„Rette mich (vor mir selber)“ par Element of Crime

Une chanson du groupe Element of Crime

Rette mich (vor mir selber)

 

© Sven Regener (paroles)
© Sven Regener, Richard Pappik,
Jakob Friderichs, David Young (musique)
Album : Lieblingsfarben und Tiere – Element of Crime, 2014

 

Sauve-moi (de moi-même)

Jamais auparavant, je n’ai vu un sourire
Comme le tien, si sauvage et si beau
Comme une plage de la mer du Nord, quand la marée haute
S’empare de la terre et frappe la côte en grondant
Et malgré cela la plage ne bouge pas d’un pouce
Mais au contraire persévère vaillamment, jusqu’à ce qu’elle sombre peu à peu

Ce sont les images qui naissent chez celui qui ne comprend plus rien

Sans feu ni lieu et beaucoup à la maison
Désœuvré et bien trop à faire
Sauve-moi de moi-même
L’important, c’est l’amour, et l’important, c’est toi

Vois-tu le soleil levant, aussi rouge
Qu’une tartine de pain à la confiture de fraises
Donnée à l’enfant pour l’école et qui, aussitôt
À l’aller sur le chemin, barbouille déjà tous les livres
Jusqu’à ce que l’enfant, qui se fie à des bonnes notes
Mange tout et mastique comme un tamia

Ce sont des histoires que raconte celui qui ne croit plus en rien

Sans feu ni lieu et beaucoup à la maison…

Sens-tu aussi comme commence une journée qui
Pour quiconque débloque, ne serait-ce qu’un peu
Recèle en soi la promesse de quelque chose de grand
Une journée où personne ne devrait être tout seul
Et où la réserve ne mène à rien de bon
Et où un aveu gênant ne dérange plus personne

Ce sont les mots que trouve celui que plus personne n’écoute

 Sans feu ni lieu et beaucoup à la maison…

© Sven Regener
traduction : Céline Navarro (2016)

« Complainte du petit cheval blanc » Paul Fort chanté par Georges Brassens

Une ballade de Paul Fort
(1872, Reims – 1960, Montlhéry)

 

Complainte du petit cheval blanc

Le petit cheval dans le mauvais temps, qu’il avait donc du courage !
C’était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.

Il n’y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.
Il n’y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.

Mais toujours il était content, menant les gars du village,
À travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.
C’est alors qu’il était content, tous derrière et lui devant.

Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu’il était si sage,
Il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps, qu’il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps, ni derrière ni devant.

© Paul Fort
Ballades du beau hasard – Lieds, complaintes, élégies, 1910

© Georges Brassens (musique, album La Mauvaise Réputation, 1952)
(1921, Sète – 1981, Saint-Gély-du-Fesc)
chante la Complainte du petit cheval blanc en duo avec Nana Mouskouri (1972)

 

« Les hiboux » Desnos chanté par Jacques Douai

Une chanson de Jacques Douai
(né Gaston Tanchon, 1920, Douai – 2004, Paris)
sur un poème de Robert Desnos du recueil Chantefables
(1900, Paris – Theresienstadt, 1945)

Il y a 7 substantifs en français se terminant en -OU qui prennent un X au pluriel. Tous les autres prennent un S.

Les hiboux – Robert Desnos / Jacques Douai (album Héritage – Récital N°5 & 6 – Bam, 1958-1959)

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les prenant sur les genoux.
Leurs yeux d’or valent des bijoux
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !
Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
À Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c’était chez les fous.

 

Note : La cabane bambou était une chanson raciste, sexiste et populaire du début du XXè siècle…

« La maman des poissons » par Boby Lapointe

Une chanson de Boby Lapointe
(1922 – 1972, Pézenas)

Tout le charme de ses textes, et le tube de la maison…

La maman des poissons – Boby Lapointe (1971)

 

Paroles et pistes pour le cours : à suivre...

