Les Primates menacés d’extinction

La Planète des Singes  est menacée !

les Primates sont en voie de disparition: d’après 31 primatologues dont les travaux sont parus dans la dernière édition de la revue américaine Science Advances, environ 60% des Primates sont menacés de disparition.

Les activités humaines non durables sont majoritairement responsables de  l’extinction des primates : destruction de la forêt résultant des pressions économiques,  impacts de la chasse et  commerce illégal des singes …

Comment améliorer la survie des Primates  dans le futur ?

Quels sont les  multiples facteurs anthropiques qui mettent en péril les Primates dans le monde ?

La disparition imminente des populations de Primates

Primates

Répartition géographique des espèces de primates. Les chiffres inscrits sur la carte de chaque région indiquent le nombre d’espèces existantes présentes. Les barres en bas montrent le pourcentage d’espèces menacées d’extinction en vert et le pourcentage d’espèces avec des populations en déclin dans chaque région en rouge

 LesPrimates sont présents dans quatre régions – les Neotropiques (171 espèces), l’Afrique continentale (111 espèces), Madagascar (103 espèces) et l’Asie (119 espèces) et sont présents naturellement dans 90 pays.

Les menaces à l’égard des primates sont très répandues: 87% des espèces sont menacées à Madagascar, 73% en Asie, 37% en Afrique continentale et 36% dans les Néotropiques

Des zones hautement prioritaires pour la conservation des Primates: les deux tiers de toutes les espèces de Primates se trouvent dans seulement quatre pays: le Brésil, Madagascar, l’Indonésie et la République démocratique du Congo (RDC)

Photos de Primates sélectionnés de chaque grande région du monde. Etat de conservation et crédits photographiques : (A) Singe à nez singe d’or (Rhinopithecus roxellana), en voie de disparition, P. A. Garber. (B) Lemur à queue annulaire (Lemur catta), en voie de disparition, R. A. Mittermeier. (C) Udzungwa colobus rouge (P. gordonorum), en voie de disparition (Crédit photo: Thomas Struhsaker, Université Duke). (D) Javan slow loris (Nycticebus javanicus), en danger critique d’extinction (Photo: Andrew Walmsley, Andrew Walmsley Photography). (E) Orang-outan de Sumatra (P. abelii), en danger critique d’extinction (Photo: Perry van Duijnhoven). (F) Le singe nocturne d’Azara (Aotus azarae), Préoccupation mineure [Crédit photo: Claudia Valeggia (Université Yale) / Projet singe hibou, Formosa-Argentine].

les facteurs qui menacent les Primates:

L’UICN indique que les principales menaces pour les espèces de Primates sont :

  •  la perte d’habitat due à l’agriculture (76% des espèces)
  •  l’exploitation forestière(déforestation) 
  • la récolte du bois (60%)
  • l’élevage (31%)
  •  la chasse et le piégeage (60%)
  •  la perte d’habitat due à la construction de routes et de chemins de fer
  •  le forage de pétrole et de gaz, l’exploitation minière(2 à 13%)
  • Les productions agricoles industrielles néfastes; par exemple, les plantations d’huile de palme
  • les menaces émergentes comme la pollution et le changement climatique

voir le dossier de l’UICN/ Primates en péril

Figue. 5 Signal phylogénétique  du risque d’extinction chez les primates du monde. Répartition des valeurs des menaces (catégories de la Liste rouge de l’UICN) pour 340 espèces de primates. . Les données pour l’Afrique incluent Madagascar. Catégories de la Liste rouge de l’UICN: CR (En danger critique d’extinction), EN (en danger), VU (Vulnérable), NT quasi menacée) et LC (préoccupation mineure)

Malgré l’extinction imminente d’un grand nombre de primates du monde,  la conservation des Primates n’est pas encore une cause perdue.

http://www.dailymotion.com/video/x3p5wpq

Le monde sera bientôt confronté à un événement d’extinction majeur si une action efficace n’est pas mise en œuvre immédiatement.

