l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Trop de feuilles, trop de cahiers, de classeurs, de fichiers, trop d’outils…
Ils pèsent dans le cartable, encombrent les casiers et les esprits ne s’y retrouvent guère…

Donnons sa place au bon cahier de classe, petit, manipulable, clairement mis en page et structuré, daté, titré… corrigé d’abord de la main de l’élève !
Pensons au cahier de cycle, au répertoire orthographique. Chassons la photocopie surtout lorsqu’elle est pliée en deux en quatre…
Cette antienne semble pourtant difficile à passer : peut-être la peur pour les maîtres de laisser croire qu’ils n’en feraient pas assez, le souci de faire apparaitre les disciplines, de témoigner des leçons faites en classe…

Je reste un peu perplexe devant des cahiers de leçons qui dès le CE1 alignent des règles. Ne seraient-elles d’autant mieux comprises et intégrées si elles étaient mises en oeuvre dans des exercices plus systématiques et stabilisés… mais aussi dans des situations nouvelles, habiles transpositions… ?

Des référents, des aides mémoire, aussi brefs et synthétiques que possible, que l’on puisse facilement y recourir… mais pas de lourds appareils.

Des manuels, un cahier du jour, un répertoire d’orthographe, un cahier de cycle en Histoire, géographie, sciences, poésie… ce sera déjà bien assez ! Un bon cahier d’essais pour les recherches, un carnet de croquis au cycle 3, peut-être un cahier de brouillon libre… Parfois vous aurez envie d’un écrit thématique, un carnet de lectures, une production imprimée et reliée… Vous voyez, c’est déjà beaucoup de papier… et j’ai déjà cédé au risque d’inflation.

Peut-être aussi une question à partager en conseil de cycle et à anticiper d’une année sur l’autre ?

3 Comments

  1. Bonjour,
    je lis tous vos articles très régulièrement et je les apprécie beaucoup.
    Mais alors là, défendre le bon vieux cahier de classe, je ne suis pas d’accord du tout !
    Je ne vois aucun intérêt à placer des opérations entre de la grammaire et de l’expression écrite et des problèmes. Et pour le maître quel fardeau de porter tous ces cahiers tous les jours !
    Je défends, du moins au cycle 3, l’usage du classeur.
    Le grand classeur, format A4. Avec un sommaire au début. Des feuilles numérotées, ou codées afin que tous sachent où ranger. Je n’ai d’ailleurs pas encore trouvé de système idéal pour coder les feuilles mais je ne désespère pas d’y parvenir.
    Ce système permet à l’élève, en géométrie, de travailler sur des feuilles blanches, les feuilles photocopiées peuvent être perforées ainsi elles ne sont ni pliées, ni collées. Quant aux feuilles quadrillées sur lesquelles l’élève écrit le plus souvent, l’utilisation structurée (titre, consigne…) de leur espace prépare à mon avis utilement les élèves au collège.
    Voilà mon commentaire « sur le vif »…

  2. Bonjour !
    Heureux de voir que le sujet mine de rien fait débat.
    J’avoue avoir comme vous fait autrefois la promotion du classeur et l’avoir utilisé au cycle 3… non pas sans souci.
    Si j’ai évolué sur ce point c’est à la fois éclairé par les rapports de l’inspection générale, par les apports des scientifiques qui nous rappellent que l’empan visuel de l’enfant n’est pas le nôtre (même au cycle 3) et qu’il a par conséquence du mal à maîtriser l’espace de la page A4…mais c’est aussi à l’observation des classes et des classeurs que j’explore chaque jour : pages en désordre, oeillets arrachés, chemises contenant des documents d’un côté, casiers encombrés de feuillets perdus…
    Je passe sur l’économie qu’impose le classeur : temps passés à ranger, claquement des anneaux…
    Le cahier permet la continuité, évite l’émiettement de la pensée en ce monde du zapping permanent.
    Je ne suis pas choqué de voir des exercices de mathématiques suivre ceux de conjugaison dans le travail du jour : si tout est daté et titré, pas de confusion dans l’esprit…
    Ne nous leurrons pas, l’année suivante l’enfant ne reviendra pas sur ses cahiers dans une vision disciplinaire mais plutôt dans une approche chronologique…
    Ce qui n’exclue pas le cahier ou les référents de cycle !
    Enfin, pour visiter également des collèges, j’observe que nos collègues professeurs se tournent de plus en plus vers les cahiers. Ils en ont vu l’avantage… plus de feuilles froissées !
    Pour les corrections, c’est vrai qu’il nous faut nous organiser… mais j’appréciais les faire dans la classe avec les outils à portée de main… et souvent les élèves pas loin !
    Cordialement !
    VB

