l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Il y eut les TIC, puis les TICE puis le socle commun et les TUIC…

L’informatique au service des apprentissages.

La circulaire de rentrée 2009 donne une large place aux TUIC qu’elle décline en priorités :

Les espaces numériques de travail et les cahiers de textes numériques, version numérique du cahier de textes  qui doit faciliter l’individualisation des activités demandées aux élèves du secondaire.
L’ouverture du portail PrimTICE pour le premier degré qui proposera une plate-forme d’identification et de présentation des ressources, des usages et des bonnes pratiques.
La plate-forme de formation « [email protected] » qui sera destinée à compléter les dispositifs de formation des maîtres et les aider le cas échéant à préparer le C2i2e.
Les écoles numériques rurales : programme d’équipement de très petites communes (5000 de moins de 2000 habitants).
Les visioconférences et le « e-Twinning » pour l’enseignement des langues.

L’aide aux élèves présentant un handicap.

Où l’on voit dans ces priorités la volonté de servir individuellement les besoins individuels des maitres et de leurs élèves.

Dans les écoles, nous sommes passés de la logique de la salle informatique avec le double risque « d’aller faire de l’informatique » tout en déconnectant l’activité du travail réel de la classe  (… salles informatiques où il faut le dire, on ne s’est jamais bousculé, justement parce qu’il était difficile de décrocher de la classe et des apprentissages…) à la logique de l’informatique de fond de classe,  ( atelier fonctionnant de façon plus ou moins heureuse dès lors que les enseignants n’avaient pas forcément réorganisé l’ensemble de la logistique de la classe).

Aujourd’hui l’évolution conduit à l’implantation de classes mobiles, avec utilisations d’appareils portables, voire de mini-portables dotés d’écrans de dix pouces qui se posent sur la table même de l’élève. Une dizaine de ces appareils permet de travailler en demi groupe… Nous voyons bien qu’à terme, un appareil par élève serait intéressant, mais nous n’y sommes pas encore.

Les cahiers des charges avec le S2i2e encadrent aujourd’hui très fortement les services proposés aux utilisateurs (sécurisation, stockage, publication, messagerie, continuité et qualité du fonctionnement des machines…).

Bien qu’aucune étude scientifique ne soit sortie, le Wi-Fi, outil formidable pour se débarrasser du filaire est l’objet de quelques soupçons. Espérons qu’ils seront levés ou que la technologie évoluera pour garantir la limitation des émissions d’ondes et dans l’attente n’oublions pas qu’il n’est pas obligatoire de maintenir la connexion en permanence…

Avec la classe mobile, apparaissent, ou se développent notamment grâce au projet des écoles numériques rurales, les fameux tableaux numériques interactifs ou tableaux blanc interactifs. TNI ou TBI peu importe le nom que vous leur donnerez, ce qui compte, c’est le I d’interactif, c’est à dire un outil permettant au maître et aux élèves d’agir.

De ce point de vue, nombre d’usages pédagogiques sont encore à inventer… d’où la nécessité d’expérimenter et de produire des scénarios pédagogiques et pour les maîtres, d’apprendre à produire et exploiter ces scénarios.

C’est dire que les TUIC outre leur intérêt intrinsèque, constituent pour les enseignants un espace de création, d’innovation qui doit permettre de répondre aux besoins individuels des élèves mais aussi de s’interroger sur les problèmes didactiques et de repérer en quoi l’outil informatique pourrait apporter un support efficace en permettant d’apprendre autrement.

L’ordinateur par son aspect ludique reste fortement mobilisateur. Il peut aussi aider les élèves en situation d’échec, qui accepteront souvent plus facilement de refaire avec la machine plutôt que sous le regard de l’adulte.

Des réflexions sont à mener encore sur l’extension du champ scolaire en direction de la maison dans la mesure où l’école peut communiquer avec la maison aussi par cet outil par exemple en mettant à disposition des ressources…
Il en va de même de l’appropriation que nous saurons faire ou non des réseaux sociaux, des conférences à distance, des objets reliés au net comme les téléphones portables ou autres nombreux objets numériques qui ne vont pas manquer de surgir dans les années qui viennent.

La recherche de l’information va évoluer d’une recherche encyclopédique par le sommaire, à une recherche sémantique par les mots clés et les associations d’idées, par le mind mapping et les critères de pertinence…
Cette approche ne doit pas nous exonérer de la construction d’un savoir culturel de base solide chez nos élèves leur permettant justement de pouvoir surfer sur le Web en se référant à des connaissances culturelles partagées aidant à » faire le tri ». Car pour trouver, il faut être capable de reconnaitre ce que l’on cherche, ou de mesurer l’intérêt d’une information.

L’écrit, la production individuelle de l’élève doit aussi trouver de nombreux usages. Il faut que l’élève produise pour s’approprier l’outil. Cette désacralisation, du point de vue de l’école, ne doit pas nous faire négliger l’exigence relative au fond comme à la forme. Le Web doit permettre de mettre sa pensée en forme et de la confronter aux autres. L’élève peut comprendre que son action sur Internet contribue à l’intelligence collective, ne serait-ce que par les questions qu’il pose lors d’une requête auprès d’un moteur de recherche, une réponse qu’il apporte dans un forum, un lien qu’il intègre dans sa page…

3 Comments

  1. Je suis heureux de voir que le mind mapping commence à figurer dans les recommandations pour les écoles primaires. Sur le site du Ministére de l’Education Nationale, il y a une vidéo.
    Pierre Mongin
    co-auteur de Boostez votre efficacité avec FreeMind, bien commencer avec le mind mapping (Eyrolles 2009).Télécharger gratuitement deux chapitres sur http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212124484/boostez-votre-efficacite-avec-freemind

    http://www.mindmanagement.org

  2. Les intentions affichées sont louables mais où sont les moyens en matériel et en formation ? Dans les écoles où j’interviens les salles informatiques sont désertées, les classes ne sont pas connectées (la mairie avance le principe de précaution puisque le WiFi serait dangereux) et il est limite « suspect » que je travaille avec mes élèves sur autre chose que du traitement de texte… C’est dommage et parfois bien décourageant !

    Mon expérience de blogs individuels avec des élèves en difficulté : http://www.epi.asso.fr/revue/articles/a0904a.htm

  3. Tout n’est pas simple et les situations peuvent varier singulièrement d’un lieu à l’autre, il faut rappeler :
    – que dans le premier degré ce sont les communes qui restent en charge des équipements
    – l’Etat par exemple avec le plan ENR qui subventionne 5000 projets jusqu’à 9OOO€ par projet apporte son support ponctuellement
    En ce qui concerne le WI-FI soit on est en salle et le filaire peut être installé, soit on n’a que la borne et dans ce cas on ne la connecte que le temps où l’on veut se relier au net ou travailler en réseau… il faut rappeler que dans tous les cas, la présence d’une connexion est une obligation.
    – en matière de formation tous les nouveaux enseignants disposent du C2i2e et de nombreux départements prévoient une part de formation aux usages soit au sein des stages de formation continue, soit au sein des animations pédagogiques… Bien entendu, nous savons combien l’engagement individuel compte.
    De nombreux enseignants développent l’informatique pédagogique et savent convaincre autour d’eux les parents, les municipalités.
    Il faut aussi s’appuyer sur les missions TICE départementales avec très souvent un IEN TICE… ou faire appel aux équipes de circonscription… dans tous les cas, la recette est de rompre l’isolement !

Your must be logged in to comment.