« Lily » par Pierre Perret et Les Ogres de Barback

Une chanson devenue un classique

Lily – Pierre Perret (1977)

On la trouvait plutôt jolie Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d’émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris

Elle croyait qu’on était égaux Lily
Au pays d’ Voltaire et d’Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu’on ne recevait que des blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s’est tapé des sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L’accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l’appelait « Blanche-Neige » Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Mêm’ s’il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l’épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit « nous
N’ somm’s pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous »

Elle a essayé l’Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit « viens ma petite sœur
En s’unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur »
Et c’est pour conjurer sa peur Lily
Qu’elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugusses
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l’enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l’amour
Contre laquelle on ne peut rien

On la trouvait plutôt jolie Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d’émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris

 

© Pierret Perret (paroles et musique) 1977

 

Reprise de la chanson Lily par Pierre Perret et Les Ogres de Barback en 2005

 

 

„Wann war das?“ par les 17 Hippies

Clip de la chanson des 17 Hippies Wann war das? tourné en Argentine en 2008 et réalisé par Fatima & Giorgio
VO allemande et sous-titres allemands

Wann war das? ? 17 Hippies, album Heimlich (2007)

© 17 Hippies / Hipster Records
Paroles : Max Manila (Kiki)
Musique : Max Manila (Christopher)

Paroles sur le site des 17 Hippies

retour à la chanson Ton étrangère

« Recette du cake d’amour » du film « Peau d’âne »

Dans le film Peau d’âne (1970) de Jacques Demy, interprété par Catherine Deneuve, Anne Germain chante la Recette du cake d’amour

Préparez votre…
Préparez votre pâte
Dans une jatte…
Dans une jatte plate

Et sans plus de discours,
Allumez votre…
Allumez votre four.

Prenez de la…
Prenez de la farine
Versez dans la…
Versez dans la terrine

Quatre mains bien pesées
Autour d’un puits creu…
Autour d’un puits creusé.

Choisissez quatre…
Choisisssez quatre œufs frais
Qu’ils soient du ma…
Qu’ils soient du matin frais

Car à plus de vingt jours,
Un poussin sort tou…
Un poussin sort toujours !

Un bol entier…
Un bol entier de lait
Bien crémeux s’il…
Bien crémeux s’il vous plaît !

De sucre, parsemez
Et vous amalga…
Et vous amalgamez.

Une main de…
Une main de beurre fin
Un souffle de…
Un souffle de levain

Une larme de miel
Et un soupçon de…
Et un soupçon de sel !

Il est temps à…
Il est temps à présent
Tandis que vous…
Tandis que vous brassez

De glisser un présent
Pour votre fian…
Pour votre fiancé

Un souhait d’a…
Un souhait d’amour s’impose
Tandis que la…
Que la pâte repose

Lissez le plat de beurre
Et laissez cuire une…
Et laissez cuire une heure.

  

Pistes pour un cours :

La chanson idéale à apprendre au moment où l’on voit l’expression de la quantité et le partitif !

Il existe un dossier très complet sur le film Peau d’âne, à télécharger sur le site de Ciné-Tamaris.

« Les étoiles filantes » par Les Cowboys Fringants

Ce jeudi soir nous attend, paraît-il, la nuée annuelle des Perséides, les étoiles filantes… La nuit dernière, j’en ai déjà vu deux.

Une chanson du groupe québecois Les Cowboys Fringants
Les étoiles filantes ? album La Grand-Messe (2004)

La chanson avec les paroles :

 

Vocabulaire et pistes pour le cours : à suivre…

Lexique d’expressions et de mots du français du Québec sur le site Je parle québécois

Pour consulter le site des Cowboys Fringants.

« Ton étrangère » par les 17 Hippies

Une magnifique chanson du groupe berlinois 17 Hippies (Siebzehn Hippies)

Ton étrangère ? 17 Hippies, album Phantom Songs (2011)

Je veux devenir ton étrangère,
me priver de ta politesse,
m’éloigner de ton ABC,
m’expatrier de nos moments familiers.

À l’extérieur d’un noyau dense
je naviguerai sur d’autres eaux
inconnues et qui sont loin.

Je veux devenir ton étrangère,
choquer un temps inexistant…

Des lettres inédites,
datées, battues,
du cœur à la plume.

Des mots délavés, à grand esprit,
chaleur vive vécue…

… inconnus et qui sont loin
de tout, et qui sont loin de toi,
loin de là et belles… !

Je veux devenir ton étrangère
du cœur à la plume.
Je veux devenir ton étrangère…

Je veux devenir ton étrangère
du cœur à la plume… ton étrangère.

Cryptique à tes idiomes,
à tes amours précaires,
je veux devenir étrangère
à ton humour et
à tes caprices singuliers.

Cavalière exilée
couchée dans deux mille fleurs –
ici ou bien ailleurs…

… inconnues et qui sont loin de toi,
loin de moi et loin de tout… et belles… !

