l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Jean Claude Duperret (de l’IREM de Reims) rappelait lors d’une conférence la nécessité de donner à nos élèves de « vrais problèmes de mathématiques ». C’est à dire des problèmes « résistants », qui supposent un véritable engagement personnel, qui soient porteurs d’enjeux intellectuels. Catherine Tauveron disait un peu la même chose du côté des textes à lire et André Giordan du côté des sciences…
Au delà des apprentissages, cela nous place du côté des valeurs : effort individuel où l’élève se confronte à une vraie question, solidarité collective lorsqu’ensemble les élèves confrontent, argumentent, cherchent la preuve… mais retour final au choix et à la responsabilité individuelle…
Savoir que je surmonte momentanément. Emancipation, bonheur du « euréka »… Très tôt le cerveau de l’enfant aime coltiner son intelligence à de vraies questions qui pour concrètes qu’elles soient le conduisent volontiers à de grandes interrogations sur le Monde….
Le champ mathématique est hautement propice à l’abstraction… Les mathématiques sont faites pour questionner et dire autrement le Monde.

Souvenir de cet enfant de CP qui travaillant sur la frise numérique émet l’hypothèse qu’entre deux nombres il pourrait s’en trouver d’autres… Vertiges du CM avec les grands nombres. Joies des énigmes résolues lors d’un rallye mathématique…
Dans les classes,  on reste bien timide et on se borne à donner des problèmes illustratifs qui ne sont pas de vrais problèmes , qui se contentent d’être des prétextes à formalisme et à « faire des opérations ».

Le maître craint de confronter l’élève au problème. Il craint tellement cela que souvent, trop souvent, une fois l’énoncé présenté, il veut déjà tout donner à l’élève, croyant le rassurer il élucide les enjeux, esquisse les solutions… un peu comme si je vous donnais un bon polar en vous livrant le nom de l’assassin et en vous demandant de me l’écrire avec une belle phrase bien écrite…bref, l’élève n’aura plus qu’a rédiger dans un espace contraint. Il fera au mieux du secrétariat mathématique et un peu de calcul…

Si le produit « final » peut être relativement exigeant du point de vue du « soin » et de la lisibilité, il est ennuyeux de voir un formalisme excessif restreindre la pensée. Il faudra peu à peu respecter les règles du langage mathématique… mais celui-ci permet une vraie souplesse… D’ailleurs le mathématicien qui démontre s’en exonère souvent…

Oui, il faut de vrais problèmes à l’école, où l’écrit puisse traduire ce que fait la pensée, où l’on puisse démontrer, refaire le chemin, partager…

Donner de vrais problèmes à l’école, c’est croire en l’intelligence de l’élève !

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