Les déclins de la  population des Primates  peuvent encore être inversés.

Tout dépendra de la rapidité  de notre réaction  et de la mise en œuvre des décisions prises ; il faudra guider les efforts de conservation et  sensibiliser le monde entier au  sort des primates.

Les solutions durables doivent  répondre aux interdépendances sociales, culturelles, économiques et écologiques qui sont à la base de la conservation des Primates.

Il est grand temps de réagir..

« Soyons conscients de la grande valeur des singes, nous qui appartenons, comme eux, à la famille des hominidés. Nous partageons 98,8 % de l’ADN avec les chimpanzés par exemple! Les grands singes sont des animaux charismatiques, emblématiques de la forêt tropicale: on parle d’espèces «parapluie» pour signifier qu’ils sont les protecteurs des autres bêtes, les véritables rois de la jungle! Ce sont ses jardiniers: en répandant les graines des fruits dont ils font leur nourriture, ils contribuent à la régénération des forêts, une action essentielle au vu des changements climatiques qui les menacent. Elles sont, nous le savons, les poumons de la Terre, qui nous permettent, à nous aussi humains, d’y vivre. Faute de quoi, la planète des hommes entrera en voie d’extinction. »Shelly Masi, Primatologue, Maitre de Conférence du Muséum National d’Histoire Naturelle et Vice-President de la Société Francophone de Primatologie (SFDP), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités

sources partielles de l’ article

Biodiversité, la sixième grande crise : 7% des espèces déjà disparues

Sixième grande crise de biodiversité  : 7% des espèces sont probablement déjà disparues

Ce ne serait pas 1,3% mais 7% de la biodiversité terrestre qui aurait disparu, soit environ 130 000 des espèces déjà connues….

« C’est le constat que fait une équipe pluridisciplinaire de chercheurs français, notamment de l’Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC/EPHE), du Centre des sciences de la conservation (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC) et de l’université d’Hawaï1, dans un article qui vient de paraitre dans les Proceedings of the National Academy of Science (PNAS).
En utilisant deux approches, l’une fondée sur les avis d’experts naturalistes et l’autre issue des mathématiques probabilistes, ces chercheurs ont travaillé sur un échantillon d’espèces d’invertébrés et ont extrapolé leurs résultats à l’ensemble de la biodiversité terrestre. Leur étude offre un nouveau regard sur la mesure de la crise de la biodiversité, jusqu’ici focalisée sur les vertébrés, et en particulier les mammifères et les oiseaux… » .voir le communiqué du CNRS en entier Télécharger le PDF:cp_museum_sixieme_extinction_pnas

Quelques rappels:

I/ Qu’est-ce que la biodiversité?

La biodiversité ou « Diversité biologique », ne représente pas la quantité des êtres vivants sur Terre ; elle correspond non seulement à la diversité des espèces, mais aussi à celle de leur répartition dans les milieux de vie.

-II/ Des disparitions d’espèces se sont produites de tout temps, prés de 99% des espèces ayant vécu sur notre planète sont aujourd’hui éteintes.

 L’évolution de la vie ne s’est pas faite de façon régulière au cours des temps géologiques.Il existe des périodes où les espèces se sont diversifiées de façon très importante, d’autres, au contraire, où leur nombre restait stable, d’autres, enfin, où nombreuses d’entre elles ont disparu de façon massive:

Au fil des périodes, progressivement, depuis plus de trois milliards d’années, des groupes d’organismes vivants sont apparus, se sont développés, ont régressé, et ont pu disparaître.

Une crise biologique est une période d’extinction massive d’un grand nombre d’espèces et de groupes à l’échelle de la planète ; elle est suivie d’une période de diversification biologique importante (apparition de nouveaux groupes et espèces).

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les articles sur l’évolution des êtres vivants et l’histoire de la Terre.

