l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Des discours s’entendent relativement à l’alourdissement des programmes, des contenus…

Ils peuvent se comprendre dans une certaine mesure. De nouvelles disciplines  ou des piliers du socle ont fait entrer à l’école les langues, l’informatique -qui n’est pas une discipline en tant que telle- , l’histoire de l’art…

Pourtant, force est de constater que souvent les maîtres s’ajoutent encore des contenus. Ceux-ci ne sont pas forcément intégrés dans le parcours d’apprentissage. Ils peuvent quasiment se trouvés « décrochés » des programmes…

On connait encore des projets d’école où l’entrée thématique ou la « production » domine. Ce sont souvent des projets qui fédèrent les classes entre elles, mais qui ne viennent pas forcément répondre à un besoin premier mis en évidence par les résultats des élèves.

Plus loin, parfois juxtaposé sans lien direct au projet d’école, on voit des projets de classes imaginés en toute autonomie par les enseignants. Intérêt personnel de l’enseignant pour un domaine, mais aussi appel et interventions de partenaires divers institutionnels, culturels, associatifs tous pétris d’excellentes intentions et tous porteurs de projets passionnants, riches, motivants…

S’ajoutent encore parfois des propositions apportées par l’actualité … tout est intéressant, encore une fois passionnant, motivant et engageant… mais on est en droit de s’interroger sur le risque pris, l’abondance de biens pouvant éparpiller, disperser et finalement nuire...

Paradoxe d’activités culturelles qui sont bien comprises par les élèves les plus favorisés et qui ne prennent pas toujours sens pour tous tant on survole grand nombre d’implicites… Le bain culturel ne suffit pas à vous apprendre à nager si vous n’avez ni les mots, ni les références…

Les activités d’entrainement, de stabilisation sont réduites… et l’on peut aussi se demander comment de jeunes enfants peuvent « tout faire » et donner du sens à toutes ces propositions parfois juxtaposées dans une course rapide… et le maître d’observer qu’il n’a plus le temps alors de « boucler le programme »…

Il n’est pas question pour autant de refuser « les projets » et encore moins les approches transversales, mais plutôt que d’empiler, il faut se faire une ardente obligation de choisir, d’ intégrer, relier… identifier dans le parcours les compétences servies dans les différents piliers du socle par le dit projet … favoriser les transferts, le recours aux référents… développer une culture commune partagée, approfondie sur certains thèmes mais qui conserve sens, se protège du consumérisme et pour le maître de la « sous-traitance » des apprentissages…

S’il est intéressant que chaque maître défende un projet, il doit être en mesure de le justifier à la fois pour son intérêt propre, dans le parcours des élèves (nécessité d’avoir une vision dans la continuité) mais aussi en fonction des besoins spécifiques des élèves

Pour « ces élèves » qui ont déjà « cette expérience », imaginer un projet qui s’inscrive dans les apprentissages (au service des programmes)  et favorise leur cohérence…

Cela suppose aussi la capacité de résister à une certaine forme de tentation…

No Comments :(

Your must be logged in to comment.