  3. Bonjour,
    Votre réponse est intéressante.
    En ce qui concerne les référents ou cahiers de cycle, je ne connais pas encore d’école où cela existe.
    Il est très dommage que dans cette profession, les enseignants aient souvent peur du regard de l’autre, comme si cet autre allait les juger, les critiquer. Pas toujours facile de se remettre en question. Et pourtant, qu’avons-nous à craindre ?! J’ai remarqué que bon nombre de collègues avaient souvent peur qu’on leur « vole  » leurs idées or selon un proverbe chinois que j’aime bien quand on échange une idée avec quelqu’un, on se trouve toujours enrichi car à l’issue de l’échange, chacun se retrouve avec deux idées…

    Mais voilà où je veux en venir. Comme je ne connais aucun cahier de cycle, je trouve problématique la question suivante: comment faire en sorte que les élèves qui arrivent au CM2 aient très vite sous la main un ensemble de référents qui leur permette dès le début de l’année, de revoir certaines règles d’accords, des conjugaisons de base, des rappels de définitions… toutes choses qui leur seraient utiles pour corriger leurs écrits – « toilette » orthographique par exemple, réécritures diverses avec code de correction faisant références à l’ensemble de règles qu’ils auraient sous la main –
    J’avoue que j’ai essayé plusieurs méthodes mais aucune ne m’a encore totalement satisfaite.
    – Donner en début d’année un « pavé », sorte de mémo avec toutes les règles numérotées en orthographe, grammaire, conjugaison, vocabulaire, numération, opérations, géométrie. Soit un document relié (plus exactement deux : un en français, un en mathématiques) J’avais mis tout un été à le concocter en utilisant divers supports, en essayant d’être rigoureuse et claire à la fois. Et quand je l’ai utilisé l’année suivante dans ma classe de CM1, cela a fonctionné avec la plupart des élèves mais l’outil je trouve manquait de souplesse et j’aurais aimé avoir de la place pour ajouter les exemples qui auraient mieux correspondu aux élèves de cette année-là.
    – Autre solution le plus souvent adoptée : donner le cours (alternances de photocopies ou d’écriture par les élèves eux-mêmes) au fur et à mesure, selon une progression mensuelle… avec un énorme inconvénient… Pendant la moitié de l’année environ, l’élève n’a pas accès à un certain nombre de choses, pourtant vues les années passées et ne peut s’y référer. J’ai l’impression qu’en recommençant tout chaque année, on ne répond pas aux besoins de tous les élèves en temps voulu.

    Donc pour l’an prochain -j’aurai un cours moyen, simple ou double niveau -, je réfléchis à l’organisation à mettre en place. Mais pour que ce soit clair pour les élèves, il faut avant tout que ce soit très clair pour moi aussi.

    Il est certain que le cahier de cycle répondrait à cela mais la réalité du terrain étant ce qu’elle est, il n’est pas prêt d’arriver et c’est bien dommage !
    Car les élèves y gagneraient à tous les coups. Ne serait-ce qu’au niveau du vocabulaire employé car je ne suis pas sûre que tous les collègues utilisent dans une même école les mêmes termes en grammaire ou en géométrie, pour ne citer que ces deux matières.
    Les bons élèves s’en sortent toujours mais pour les plus fragiles, quelle faculté d’adaptation on leur demande !
    Cordialement
    Merry

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