Cinq crises majeures ont eu lieu:

-Fin Ordovicien (-440 Ma, 57% d’extinction des genres dans la faune marine)

-Fin Dévonien (-365 Ma, 50% d’extinction)

-Fin Permien (-245 Ma, 83% d’extinction)

-Fin Trias (-205 Ma, 48% d’extinction)

-Fin Crétacé (-65 Ma, 50% d’extinction)

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Sur la photo ci dessus, les cinq grandes crises sont indiquées par de petits rectangles noirs.

Source :Planet-terre http://www.pourlascience.fr/Dossier La Valse des Espèces, Juillet 2000,

-III/ Biodiversité, la sixième grande crise.

Après ces cinq grandes phases d’extinction, la Terre connaît aujourd’hui une nouvelle crise, due aux activités humaines.

La présence humaine, l’emploi de polluants … influent, par l’intermédiaire de la reproduction, sur les équilibres entre espèces.

La déforestation privilégie l’extension des surfaces agricoles et des zones d’habitation ; elle entre en conflit avec la préservation des milieux naturels.

-Aujourd’hui, la biodiversité est en danger:

« Nous sommes une espèce parmi des millions d’autres ; dans cette addition : l’espèce qui a développé le cerveau le plus riche en neurones. Ce n’est pas forcément une situation définitive. Tout va dépendre en grande partie de nous, du sort que nous réservons aux autres espèces, et au bout du compte à la nôtre. Depuis un siècle les soustractions amputent dramatiquement cette richesse, la faisant décroître vite. Nous éliminons plus de mille fois plus d’espèces qu’avant l’époque industrielle. Cette extinction massive, la sixième dans l’histoire de la terre, l’humanité en est la cause. Elle pourrait en être la victime.» Hubert Reeves, Président de la Ligue ROC

« Cette crise est beaucoup plus rapide que les précédentes : le rythme des disparitions est mille fois plus rapide que dans la situation « naturelle 

D’un autre coté, la nature continue de créer de la biodiversité, mais lentement : on estime à plusieurs centaines de milliers d’années le délai nécessaire à l’apparition d’une nouvelle espèce

Plus le temps passe, plus les possibilités d’intervention sont restreintes…

Des politiques internationales rapides et très énergiques peuvent diminuer cette perte de biodiversité…Plus que jamais l’Homme tient dans ses mains l’avenir de sa Planète, la Terre.

Pourquoi y a-t-il plus d’espèces de mammifères dans les tropiques?

ll existe beaucoup plus d’espèces sous les tropiques que dans les régions tempérées, et même jusqu’à 10 fois plus que dans les régions arctiques.

Pourquoi y a-t-il plus d’espèces dans les tropiques? Cette question fascine  les biologistes de l’évolution depuis des décennies…

Des questions fondamentales subsistent :

  • pourquoi les taux de spéciation (processus évolutif par lequel de nouvelles espèces vivantes apparaissent)  sont-ils élevés dans les tropiques?

  • sont- ils  plus élevés que dans les régions tempérées?

  • les tropiques agissent-ils comme une source de diversité pour les régions tempérées?

Une étude récente publiée le 28 janvier dans la revue scientifique PLOS Biology examine les espèces existantes de mammifères et révèle un double mécanisme :

  •  la vitesse à laquelle les mammifères sont créés est plus forte dans les tropiques que dans les régions tempérées

  •  la vitesse à laquelle ils s’éteignent plus faible

journal.pbio.1001775.g001

journal.pbio.1001775.g002

Source des images Plos One© 2014 Rolland et al: Les tropiques sont figurés en vert,  les régions tempérées en bleu

Dans cette étude, quatre chercheurs français, Jonathan Rolland, Fabien Condamine, Frédéric Jiguet et Hélène Morlon (École polytechnique, CNRS, Muséum National d’Histoire Naturelle), ont appliqué des modèles mathématiques à des données mondiales concernant les mammifères…voir le communiqué du CNRS

Bilan: les régions tropicales ne sont pas seulement un réservoir de biodiversité, mais aussi le principal lieu où la biodiversité est généré.

sources partielles : CNRSPLOS Biologie

La tortue luth risque de disparaître …

La Tortue luth risque de disparaitre   …..

