l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Nous avons souvent à l’école pu mesurer la complexité des enjeux qui sont à traiter. C’est un lieu commun.

Complexité multiforme des interactions entre nos élèves divers, les savoirs à intégrer, le contexte et les représentations des uns et des autres (élèves, parents, maîtres, la Société, les médias etc) . Tout cela peut effrayer. Tant de « complications » nous dérouter. Parfois même la complexité peut servir d’excuse à notre renoncement. Le Monde « mondialisé » bouge si vite. La rationalité se voit secouée par une science en mouvement accéléré qui bouscule nombre de certitudes.

« Il faudrait partir du plus simple au plus compliqué » pensent les uns, influencés par une vision cartésienne très française.
Oui, sauf que progressivité ne rime pas avec étapisme, qu’il n’est pas un chemin unique pour apprendre.
Simplifier n’est pas réduire.
Refaire ne suffit pas. Répéter non plus.
Il faut élucider, donner des clés sans mentir.
C’est en cela qu’il n’est pas de méthode miracle ni de procédure unique pour apprendre.
Je peux faire réussir un élève sur une notion isolée, mais si je ne lui donne pas les moyens de transférer et de relier, sa pensée restera mécaniste et restreinte.

Nous devons expliciter, garder le sens. Le travail sur la métacognition ose donner la parole à l’élève sur ses propres essais.

Le maître se doit d’aider l’élève. Chaque élève. Mais l’aider sans faire à sa place pas plus qu’en le laissant seul « se débrouiller » de cette complexité.

Il doit organiser l’espace de la pensée partagée  (la classe et ses référents )en proposant des transpositions.
La classe doit être cet espace de libre essai et de partage d’intelligences.

Alors la simplexité peut être ce choix d’un maître soucieux d’une bonne économie de la pensée dans la classe, je dirais presque d’une bonne ergonomie; capable de mettre en partage, d’aider à se représenter les connaissances, d’en donner une vision heuristique où le schéma, la métaphore, l’expression de la compréhension individuelle peuvent s’exprimer sans risque.

Il n’est pas de petit savoir dans une logique de système.
Le maître polyvalent dispose de cette chance : chargé de transmettre, de différencier (aider à classer, catégoriser, repérer), il est aussi celui qui peut aider à relier (transposer, reconnaître..). Il est le metteur en scène (penser à Giordan)  de la clarté cognitive dans la classe.
Son esthétique est faite d’une rigueur ouverte. Il doit se rendre disponible à la pensée de ses élèves, il doit savoir chercher les enjeux, soulever et questionner les implicites, donner du savoir mais vraiment donner la parole à ses élèves sur ce savoir.
Médiateur, il passera par le détour, par une autre façon de regarder ou de représenter… Il ira chatouiller la zone proximale de développement de chacun de ses élèves mais sans le déstabiliser négativement.

La simplexité c’est mettre du design dans sa pédagogie. C’est relier forme et fond. Le code ne s’oppose pas au sens.
Le maître fabrique de la cohérence. Il régule, c’est à dire qu’il identifie, hiérachise, analyse. Il essaie de ne pas confondre les effets et les causes… Tout cela en n’oubliant jamais qu’à l’école il faut faire simple…

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