l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Ces moments d’apparence anodine, consacrés au délassement, voulus comme récompense légitime après une année laborieuse, souvent fédérateurs, riches, conviviaux… ces fêtes kermesses ou spectacles, mêlant chants, jeux, démonstrations… tout cela appartient aux rituels sociaux …

Et pourtant, ces fêtes parlent aussi de l’école, engagent les maîtres dans leur vision éthique et déontologique. Car la fête à l’école reste une fête scolaire, institutionnelle à bien des égards… même si elle se déroule un samedi après midi après la classe… ce sont toujours des enseignants, des élèves et des parents…

La fête scolaire délivre de nombreux messages : rapport à l’argent, à la culture, à l’école, au loisir… Est-elle toujours pensée comme un temps éducatif ?

Lorsque nous regardons les énoncés de problèmes donnés à nos élèves, le plus souvent, ce qui fait difficulté c’est la langue et non pas les mathématiques.

Autrement dit, lorsque des maîtres disent proposer de la résolution de problèmes, ils proposent en réalité de travailler la langue française et non les mathématiques. Ce n’est pas illégitime, mais il ne faut alors pas se leurrer sur l’objectif premier.

Une fois les questions de vocabulaire et de syntaxe levés, force est de constater que l’élève visualise en général très vite la situation et trouve des outils au moins empiriques pour y répondre.

N’oublions pas ces nombreux problèmes résolus facilement mentalement et pour lequel l’adulte exige pourtant que l’on écrive le détail de l’opération, se limitant à un formalisme fastidieux où l’écrit traduit un résultat mais plus rarement un raisonnement.

Je peux résoudre de nombreux problèmes mentalement, expliquer comment je fais, vérifier… mais le formalisme ne doit pas limiter mes ambitions… si je devais écrire tous les problèmes de la vie quotidienne que je dois résoudre, je n’avancerai plus. Il arrive que la machine scolaire fabrique sa propre bureaucratie de la pensée. L’élève devient alors une sorte de secrétaire d’autant plus que l’étayage du maître se sera efforcé fréquemment de tout élucider…

En revanche, je dois, confronté à des problèmes résistants, passer par le papier et la discussion pour « dire autrement », agir sur les données… il est des moments où calculer simplifie, où plutôt que bricoler je dois m’appuyer sur un algorithme.

Peu de problèmes font manipuler du langage mathématique, sont un peu résistants, exigent une recherche « économique » où le simple dessin comme une opération réitérée peuvent même handicaper fortement la résolution.

Les enjeux, les stratégies sont rarement valorisés.

Faire des mathématiques seul c’est bien, mais il vient un moment où la confrontation effective des raisonnements montre les limites des uns, ouvre des perspectives… on compare les chemins, choisit les bons outils, on essaye, on vérifie.

Le maître qui propose une activité de résolution de problème, doit se poser la question de l’objectif mathématique qu’il vise, c’est à dire non pas seulement « faire des problèmes pour faire des problèmes » mais en termes de progrès et d’exigence ce qu’il attend et pourquoi…Quelle notion mathématique vise-t-il ? Quelle exigence est la sienne au final ?

Car trop souvent on voit deux écueils : le formalisme excessif d’une « réponse univoque » que les élèves ne savent tous s’approprier… mais aussi l’acceptation de toutes les solutions comme valables… alors qu’en mathématique il ne suffit pas de trouver le bon résultat et de dire pourquoi, il faut privilégier l’efficacité, la rapidité, la simplicité de la traduction dans un langage mathématique qui puisse être le plus largement partagé.

Ce point est à garder en mémoire si nous voulons faire entrer dans les mathématiques des élèves qui maitrisent mal la langue. C’est possible en passant par le concret, le schéma, le dessin, des situations de la vie quotidienne. Les mathématiques peuvent alors devenir un pôle de réussite… ce qui ne veut pas dire, une nouvelle fois, qu’on ne travaillera pas la langue y compris de façon transversale…

au moment où je notais les idées du jour… le cap des 20 000 visiteurs est franchi ce soir !

Merci de votre fidélité !

Aux inquiets du sort de Prepaclasse, je confirme une évolution très proche qui tiendra compte du plan pour l’école et des nouveaux programmes…

On donne à l’élève un cahier de brouillon.

Entre le brouillon et le cahier du jour, le cahier d’essais, soumis à correction mais outil de recherche, ose un statut différent.

Mais il est amusant de dire « cahier de brouillon » comme si l’on convoquait le désordre sur la feuille.

Le désordre aurait-il des vertus nous qui passons notre temps à l’école à vouloir formaliser, codifier et obtenir des objets écrits « parfaits » ?

J’aime beaucoup ces blocs, ces carnets, ces petits formats, ces cahiers libres où l’élève  – et son maître parfois invité – note une idée, une phrase, gribouille un schéma, une formule, un dessin et laisse peut-être même le stylo aller à la rêverie graphique. Jeux entre l’espace, la pensée, le temps, l’ennui, l’inspiration…  Pense-bête ou support ponctuel, le brouillon est à la fois béquille, mise à jour, visualisation… liberté hautement personnelle.

Car il est bon et bien que l’élève redevenu enfant découvre cette liberté qu’il a de pouvoir écrire pour lui et pour les autres.

Même si cela concerne alors la sphère privée, l’école qui émancipe doit lui montrer qu’il peut gagner ce pouvoir. Ce pouvoir de grandir. Alors écrire est potentiellement subversif !

Du brouillon à l’essai, jusqu’aux formes les plus abouties, il est enrichissant pour l’élève de voir comment le professeur procède devant lui.

Comparer, voir l’effort sur le papier.

Nous manquons aujourd’hui des brouillons d’écrivains que le traitement informatique masque laissant croire parfois au geste unique, à la magie de l’improvisation…
Fulgurances. Fugacité  d’un écrit qu’on peut faire disparaitre ou perfectionner jusqu’à le partager, le faire connaitre, le publier.
En cela, le vieux Célestin, avait compris bien des choses…

Quand une poésie vous revient, presque par surprise, une tournure, une formule un jour apprise dans une école enfantine et répétée sous quelque préau ou devant quelque cuisinière le soir ; vous ne vous sentez pas seulement riche d’un patrimoine qui vous met en connivence avec vos pairs, vous êtes soudain riche et fier  de votre enfance.

De ce prolongement de soi vers soi et vers les autres, vous vous dites alors : » Pourquoi n’avoir appris que si peu de poésie ? »