Je veux devenir ton étrangère…

© 17 Hippies, Hipster-Records, 2011
Paroles et musique : Max Manila (Kiki, Christopher)
Paroles reproduites sur ce blog avec l’aimable autorisation des 17 Hippies.

en concert à la Kulturbrauerei, Berlin-Prenzlauer Berg (2011)

 

Pistes pour un cours autour de la chanson Ton étrangère :

Les chansons des 17 Hippies, quelle que soit la langue dans laquelle elles sont écrites et interprétées, nous suggèrent toutes des histoires plutôt qu'elles ne nous les racontent. Et quelles histoires ! La musique foisonne d'instruments et de sons, et les paroles de sens, d'images poétiques, ludiques, profondes, légères, laissant toujours la place à l'humour, à l'imaginaire, échos de souvenirs, bribes du temps présent.

Étudier une de leurs chansons en cours suppose éventuellement, selon le public, son origine, son âge et sa culture, une petite introduction générale sur les créations du groupe et les interprétations des morceaux traditionnels qu'ils reprennent. Les paroles de toutes leurs chansons se trouvent sur leur site, leur(s) traduction(s) aussi. Le clip décalé et joyeux de la chanson Wann war das? – dont le thème (un couple d'amoureux et le temps qui passe) pourrait pourtant être exprimé de façon mélancolique – reflète bien l'esprit des 17 Hippies, qui sont très sympathiques et ne se prennent pas au sérieux, et souligne toute la subtilité du texte, si bien concentrée dans l'interjection "na ja..." répétée ("oui bon...") : "Ich sprach von Liebe, Schmerz – und du, na ja." ("J'ai parlé d'amour, de douleur – et toi, oui bon...").

La chanson Ton étrangère comporte un certains nombre de mots "difficiles", qu'il faudra prendre le temps de faire comprendre, avec ou sans l'aide d'un dictionnaire. Les thèmes de l'ici et de l'ailleurs, du proche et du lointain, de l'exil, du voyage, peuvent être une amorce avant même l'écoute de la chanson et l'étude des paroles, de façon à se repérer parmi les mots, avant de lire ceux du texte.

Écrire et chanter si bien en langue étrangère, tout le monde ne peut pas se le permettre avec autant de talent. Les 17 Hippies y excellent, c'en est un vrai bonheur !
Et quelles histoires esquissées nous racontent-ils, déjà ?
Les nôtres, à vrai dire...
Na ja...

à suivre... !

« Melocoton » par Colette Magny

Une chanson de Colette Magny
(1962, Paris – 1997, Villefranche-de-Rouergue)

Melocoton ? Colette Magny (1963)

Melocoton et Boule d’Or,
Deux gosses dans un jardin…

– Melocoton, où elle est Maman ?
– J’en sais rien ; viens, donne-moi la main
– Pour aller où ?
– J’en sais rien, viens
– Papa, il a une grosse voix
Tu crois qu’on saura parler comme ça ?
– J’en sais rien ; viens, donne-moi la main
– Melocoton, Mémé, elle rit souvent
Tu crois qu’elle est toujours contente ?
– J’en sais rien ; viens, donne-moi la main
– Perrine, elle est grande, presque comme maman
Pourquoi elle joue pas avec moi ?
– J’en sais rien ; viens, donne-moi la main
– Christophe, il est grand
Mais pas comme papa, pourquoi ?
– J’en sais rien ; viens, donne-moi la main
– Dis, Mélocoton, tu crois qu’ils nous aiment ?
– Ma petite Boule d’Or, j’en sais rien
Viens… donne-moi la main

 

Pistes pour un cours autour de la chanson Melocoton (Colette Magny) :

– étudier le vocabulaire de la description des personnes
– imaginer et décrire Melocoton et Boule d’Or à partir de leurs noms
– inventer des noms et/ou surnoms à tous les personnages
– déduire du texte un arbre généalogique de la famille avec les personnages mentionnés, ajouter d’autres membres, étudier le vocabulaire de la famille
– voir ou revoir à cette occasion les possessifs et les compléments de nom
– voir ou revoir la négation en français parlé
– étudier le vocabulaire de la description du paysage
– inventer et décrire un paysage pour ce texte
– imaginer où pourraient se trouver la maman des enfants et les autres membres de la famille
– imaginer et écrire de nouvelles questions que pourrait poser Boule d’Or
– apprendre et jouer le dialogue
– voir ou revoir le discours direct et réécrire le dialogue au discours indirect
– réécrire le dialogue sous forme de texte narratif, au présent ou au passé
– …