l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Nous avons souvent évoqué le travail que l’on peut mener à partir des représentations initiales d’un élève.

Dans la lignée des travaux de Vygotski sur la zone proximale de développement , de Giordan ou d’Astolfi , nous voyons l’intérêt de nous appuyer sur ce qu’un élève croit savoir d’une notion avant d’y revenir.

Dans le même temps, le pragmatisme  incite à la prudence : ce travail sur les représentations initiales ne doit pas prendre le pas sur l’apprentissage lui même et la transmission de connaissances.

Un autre point  semblerait utile à creuser dans la relation de l’élève à la connaissance : c’est l’impact de l’intuition et de la perception dans la résolution d’un problème ou plus généralement lors d’un nouvel apprentissage.

Du point de vue de l’intuition, les démarches empiriques, les explorations, les essais ont leur intérêt et peuvent  s’avérer moins coûteux que le suivi procédurier d’étapes qui peuvent brouiller.

Limites du formalisme excessif d’une standardisation qui ne répond plus aux besoins individuels : une illustration fréquente en est le modèle de présentation de la résolution de problème en mathématique (solution / opération ) qui enferme, alors que souvent un schéma serait pertinent, que tous les calculs ne méritent pas d’être posés etc.

Les précoces fonctionnent souvent ainsi. Les obliger à ralentir dans leur raisonnement  par le passage d’étapes formelles, c’est risquer de les démotiver.
L’intuition suppose une capacité – une autorisation aussi –  à agir de manière autonome en élaborant une hypothèse et en tentant de « faire passer » sa pensée.

Que penses-tu de tel ou tel problème ? Quelle solution en attends-tu ?

La perception que nous avons d’une situation mérite un arrêt sur image.

Que vois-tu de ce problème ? Qu’est-ce qui t’apparait important ou significatif ?

Souvent c’est notre perception erronée qui nous piège.

Je construis un raisonnement « de travers » parce que j’ai pris mon schéma à l’envers ou j’ai focalisé sur un point confondant tel emboîtement avec un autre. J’ai mal regardé, j’ai cru que et alors je me suis fourvoyé alors que mon raisonnement était cohérent.

C’est en cela que la fameuse « métacognition » est intéressante. Si je retrouve en disant quel est le point d’achoppement, je ne perds pas estime de moi, parce que je serais idiot ou que j’aurais commis une faute, je reconstruis, je donne du repère…

En cela, pour déstabilsante qu’elle soit, la vision de mes pairs sera utile.

Tu vois ça toi ? Attends, ah oui, essayons, confrontons…

La parole du maître va aider à la formulation d’une interprétation. On pense alors aux travaux de Mireille Brigaudiot et à sa formulation « VIP » valoriser, interpréter, poser un écart ( dire le chemin entre ce que l’élève perçoit d’une connaissance et la connaissance).

Où l’on en vient alors à démonter le mécano de la pensée et à pratiquer ce que d’aucuns appellent une pédagogie de la simplexité.

Où le maître n’est pas seulement transmetteur, mais accompagnateur chargé de mettre du sens dans le savoir en travaillant sur la relation au savoir.

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