l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Je lisais une contribution protestataire qui affirmait que l’on demandait « plus d’efforts aux plus faibles » en leur imposant par exemple de participer aux dispositifs d’aide individualisée après la classe.
Il est des façons de faire qui doivent permettre de prendre en compte les différences dans la classe dès l’amont.
C’est ce que préconisent les textes.
Mais franchement, quelle naïveté de laisser croire que l’effort d’apprendre serait équitablement réparti entre tous nos élèves. Ceux qui sont déjà au contact des éléments culturels, qui disposent des codes sociaux, qui peuvent mettre du sens dans les apprentissages…pour eux c’est plus facile. Quand vous avez déjà les mots, ça aide.
Pour ceux qui ne les ont pas et très tôt l’école doit pratiquer le « bombardement culturel » cher à Gérard Chauveau.
Et tous les moyens et tous les recours dont l’école dispose sont bons pour ne pas laisser filer l’échec.
Ce n’est pas stigmatiser que d’agir le plus tôt possible, avec la plus grande résolution possible…
N’est-il pas bien naïf de laisser croire que ce sera aussi facile pour tous ? L’école doit compenser, épauler, soutenir, nommer les réussites mais agir.
Il ne s’agit pas de laisser croire que tous les efforts devraient reposer sur les seuls individus. Mais il suffit souvent de montrer que l’on s’intéresse aux premiers progrès de l’élève pour qu’il s’engage dans les efforts.
Rien de naturel et de spontané dans l’apprentissage.
Il faut une volonté même exprimée avec la plus grande patience et attentive aux mille chemins pour apprendre.
Il faut un juste effort, un effort équilibré qui conserve sens et soit récompensé, un effort qui émancipe. Il y a alors une beauté dans l’effort et aucune indignité au contraire dans les petites tâches scolaires.
Bien sûr qu’il faudra à certains élèves plus d’efforts qu’à d’autres. Et plus d’encouragements aussi.
Rien de plus moderne que cette école de la réussite qui explicite le savoir…

Ce serait fabuleux si nous parvenions à nous souvenir comment nous avons appris les choses que nous savons.

De ces choses, il serait intéressant de connaitre celles que nous avons sues avant de les comprendre et celles que nous avons comprises avant de les savoir.

Des mots et du concept qui précéda l’autre ?

En menant des recherches sur le net ce double constat : les sites y sont hautement périssables et peuvent vite disparaitre… Ce blog lui même n’est conservé « qu’en ligne » dans des espaces virtuels… et dans le même temps, on trouve sur le net, via les moteurs de recherche, des traces de pages disparues ou retirées…

Chaque geste , échange, production sur la toile apporte sa petite touche et tout interagit… c’est de la pensée individuelle qui rejoint d’autres pensées et vient alimenter ce cerveau en expansion… Hyperlien, hypertexte, hyperpensée ?
Des risques, mais un système vivant, en évolution constante.
Pressentiment que ces aspects auront leur influence sur notre relation au savoir.

au moment où je notais les idées du jour… le cap des 20 000 visiteurs est franchi ce soir !

Merci de votre fidélité !

Aux inquiets du sort de Prepaclasse, je confirme une évolution très proche qui tiendra compte du plan pour l’école et des nouveaux programmes…

On donne à l’élève un cahier de brouillon.

Entre le brouillon et le cahier du jour, le cahier d’essais, soumis à correction mais outil de recherche, ose un statut différent.

Mais il est amusant de dire « cahier de brouillon » comme si l’on convoquait le désordre sur la feuille.

Le désordre aurait-il des vertus nous qui passons notre temps à l’école à vouloir formaliser, codifier et obtenir des objets écrits « parfaits » ?

J’aime beaucoup ces blocs, ces carnets, ces petits formats, ces cahiers libres où l’élève  – et son maître parfois invité – note une idée, une phrase, gribouille un schéma, une formule, un dessin et laisse peut-être même le stylo aller à la rêverie graphique. Jeux entre l’espace, la pensée, le temps, l’ennui, l’inspiration…  Pense-bête ou support ponctuel, le brouillon est à la fois béquille, mise à jour, visualisation… liberté hautement personnelle.

Car il est bon et bien que l’élève redevenu enfant découvre cette liberté qu’il a de pouvoir écrire pour lui et pour les autres.

Même si cela concerne alors la sphère privée, l’école qui émancipe doit lui montrer qu’il peut gagner ce pouvoir. Ce pouvoir de grandir. Alors écrire est potentiellement subversif !

Du brouillon à l’essai, jusqu’aux formes les plus abouties, il est enrichissant pour l’élève de voir comment le professeur procède devant lui.

Comparer, voir l’effort sur le papier.

Nous manquons aujourd’hui des brouillons d’écrivains que le traitement informatique masque laissant croire parfois au geste unique, à la magie de l’improvisation…
Fulgurances. Fugacité  d’un écrit qu’on peut faire disparaitre ou perfectionner jusqu’à le partager, le faire connaitre, le publier.
En cela, le vieux Célestin, avait compris bien des choses…