L’étude, publiée le 26 février  dans le journal  » Ecological Society of America »  , révèle que les  nids de tortue luth à Jamursba Medi Beach, Indonésie ( 75 %   de la  nidification dans le Pacifique occidental )  ont chuté de  de 14.455 en 1984 à  1.532 en 2011.

Moins de 500 tortues luths nichent maintenant à cet endroit chaque année.

« Si le déclin se poursuit, d’ici 20 ans, il sera difficile, voire impossible, pour la tortue  luth d’ éviter l’extinction …La tortue luth est l’un des animaux les plus fascinants de la nature, et nous observons qu’elle se dirige  vers l’extinction devant nos yeux  » a déclaré Wibbels, qui a étudié les tortues marines depuis 1980..

Wibbels Thane est  professeur de biologie de la reproduction à l’UAB et membre d’une équipe de recherche qui regroupe des chercheurs de l’Université d’État de Papouasie (UNIPA), la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), National Marine Fisheries Service et le monde Wildlife Fund (WWF) en Indonésie .

La tortue luth ?

Tortue luth source Photo personnelle (auteur MD)Plage de Ko Chang (Thaïlande) juin 2002

La tortue luth , »Dermochelys coriacea » , est la plus grande des sept espèces actuelles de tortues marines ; elle  peut atteindre plus de 2 m de longueur, et son poids, plus de 900 kg ..Les méduses sont ses proies préférées .

Elle figure sur la liste de l’UICN des espèces en voie de disparition et  est aussi inscrite dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES)

La tortue luth effectue des migrations à travers l’ océan pacifique de l’Indonésie à la côte  américaine, elle peut être prise dans les filets des pêcheurs….

Quels sont les  problèmes majeurs auxquels sont confrontés les tortues luth ?

– les prédateurs des  plages de nidification(  les porcs , les chiens qui  mangent les œufs )

– la  température élevée du sable des plages ( réchauffement climatique )  qui peut tuer les œufs ou empêcher la production de nouveau-nés de sexe masculin

– le danger de prise dans des filets de pêche pendant les migrations

– l’ingestion de débris ( sacs ou des feuilles de plastique,  ballons dégonflés,  boules de goudron … )

–  la récolte des adultes et des œufs pour la nourriture des insulaires.

Comment résoudre ces problèmes pour sauver la tortue luth ?

  Ricardo Tapilatu, chercheur principal de l’équipe de recherche au  »  département de biologie UAB  » est  originaire de l’ouest Papouasie, en Indonésie ; il a étudié les tortues luths et a travaillé sur leur  conservation depuis 2004

«Si nous relocalisons  les nids de la plus  chaude partie de la plage dans nos couvoirs, et  construisons  des abris pour nids  dans d’autres régions chaudes,  nous allons augmenter le taux d’éclosion de 80 pour cent ou plus« , a-t-il  déclaré

  Lors des migrations,  elles traversent les territoires de 20 pays, mais   il est difficile de faire respecter les règlements de pêche globale dans tout le Pacifique .

Il faut également essayer d‘enrayer le fort taux de mortalité des tortues face aux prédateurs et les protéger sur les plages au moment de l’éclosion  : un seul nouveau-nés sur 1000 parvient  à l’âge adulte ;

Bilan: 

La gestion des plages aidera donc  à diminuer la baisse annuelle du nombre de nids de tortue luth …… 

N’ oublions pas que la protection des tortues luth dans les eaux dans le Pacifique est une condition de leur survie…la tortue luth  fait l’objet de conventions et de programmes internationaux de protection et de conservation.

Image de prévisualisation YouTube

  Au cours des 20 prochaines années,  si des stratégies de gestion efficaces sont mises en œuvre, la tortue luth pourrait être sauvée….

 source partielle : UAB