

avec les paroles :

 

b) ... qui suivent le verbe supporter, on peut aussi utiliser le pronom complément "le"
exemples :
Il supporte mal d'habiter dans une ville polluée - Il supporte mal cela/ça ou Il le supporte mal
Nous ne supportons pas qu'on puisse impunément porter atteinte aux droits humains  - Nous ne supportons pas cela/ça ou Nous ne le supportons pas

c) ... *qui suivent le verbe regretter, il vaut mieux utiliser seulement "le" (ici, "ça" est considéré comme familier) :
Il regrette d'être arrivé en retard / Il regrette que ses paroles aient été trop dures - Il le regrette

 

  • Foutaises - Court-métrage de Jean-Pierre Jeunet (1989) avec Dominique Pinon

version sous-titrée avec hélas de petites erreurs - transcription correcte ci-dessous :
"Mais j'aimais pas... et j'aime toujours pas les cadavres des sapins de Noël sur les trottoirs en janvier."
"Tu sais ce qu'on a acheté ce matin avec les copains ? Pour le casse-croûte à dix heures ? Trois baguettes, deux camemberts et deux p'tits Côtes-du-Rhône ! Vingt-trois francs chacun, ça nous a coûté..."

 

 

« Gauguin » de Barbara

Une chanson de Barbara (1930-1997)

Gauguin – Lettre à Jacques Brel

Il pleut sur l’île d’Hiva-Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d’ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l’île qui sommeille encore.

Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l’enfance.

Bonjour monsieur Gauguin.
Faites-moi place.
Je suis un voyageur lointain.
J’arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil.
Faites-moi place.

Tu sais,
Ce n’est pas que tu sois parti
Qui m’importe.
D’ailleurs, tu n’es jamais parti.
Ce n’est pas que tu ne chantes plus
Qui m’importe.
D’ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu’un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer,

Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.
Mais qui peut dire ?
Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu’aujourd’hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu’il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin.

Souvent, je pense à toi
Qui as longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C’était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.

Je signe Léonie.
Toi, tu sauras qui je suis,
Dors bien

© Barbara (paroles et musique) – album Gauguin (1990, Philips)

 

  • Clip Gauguin (avec sous-titres en anglais) tourné à Mogador en 1990 par Bertrand Fèvre

 

  • Animation avec des tableaux de Gauguin

 

  • Entretien Barbara et Jacques Brel au sujet du film Franz – sorti en 1972, produit par les Éditions Beaux rivages, réalisé par J. Brel et co-écrit avec Paul Andréota – dans lequel ils jouent les personnages de Léonie et Léon

« Indignation » de Charles Cros

Un poème de Charles Cros (1842-1888), poète et inventeur

Indignation

J’aurais bien voulu vivre en doux ermite,
Vivre d’un radis et de l’eau qui court.
Mais l’art est si long et le temps si court !
Je rêve, poignards, poisons, dynamite.

Avoir un chalet en bois de sapin !
J’ai de beaux enfants (l’avenir), leur mère
M’aime bien, malgré cette idée amère
Que je ne sais pas gagner notre pain.

Le monde nouveau me voit à sa tête.
Si j’étais anglais, chinois, allemand,
Ou russe, oh ! alors on verrait comment
La France ferait pour moi la coquette.

J’ai tout rêvé, tout dit, dans mon pays
J’ai joué du feu, de l’air, de la lyre.
On a pu m’entendre, on a pu me lire
Et les gens s’en vont dormir, ébahis…

J’ai dix mille amis. Ils ont tous des rentes.
Combien d’ennemis ?… Je ne compte pas.
On voudrait m’avoir aux fins des repas,
Aux cigares, aux liqueurs enivrantes.

Puis je m’en irais foulant le tapis
Dans l’escalier chaud, devant l’écaillère* ;
Marchant dans la boue, ou dans la poussière,
Je retournerais à pied au logis*.

Las* d’être traité comme les Ilotes*,
Je vais m’en aller loin de vous, songeant
Que je ne peux pas, sans beaucoup d’argent,
Contre tant de culs user tant de bottes.

Charles Cros, Le Collier de griffes (publication posthume en 1908)

* vocabulaire
une écaillère : une marchande de coquillages et d’huîtres, qui les ouvrait avant de les vendre
le logis : la maison, le foyer
las / lasse (adj.) : fatigué /-ée, découragé / -ée
les Ilotes : les esclaves des Spartes ; au figuré : personne asservie

« Les vacances au bord de la mer » par Michel Jonasz

Une chanson de Pierre Grosz et Michel Jonasz (1975)

Les vacances au bord de la mer

On allait au bord de la mer
Avec mon père, ma sœur, ma mère
On regardait les autres gens
Comme ils dépensaient leur argent
Nous il fallait faire attention
Quand on avait payé le prix d’une location
Il ne nous restait pas grand-chose

Alors on regardait les bateaux
On suçait des glaces à l’eau
Les palaces, les restaurants
On n’faisait que passer d’vant
Et on regardait les bateaux
Le matin on s’réveillait tôt
Sur la plage pendant des heures
On prenait de belles couleurs

