l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

L’initiative d’un blog appelant à la notation publique des professeurs rencontre une condamnation vive, y compris du ministre de l’Education nationale.
Le procédé manque en effet d’élégance et s’il fait référence au rapport Attali peut favoriser une certaine démagogie conjuguée d’agressivité… même si singulièrement, les professeurs notés en ligne l’ont été très favorablement.
Nonobstant la démarche, nous savons qu’il existe déjà dans nombre de grandes écoles une tradition de notation des professeurs (Sciences Po le fait par exemple) … dont on ne sait guère si elle se traduit par des effets véritables.
Si l’évaluation des professeurs relève de l’Institution et des corps d’inspection, nous savons bien que le professeur qui note ses élèves est évalué de fait par les familles et les élèves, que l’inspecteur est jugé par les enseignants… que dans toute chaîne « hiérarchique » le jugement n’est pas à sens unique et que cela peut avoir un impact sur l’action des uns et des autres.
Jeux de communication et de pouvoir, implicites… c’est aussi en clarifiant l’évaluation des élèves, c’est à dire en la faisant porter sur les compétences et non la personne que nous devrions avancer.
La responsabilité personnelle n’est pas absente dans l’apprentissage. Parmi les obstacles qui nuisent à la compréhension, il en est qui peuvent tenir aux représentations de celui qui apprend, à son mode de pensée, à son expérience (à sa zone proximale de développement diraient les uns…), mais il arrive aussi que les dispositifs mis en place par l’enseignant aient constitués un obstacle. Il faut alors essayer autre chose… un détour, une autre façon de faire… Encore faut-il essayer.
Il faut donc faire alliance et fonder une autre façon d’évaluer ensemble sans culpabiliser les uns ni les autres, sans entretenir d’infantilisation , sans nier l’intérêt de s’appuyer sur les réussites.
Où l’on perçoit la nécessité de restaurer un contrat qui fasse de l’élève non pas un « client » mais un acteur.
La construction de ce contrat supposera également de la part des adultes de dépasser les oppositions stériles ou les craintes… communiquer, fonder de la professionnalité, peut-être s’essayer de dédramatiser en dépassant la moraline et en problématisant… changer de culture ?

One Comment

  1. Oui, surpasser nos craintes et dépasser les discours stéréotypés. Vaste projet. Oui, vous avez raison, nous avons tous, parents, professeurs, instituteurs, et autres « eurs » à nous élever au-delà de nos préjugés et à oser tenter d’essayer autre chose autrement quand cette chose fonctionne ailleurs autrement. Garder les yeux ouverts…
    Je viens de découvrir votre site.J’y reviendrai. Merci pour vos éclairages.
    N’hésitez pas à me rendre visite sur Blog Bleu Primaire.

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