l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Quand une poésie vous revient, presque par surprise, une tournure, une formule un jour apprise dans une école enfantine et répétée sous quelque préau ou devant quelque cuisinière le soir ; vous ne vous sentez pas seulement riche d’un patrimoine qui vous met en connivence avec vos pairs, vous êtes soudain riche et fier  de votre enfance.

De ce prolongement de soi vers soi et vers les autres, vous vous dites alors : » Pourquoi n’avoir appris que si peu de poésie ? »

Sommes-nous toujours si assurés de ce qui est simple ou difficile à comprendre pour un enfant ?

De mémoire, Lévinas disait quelque chose comme « l »époque c’est le « dépassement de son époque ». »

Un bon maître ne transmet pas seulement les acquis du passé comme des objets morts.

Il ne se conforme pas plus à la mode sous prétexte de motiver. Il intègre l’actualité du Monde pour y déceler les questions futures.

Il s’ouvre à l’incertitude non pas dans une démarche craintive face à l’avenir inquiétant mais pour donner à voir aux intelligences rassemblées devant lui, celles de ses élèves, leur futur terrain de réflexion et d’action. Il les invite déjà à s’essayer, oser.

Lien entre la pensée d’hier et celle de demain. Hier déjà cette question, Aristote ou un autre l’avait formulée… Permanence.

Cette réalité là n’est pas que théorie.

Enseigner Internet aux élèves est plus intéressant encore pour ce qu’ils en feront que pour ce qu’il est aujourd’hui.
Il faut garder mémoire mais le Savoir n’est pas un conservatoire. Donner le goût de la surprise, du « ?????? ».
Le maître doit alors essayer d’aller chatouiller l’avenir de sa curiosité, débusquer les germes de la pensée future…

A la petite école, au temps de Ferry, on se souvient de l’instituteur qui croyait à la science et avait sur ses élèves un temps d’avance.

Ce n’était pas seulement scientisme, mais quête de rationalité et d’une autre façon de penser le Monde.

Ce serait bien aujourd’hui que le maître de la petite école, polyvalent, un peu autodidacte, ose en citoyen libre décloisonner des domaines figés et s’intéresse, soit guetteur, curieux des arts et des sciences, chercheur, expérimentateur… non pas pour transposer trop vite des modèles à l’école. On se souvient des maths modernes ou d’une linguistique mal digérée… mais pour favoriser une posture de pensée dynamique, généreuse et solidaire qui redonne pleine valeur à la connaissance, à l’exploration du Monde et de la pensée, à la mise en action de cette seule matière première qui s’use si on ne s’en sert pas : l’intelligence.

« Il ne faut pas cloisonner, isoler, opposer les différentes formes de savoir. L’enseignement par discipline doit demeurer parce que chacune a sa logique propre, parce que c’est le seul moyen d’aller au fond des choses. Mais il faut le compléter par une vision d’ensemble, par une mise en perspective de chaque discipline par rapport à toutes les autres. Par-dessus les catégories traditionnelles de la connaissance, je suis convaincu qu’il nous faut maintenant tisser la trame d’un nouveau savoir, fruit de la combinaison, du mélange, de la fécondation réciproque des disciplines. »

extrait de la Lettre aux Educateurs adressée par le Président de la République en septembre 2007

« maintenant que tu as bien réussi ce que tu avais à faire, tu vas essayer quelque chose d’un peu plus difficile. Ce sera encore mieux ! » [parole d’un maître de maternelle à un élève de moyenne section]