On allait au bord de la mer
Avec mon père, ma sœur, ma mère
Et quand les vagues étaient tranquilles
On passait la journée aux îles
Sauf quand on pouvait déjà plus

Alors on regardait les bateaux
On suçait des glaces à l’eau
On avait le cœur un peu gros
Mais c’était quand même beau

On regardait les bateaux…

© Pierre Grosz et Michel Jonasz

  • La chanson dans les Archives INA Chansons :

 

  • La chanson avec des sous-titres en français :

 

  • La chanson interprétée par Stacey Kent :

« Âne dormant » de Jacques Prévert

Un poème de Jacques Prévert (1900-1977)

Âne dormant

C’est un âne qui dort
Enfants, regardez-le dormir
Ne le réveillez pas
Ne lui faites pas de blagues
Quand il ne dort pas, il est très souvent malheureux.
Il ne mange pas tous les jours.
On oublie de lui donner à boire.
Et puis on tape dessus.
Regardez-le
Il est plus beau que les statues qu’on vous dit d’admirer et qui vous ennuient.
Il est vivant, il respire, confortablement installé dans son rêve.
Les grandes personnes disent que la poule rêve de grain et l’âne d’avoine.
Les grandes personnes disent ça pour dire quelque chose, elles feraient mieux de s’occuper de leurs rêves à elles, de leurs petits cauchemars personnels.
Sur l’herbe à côté de sa tête, il y a deux plumes.
S’il les a vues avant de s’endormir, il rêve peut-être qu’il est oiseau et qu’il vole.
Ou peut-être il rêve d’autre chose.
Par exemple qu’il est à l’école des garçons, caché dans l’armoire aux cartons à dessin.
Il y a un petit garçon qui ne sait pas faire son problème.
Alors le maître lui dit :
Vous êtes un âne, Nicolas !
C’est désastreux pour Nicolas.
Il va pleurer.
Mais l’âne sort de sa cachette
Le maître ne le voit pas.
Et l’âne fait le problème du petit garçon.
Le petit garçon va porter le problème au maître, et le maître dit :
C’est très bien, Nicolas !
Alors l’âne et Nicolas rient tout doucement aux éclats, mais le maître ne les entend pas.
Et si l’âne ne rêve pas ça, c’est qu’il rêve autre chose.
Tout ce qu’on peut savoir, c’est qu’il rêve.
Tout le monde rêve.

© Fatras, succession Jacques Prévert

 

  • Court-métrage Âne dormant :

[vimeo]https://vimeo.com/94801755[/vimeo]

 

Animation réalisée par Caroline Lefèvre
(Tant Mieux Prod, Bayard Jeunesse Animation),
Collection « En sortant de l’école »

  • voir les croquis du film Âne dormant
  • les 13 films de la collection « En sortant de l’école »

« L’agriculteur » par Ridan

Une chanson de Ridan (Nadir Kouidri)

 

L'agriculteur - album Le rêve ou la vie

J'allume mon poste de télé
Pour admirer ce qu'il s'y passe
Un milliardaire s'envoie en l'air
Quitte l'atmosphère pour voir l'espace
J'troque son bol d'air et sa cuillère
Contre un p'tit verre sur ma terrasse
J'en ai ras l'bol de tout ce béton
J'ai la folie des grands espaces

Mais qu'est-ce qui s'passe dans nos p'tites têtes
On s'entasse tous comme des sardines
Dans les grosses boîtes que l'on conserve
Le p'tit poisson doit suivre sa ligne...

(refrain)
Et puis merde j'ai décidé
De vivre loin sur la colline
De vivre seul dans une maison
Avec la vue sur ma raison.
J'préfère vivre pauvre avec mon âme
Que vivre riche avec la leur
Et si le blé m'file du bonheur
J'me ferai p't'être agriculteur...

Y'a trop d'feux rouges dans les grandes villes
J'ai préféré me mettre au vert
J'ai plus d'bonheur à vivre en paix
Que m'admirer au fond d'un verre
J'boirai l'eau saine de mon ruisseau
Plutôt que l'eau sale du fond de la Seine
Chargée en plomb et en histoire
Que la surface ne laisse plus voir...

J'ferai des bornes pour m'éloigner
Pour m'retrouver face au miroir
Juste une seconde de vérité
Pour qu'mon passé coule sous les ponts
J'ferai des bornes pour m'éclipser
Pour m'retrouver face à que dalle
Juste une seconde de vérité
Pour contempler ce qu'on est tous.

Ça fait longtemps que j'n'ai plus vu
Ce coin d'soleil à l'horizon
Ça fait longtemps que j'l'attendais
La p'tite lueur de la raison.
Une p'tite chanson au clair de lune
Pour réchauffer nos cœurs de pierre
Le grand retour à l'essentiel
Le feu de bois éclaire le ciel...

La mélodie de la nature
Reprend ses droits sur la folie
C'est toute la vie qui nous observe
Que l'on oublie au fil du temps
La mélodie, celle de la vie
Que l'on consume à chaque instant
Tous nos acquis s'écrasent au sol
Et j'ai choisi la clé des champs...

© Ridan 2004