l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

De mémoire, Lévinas disait quelque chose comme « l »époque c’est le « dépassement de son époque ». »

Un bon maître ne transmet pas seulement les acquis du passé comme des objets morts.

Il ne se conforme pas plus à la mode sous prétexte de motiver. Il intègre l’actualité du Monde pour y déceler les questions futures.

Il s’ouvre à l’incertitude non pas dans une démarche craintive face à l’avenir inquiétant mais pour donner à voir aux intelligences rassemblées devant lui, celles de ses élèves, leur futur terrain de réflexion et d’action. Il les invite déjà à s’essayer, oser.

Lien entre la pensée d’hier et celle de demain. Hier déjà cette question, Aristote ou un autre l’avait formulée… Permanence.

Cette réalité là n’est pas que théorie.

Enseigner Internet aux élèves est plus intéressant encore pour ce qu’ils en feront que pour ce qu’il est aujourd’hui.
Il faut garder mémoire mais le Savoir n’est pas un conservatoire. Donner le goût de la surprise, du « ?????? ».
Le maître doit alors essayer d’aller chatouiller l’avenir de sa curiosité, débusquer les germes de la pensée future…

A la petite école, au temps de Ferry, on se souvient de l’instituteur qui croyait à la science et avait sur ses élèves un temps d’avance.

Ce n’était pas seulement scientisme, mais quête de rationalité et d’une autre façon de penser le Monde.

Ce serait bien aujourd’hui que le maître de la petite école, polyvalent, un peu autodidacte, ose en citoyen libre décloisonner des domaines figés et s’intéresse, soit guetteur, curieux des arts et des sciences, chercheur, expérimentateur… non pas pour transposer trop vite des modèles à l’école. On se souvient des maths modernes ou d’une linguistique mal digérée… mais pour favoriser une posture de pensée dynamique, généreuse et solidaire qui redonne pleine valeur à la connaissance, à l’exploration du Monde et de la pensée, à la mise en action de cette seule matière première qui s’use si on ne s’en sert pas : l’intelligence.

One Comment

  1. Enseigner, c’est un peu être dans une quête permanente du déséquilibre parfait, celui qui nous oblige à évoluer sur cette modernité, tel un funambule sur son fil.

    Mobilité, souplesse, agilité, respiration, concentration, évolution.

    Mais à la différence du funambule, L’enseignant n’est pas seul sur son fil. Les fils se connectent les uns aux autres. Les réseaux se tissent en une universelle toile des connaissances, unique filet de protection contre l’exclusion et la solitude.

    Merci Vincent, à chacun de mes passages chez vous, c’est comme une certitude qu’enseigner aujourd’hui, plus que jamais reste le plus beau métier du monde…

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